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L’IMREDD partage ses imprimantes 3D et ses compétences avec les entreprises
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L’IMREDD partage ses imprimantes 3D et ses compétences avec les entreprises

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L’Université Côte d’Azur, l’Observatoire de la Côte d’Azur et le CNRS viennent d’inaugurer le centre de compétence en fabrication additive à l’IMREDD, à Nice. Résultat d’une œuvre collective qui voit la mise en commun des moyens matériels et humains autour de l’impression 3D pour répondre aux besoins des entreprises du territoire.

Le Centre de compétence en fabrication additive de l’IMREDD, à Nice, est accessible à toutes les entreprises du territoire, quels que soit leur taille ou leur secteur d’activité — Photo : Olivia Oreggia

L’objectif est simple : cette plateforme de compétence en fabrication additive est là pour "créer et favoriser les synergies entre le monde académique et le monde socio-économique", explique Emmanuel Tric, directeur de l’IMREDD, à Nice, institut d’innovation et de partenariats de l’Université Côte d’Azur.

Pour nouer ces liens entre laboratoires de recherche et entreprises du territoire, Université Côte d'Azur, l'Observatoire de la Côte d'Azur et le CNRS ont mis leur expertise et leur équipement en commun au service des TPE, start-up, PME ou grandes groupes.

Le centre de compétence en fabrication additive de l’IMREDD compte une trentaine de machines — Photo : Olivia Oreggia

"Nous avons la capacité de fabriquer des objets qui vont du micromètre au centimètre, et même de fabriquer en petite série, précise Arnaud Zenerino, responsable du Smart city innovation center dont fait partie la plateforme. Nous travaillons beaucoup avec le polymère mais aussi en céramique pour des pièces très techniques. Et non seulement nous fabriquons mais nous caractérisons aussi : de l’état de surface, de la rugosité, de l’analyse mécanique, thermique, dimensionnelle…"

Des objets de la taille d’un cheveu

Parmi la trentaine de machines, certaines permettent de fabriquer des objets de l’épaisseur d’un cheveu. "En astronomie, on est confrontés à des problèmes de taille, qui doit être de plus en plus réduite, explique Christophe Bailet, ingénieur mécanique à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Pour quelqu’un comme moi, ici c’est vraiment Disneyland."

Rupture technologique
tous les deux ans

Au milieu de la plateforme, se trouvent des machines reconnaissables entre toutes grâce à leurs éléments vert fluo, celles fabriquées par Volumic 3D. Pour la rentrée de septembre, l’entreprise niçoise promet de nouveaux modèles "qui vont permettre de repousser les limites des expérimentations, assure Stéphane Malausséna, son cofondateur et dirigeant. Nous concevons et vendons les pelles et pioches des chercheurs d’or que sont les chercheurs de l’IMREDD." Ainsi, doivent-elles évoluer sans cesse pour être à la hauteur des besoins, qu’ils soient dans la recherche, le spatial, le médical, l’automobile ou le luxe.

Les imprimantes de la Niçoise Volumic 3D sont entièrement made in France — Photo : Olivia Oreggia

"On peut dire que tous les deux ans se fait une véritable rupture technologique, précise Loïc Barroso, technico-commercial chez Volumic 3D. Nous devons répondre à des exigences plus poussées notamment en matière environnementale et pouvoir travailler des matériaux biodégradables, biosourcés, issus de l’amidon de maïs, recyclables, recyclés. C’est une vraie préoccupation, y compris de la part de gros industriels et même pour du prototypage."

Réduction des coûts

Mais une start-up ou une TPE ne pourra pas suivre le rythme et renouveler si régulièrement son équipement. D’où l’intérêt d’une telle plateforme. La start-up industrielle Sempack (11 salariés) en est une utilisatrice régulière pour ses emballages innovants et écoconçus. "Nous imprimons nos prototypes et maquettes à présenter aux clients, explique Marine Ilardo, ingénieure R & D. Nous imprimons aussi des pièces fonctionnelles comme un cône étalon pour vérifier la dimension des poches, des moules pour faire du thermoformage, des pièces directement intégrées à notre machine de production ou encore des outils de découpe." De quoi rendre le processus de création plus rapide et plus économique. "Faire développer une toute petite pièce en impression 3D coûte 5 à 6 fois moins cher que si l’on devait la faire développer en industrie, assure Philippe Jacquet, responsable des opérations de Sempack. Nous pouvons en plus nous permettre de faire plusieurs itérations avant de qualifier le produit, c’est une chance pour une TPE comme la nôtre."

L’entreprise niçoise Klearia a présenté son projet pour lequel elle a fait appel à la fabrication au sein de l’IMREDD — Photo : Olivia Oreggia

Un enthousiasme que partage Klearia (10 salariés), qui développe historiquement des instruments portables pour analyser des micropolluants dans l’eau. Mais l’entreprise niçoise s’est aussi lancée dans la conception de contrôleurs de pression microfluidiques pour les laboratoires de recherche. "C’est un secteur très concurrentiel, selon Guillaume Laffite, son responsable innovation et technique. Pour percer, nous avons voulu casser les codes et avons développé un boîtier compact et autonome avec une esthétique travaillée avec des designers. Comme nous sommes à Nice, nous avons reproduit un galet, conçu en petite série en impression 3D à l’IMREDD."

L’institut niçois possède également parmi ses machines, de quoi pratiquer de la bio impression, permettant d’assembler, couche par couche, des tissus biologiques, ou encore, une imprimante alimentaire. L’institut mène en effet un projet visant à aider les personnes atteintes de maladies dégénératives à manger et mâcher comme tout le monde.

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