Créée en 2017 mais officiellement lancée en 2019, l’entreprise finistérienne Damsia organise une levée de fonds pour accélérer l’industrialisation et la commercialisation de son séparateur d’eaux de cale. Un système qui permet de distiller efficacement les eaux mazouteuses des navires, tout en réduisant les besoins énergétiques.
Une technologie basée sur l’évaporation sous vide
C’est en faisant le constat que les systèmes de traitement des eaux de cale n’avaient pas évolué depuis les années 1980 que Jean-François Douard, ancien chef-mécanicien de la marine marchande et ancien directeur général de CNN-MCO à Brest, a décidé de se pencher sur le sujet. Il imagine alors un procédé d’évaporation sous vide utilisant la chaleur des moteurs pour faire s’évaporer l’eau dès 40 °C. En complément, Damsia propose également un suivi en temps réel des traitements, facilitant la gestion réglementaire à bord des navires. "Notre procédé est certifié Marpol et l’eau traitée surpasse les normes en vigueur", souligne Jean-François Douard, qui emploie à ce jour cinq salariés depuis l’embauche récente d’un ingénieur et a doublé son chiffre d’affaires en 2024 pour atteindre 800 000 euros.
Une expansion rapide et des perspectives internationales
Un essor porté notamment par la confiance de grands noms du secteur tels que l’Ifremer ou Louis Dreyfus Armateurs, qui lui ont commandé plusieurs unités pour équiper des navires de leur flotte. "Nous venons également de vendre une unité à la marine nationale, et sommes également en train d’équiper un yacht à vapeur du côté de Marseille. Nous allons prochainement envoyer trois unités en Chine afin d’équiper trois rouliers pour la logistique d’Airbus, et venons aussi de vendre une unité à un grand armateur allemand", confie Jean-François Douard. Et ce n’est qu’un début, selon le dirigeant, car "les durcissements réglementaires à venir au niveau international vont encore renforcer l’intérêt de nos machines. On estime qu’environ 80 % des séparateurs vont devenir obsolètes", souligne Jean-François Douard, qui prospecte activement dans plusieurs pays de l’Union Européenne, dont la Grèce, la Norvège et l’Allemagne.
Décliner la gamme pour équiper de plus gros navires
Après avoir levé près de 950 000 euros depuis sa création, Damsia organise un nouveau tour de table d’environ un million d’euros, que la jeune entreprise espère boucler en juin, pour soutenir sa croissance et accélérer son développement. Une enveloppe qui va notamment lui permettre d’augmenter ses capacités de production en déménageant dans un atelier plus grand afin de tripler sa surface de production pour la porter à 600 m2. "Notre objectif est de décliner notre gamme pour proposer des unités capables de traiter jusqu’à 20 tonnes d’eaux mazouteuses par jour afin d’équiper de plus grands navires", conclut Jean-François Douard, qui compte recruter quatre techniciens d’ici la fin de l’année pour accompagner cette montée en puissance.