DCNS : S'implanter durablement à l'étranger
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DCNS : S'implanter durablement à l'étranger

L'enjeu Pour palier les baisses des budgets de la Marine française, DCNS mise notamment sur l'international. De 150 à 200 salariés brestois sont déployés chaque année dans le monde pour le maintien en conditions opérationnelles (MCO) de navires de marines étrangères.

Face à la baisse des budgets de la loi de programmation militaire, le groupe de Défense DCNS a dû commencer à s'adapter. Le P-dg Hervé Guillou, arrivé à l'été 2014 à la tête du groupe, vient de dévoiler son plan stratégique. Des mesures d'économie de 100 millions d'euros avaient déjà été mises en place et les discussions avec les partenaires sociaux se poursuivent.




Une base made in Brest à Rio

Le groupe a retrouvé l'équilibre en 2015 et pour objectif de réaliser un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros d'ici à dix ans contre 3,1 aujourd'hui. Surtout, le nouveau dirigeant souhaite que la moitié du chiffre d'affaires provienne de l'international et une part grandissante des énergies marines renouvelables. Deux secteurs importants sur le site de Brest. « Nous avons besoin de nouveaux relais de croissance », explique Dominique Sennedot, directeur de DCNS Brest. Le site de la pointe bretonne gère la maintenance et l'adaptation au missile balistique nucléaire M51 des SNLE (sous-marins lanceurs d'engins) et le maintien en conditions opérationnelles de navires comme les Fremm ou encore le porte-avions Charles de Gaulle, prévu en 2017. « Tout ce savoir-faire doit nous être utile pour aller chercher des marchés à l'étranger. C'est déjà le cas avec des contrats en Inde, en Malaisie, en Égypte, au Brésil, etc. En 2014, ce sont 150 salariés DCNS brestois qui ont été déployés à l'étranger pour plusieurs semaines, de deux à quatre mois. En 2015, ils seront au total 200 salariés à partir », indique le directeur. La Marine brésilienne a choisi DCNS pour construire sa future base de sous-marins. Celle-ci, actuellement en cours de construction à Rio, a été conçue par les équipes brestoises. L'avenir du groupe français se joue clairement à l'étranger. À Brest, son emprise au sol au sein de l'Arsenal a été divisée par deux. L'entreprise prévoit de regrouper ses activités pour se recentrer en un point du site et un bâtiment est en cours de construction hors de la base navale, à Guipavas. La Marine française abandonne elle aussi son emprise : après les Capucins, c'est au tour des rives de la Penfeld d'être " rendues à la vie civile ".




Éolien flottant en 2018

Autre corde à l'arc de DCNS Brest : les énergies marines renouvelables (EMR). C'est dans la cité du Ponant que l'entreprise a installé son incubateur EMR. Le prototype de l'hydrolienne de DCNS et EDF (Openhydro) est assemblé à Brest, avant que la production industrielle ne démarre en Normandie cette fois. « À Brest nous serons vraisemblablement plus sur l'éolien flottant », avance Dominique Sennedot. L'île de Groix fait partie des quatre zones retenues par l'État pour l'éolien flottant dans son appel à manifestation d'intérêt. Une ferme pilote sera implantée au sud de l'île à l'horizon 2018. Sans doute une bonne nouvelle pour Brest.



Isabelle Jaffré

DCNS



P-dg : Hervé Guillou Directeur Brest : Dominique Sennedot 2.800 salariés à Brest 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires groupe www.dcns.com

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