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L’aéroport de Périgueux cherche un nouvel exploitant
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L’aéroport de Périgueux cherche un nouvel exploitant

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La CCI de la Dordogne, propriétaire des infrastructures de l’aéroport Périgueux Bassillac, redoute de devoir le fermer faute de trouver un nouvel exploitant rapidement. La communauté d’agglomération du Grand Périgueux ne veut plus subventionner la plateforme et le Département réduit drastiquement sa contribution. Un nouvel appel d’offres court jusqu’en décembre.

L’aéroport enregistre encore environ 15 000 décollages ou atterrissages chaque année, notamment via l’important aéroclub associatif, mais aussi quelques jets privés et transports d’urgence — Photo : Claude-Hélène Yvard

Le président de la CCI de la Dordogne, Christophe Fauvel, ne cache pas son pessimisme quant à l’avenir de l’aéroport de Périgueux Bassillac. Si la dernière ligne commerciale vers Paris a fermé au cours de l’été 2018, l’aéroport demeure utilisé pour de l’aviation d’affaires, militaire, la formation des pilotes via l’important aéroclub associatif, la lutte contre les incendies, le transport d’organes, ou encore de la cartographie. Le nombre d’atterrissages et décollages se situe autour de 15 000 par an et cinq personnes y travaillent encore.

Ce petit aéroport est en sursis depuis déjà plusieurs années. "Le mode de gestion de la plateforme – celui d’un sous-traité de gestion – a été jugé illégal par la Cour des comptes (lors d’un avis rendu en 2022, NDLR)", précise Christophe Fauvel. Voilà pourquoi un premier appel d’offres avait été lancé afin de trouver un gestionnaire, mais le résultat n’a pas été probant.

Un premier appel d’offres infructueux

"Nous avons eu une réponse et demie. Celle, officielle, de la société Edeis (qui exploite de nombreux aéroports en France, NDLR), intéressée mais qui voulait une subvention de 250 000 euros pour rester à l’équilibre. Et il y a eu la société Sealar (Société d’exploitation et d’action locale pour les aéroports régionaux, qui gère également d’autres plateformes, NDLR) qui a formulé un intérêt par courrier", indique Christophe Fauvel. Le président de la CCI raconte s’être ensuite tourné vers le Syndicat mixte Air Dordogne (Smad) qui gère actuellement la plateforme aéroportuaire. "J’ai rencontré les deux contributeurs les plus importants du syndicat que sont le Grand Périgueux et le Département. Nous avons été contraints de rendre ce premier appel d’offres infructueux."

L’aéroport de Bassillac Périgueux est en sursis — Photo : Claude-Hélène Yvard

Volte-face des collectivités

Le 25 octobre 2024, la chambre consulaire a procédé à un nouvel appel d’offres qui court jusqu’au 13 décembre 2024. Il est notifié que le nouveau gestionnaire pourrait s’appuyer sur une subvention d’équilibre de 190 000 euros, supportée à parts égales par le Conseil départemental et le Grand Périgueux." Début 2024, l’agglomération avait donné son accord de principe pour cofinancer avec le Département cette subvention d’équilibre de 250 000 euros. Lors du conseil communautaire du 30 mai, le Grand Périgueux a indiqué que sa participation financière n’irait pas au-delà du 30 septembre 2024. "J’ai tenté par plusieurs moyens de peser sur cette décision, mais lors d’une réunion avec le préfet le 28 octobre, Jacques Auzou, le président du Grand Périgueux a réaffirmé que la collectivité ne participerait pas", poursuit Christophe Fauvel. Entre-temps, le conseil départemental a revu sa participation à la baisse : la collectivité s’engage sur 95 000 euros par an sur cinq ans.

"Un aéroport qui ferme ne rouvre pas."

Lors de la réunion du 28 octobre 2024, le Smad a été invité à se prononcer sur son souhait de reprendre la gestion de la plateforme. "La réponse est négative et nous n’avons ni les moyens humains, financiers, ni les compétences pour le faire", énumère Christophe Fauvel. Ce dernier laisse sous-entendre qu’un entrepreneur privé pourrait mettre la main à la poche.

Jusqu’au 13 décembre

Le nouvel appel d’offres demeure donc ouvert jusqu’au 13 décembre mais aucun candidat ne s’est encore manifesté. "Si la situation restait en l’état, la CCI de la Dordogne ne pourrait pas maintenir la mise en ligne de cet appel d’offres", prévient Christophe Fauvel. "Se poseront alors des questions cruciales sur l’avenir de la plateforme."

"Si nous ne trouvons pas ces 95 000 € manquants, nous devrons retirer l’appel d’offres. Ça veut dire que, au mois de février 2025, il n’y aura plus d’exploitant sur Périgueux", tranche le président de la CCI qui n’hésite pas à mettre la pression sur les pouvoirs publics, assurant : "un aéroport qui ferme ne rouvre pas."

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