Cidre : La Cornouaille mise sur la qualité
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Cidre : La Cornouaille mise sur la qualité

Boisson Depuis 1996, le cidre de Cornouaille a son appellation contrôlée, la seule en France avec celle du Pays d'Auge, en Normandie. Mais l'AOP a du mal à s'imposer.

Le cidre, ça ne se boit pas qu'avec des crêpes. C'est un peu le message que cherchent à faire passer les producteurs de cidre finistériens. En effet, d'après une étude de la profession: «le cidre est une boisson à laquelle les consommateurs ne pensent pas», explique Valérie Simard, responsable du Cidref (Comité cidricole de développement et de recherche fouesnantais et finistérien). «C'est une consommation plaisir, comme le champagne mais en moins luxueux et plutôt rattaché à des souvenirs d'enfance.D'où la nécessité d'élargir la gamme et de communiquer», ajoute-t-elle. Car pour la plupart des Français, il n'existe que du doux ou du brut. Or la boisson est plus complexe. Tous les cidres ne se ressemblent pas. C'est d'ailleurs pour cela, qu'en Cornouaille, existe une appellation d'origine controllée depuis 1996 (protégée à partir de janvier prochain). Elle garantit la qualité. Le Cidref a la charge de faire les tests pour vérifier que le cahier des charges de cette AOC/AOP est respecté.




Une carte des cidres

Il n'existe que huit producteurs dont les vergers sont situés dans la zone géographique définie. «Et toute leur production ne peut pas être vendue en AOC. Il y a beaucoup de critères qui rentrent en jeu, comme les variétés de pommes utilisées», ajoute Valérie Simard. Aujourd'hui l'AOP produit 400 à 500.000 bouteilles par an, soit 6 à 7% de la production. «Selon les producteurs, cela représente 3% à 50% de leur production, c'est très variable et aussi une histoire de choix.» Pour Hervé Seznec, dirigeant de la distillerie du Kinkiz à Quimper, l'AOP représente un tiers de sa production de cidre. Soit 50.000 à 80.000 bouteilles par an. Quand certains vendent à la grande distribution, lui ne vend «qu'à la restauration, aux écoles d'oenologie. L'objectif est de faire découvrir le cidre aux professionnels.» Car la profession via le Cidref cherche à créer une "carte des cidres", comme il y a une "carte des vins". «D'ailleurs, l'AOP s'appelle "Cornouaille" et pas "cidre", nom qui est trop générique», indique Hervé Seznec. L'ambition d'un "Cornouaille", comme il existe un "Médoc", est là. Mais le chemin est sans doute long. L'un des enjeux: le volume. Convaincre les restaurateurs est une première étape, il faut ensuite s'implanter en grande distribution avec une AOP. Pas simple face à des géants comme Loïc Raison. «Un industriel. Nous, sous sommes des artisans. Ce n'est pas vraiment le même métier», remarque Hervé Seznec. L'image du cidre et du Cornouaille en particulier est devenue une priorité pour le Cidref. «Nous allons mettre en place une route du cidre. Ce genre d'activité est prisé par les touristes. Seul bémol, pour les producteurs ces visites prennent beaucoup de temps», note Valérie Simard. Pour Hervé Seznec, il y a aussi un pari pour le territoire: «Il y a de la place dans le Finistère pour des agricultures autres que le lait ou l'élevage. On a besoin de se diversifier. Le cidre artisanal ne pèse peut-être pas beaucoup mais il participe à l'économie locale.»


Cidref: 02 98 52 48 01 www.cidref.fr

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