Créée en 2023, la start-up strasbourgeoise Amfree vient d’enregistrer l’arrivée du fonds Aperam Ventures au sein de son capital. Si, pour l’heure, elle ne communique pas sur la hauteur de la participation du fonds de capital-risque émanant du groupe sidérurgiste Aperam (6,255 millions d’euros de CA en 2024), spécialisé dans la production d’aciers inoxydables et spéciaux ainsi que divers alliages, cette arrivée anticipe une levée de fonds qui doit s’achever fin 2025 avec l’ambition de collecter 2,5 millions d’euros.
Un développement à l’échelle du continent
"L’objectif est d’accélérer notre développement à l’échelle européenne", indique Nicolas Villedary, fondateur et directeur d’Amfree dont les locaux se trouvent au sein de la SCIC Irepa Laser (45 salariés, 4,5 M€ de CA en 2024) à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), non loin de Strasbourg. "La fabrication additive est aujourd’hui quelque chose de complexe. On veut fournir des machines qui soient simples d’usage et accessibles à n’importe quelle industrie. Pour arriver à cela, on doit simplifier leur usage en s’appuyant notamment sur les développements de l’intelligence artificielle pour leur prise en mains", poursuit-il.
Répondre aux enjeux de souveraineté industrielle
Les machines développées par Amfree autorisent la création de pièces d’envergure à l’aide de robots qui offrent une certaine agilité. "Ce sont des machines hybrides où on peut déposer de la matière avant d’enchaîner sur de l’usinage et du contrôle", souligne le fondateur d’Amfree. La première d’entre elles, en cours d’assemblage dans les locaux d’Irepa Laser, sera prête à produire dès cet été pour divers secteurs industriels comme le spatial, l’aéronautique ou encore la défense.
Si le potentiel de cette technologie semble bien réel sur le marché de la fabrication additive en plein essor, il doit aussi permettre, aux yeux du dirigeant, de repousser les limites de fabrication actuellement disponibles sur le marché à partir de simples bobines et de métaux différents. Un processus qui répond aux enjeux de souveraineté industrielle "car on peut fabriquer à la demande n’importe quel type de pièce et cela peut ouvrir de nouveaux marchés", d’après Nicolas Villedary.
Dans le radar du GICAT
Les processus développés par la spin-off alsacienne lancée par Irepa Laser et lauréate du concours d’innovation i-Lab en 2024, s’inscrivent également dans une notion de durabilité, ne serait-ce que par un usage précis de la matière et l’opportunité de réparer les pièces fabriquées. Les machines développées par Amfree présentent également la particularité de pouvoir rapidement monter en cadence et de passer à l’échelle. Des atouts qui n’ont pas échappé au radar du Groupement des Industries françaises de Défense et de Sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT), qui vient d’enrôler Irepa Laser, d’autant que Amfree compte développer une nouvelle génération de machines destinées à la production de pièces de grande dimension en titane. Ceci en vue d’une mise sur le marché pour 2026.