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Des chefs d’entreprise volent au secours de l’aéroport de Périgueux
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Des chefs d’entreprise volent au secours de l’aéroport de Périgueux

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Menacé de fermeture faute d’exploitant, l’aéroport de Périgueux Bassillac en Dordogne trouve un second souffle. La participation financière de plusieurs dirigeants d’entreprises locales a permis au dossier d’être suffisamment attrayant pour séduire un candidat. La CCI de la Dordogne, propriétaire des infrastructures, a retenu la société Edeis pour cinq ans.

L'aéroport de Bassillac Périgueux est sauvé — Photo : Claude-Hélène Yvard

"Le sauvetage de l’aéroport de Périgueux Bassillac n’a pas été facile, mais nous sommes parvenus à trouver une solution pour faire perdurer cette plateforme, essentielle pour l’attractivité du territoire", a expliqué ce lundi 10 mars Christophe Fauvel, le président de la CCI de la Dordogne. Après un premier appel d’offres infructueux et le retrait du Grand Périgueux au deuxième semestre 2024 alors qu’il devait contribuer à hauteur de 95 000 euros, l’avenir était bien sombre.

Huit dirigeants

La bascule en faveur de la survie de l’infrastructure revient, au final, à huit dirigeants d’entreprises locales. Certains préfèrent garder l’anonymat, d’autres ont accepté d’être dévoilés. C’est le cas de Francis Roux, fondateur et dirigeant du groupe immobilier Agema (70,5 M€ de CA en 2023, plus de 70 salariés), Fabrice Faure, président de Tredilis (Leclerc de Trélissac et commerces, 151 M€ de CA), ou encore Philippe Réal, président du fabricant de produits coiffants ELP (10 M€, 28 salariés). Eux comme les autres ont été convaincus par la CCI de compenser le retrait de l’agglomération de Périgueux en contribuant soit via l’association des usagers de l’aéroport soit par des actions de sponsoring directement auprès d’Edeis, le nouvel exploitant. D’autres entrepreneurs pourraient à l’avenir s’ajouter.

Edeis, le nouvel exploitant pour cinq ans

Christophe Fauvel a confirmé que la société Edeis a été retenue et décroche la délégation de service public pour cinq ans, à compter du 1er avril. Edeis est un groupe d’ingénierie gestionnaire d’infrastructures complexes. La société est notamment concessionnaire de ports (Calais, Saint-Malo, Cancale) et d’une vingtaine de plateformes aéroportuaires, principalement de taille modeste, dont celle de Mayotte et du Jura. Son ambition est de faire de ces aéroports des moteurs de développement économique.


Aujourd’hui, l'aéroport de Périgueux enregistre encore en moyenne 15 000 décollages ou atterrissages (hors vols militaires et sanitaires), notamment via son important aéroclub associatif, des voyages d’affaires et de l’aviation privée. Edeis avait déjà postulé lors du précédent appel d’offres, mais souhaitait des garanties concernant la subvention d’équilibre, à hauteur de 190 000 euros. Le Conseil départemental, malgré ses difficultés budgétaires, a confirmé sa participation à hauteur de 95 000 euros pour les cinq prochaines années, il manquait encore 95 000 euros pour assurer l’équilibre, ce que les dirigeants ont donc comblé.

Des développements à venir

La convention passée avec la société, à compter du 1er avril, concerne une cinquantaine d’hectares sur les soixante-dix. La CCI conserve une vingtaine d’hectares pour son projet de parc photovoltaïque qui pourrait contribuer à une source de revenus complémentaires. S’il n’est pas prévu de remise en route de vols commerciaux notamment vers Paris, dont la ligne a fermé au cours de l’été 2018, les projets ne manquent pas, notamment le développement de l’aviation d’affaires avec un service amélioré, l’implantation à demeure d’un avion privé mis à disposition des entreprises locales et la création de nouvelles activités économiques.

"Ce serait un vrai plus pour le territoire", ajoute Stéphane Delage, le directeur général de la CCI. Les quatre personnes qui travaillent sur le site sont reprises. "Cinq ans de délégation de service public, c’est la durée cohérente pour monter un vrai projet", estime Christophe Fauvel.

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