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Chimirec Est mobilise 3 millions d’euros pour accompagner la croissance du site de Domjevin, en Meurthe-et-Moselle
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Chimirec Est mobilise 3 millions d’euros pour accompagner la croissance du site de Domjevin, en Meurthe-et-Moselle

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Opérant dans la collecte et le traitement des déchets dangereux, Chimirec Est vient de mobiliser 3 millions d’euros pour moderniser ses infrastructures, renforcer la sécurité incendie et propulser une nouvelle activité.

Le nouvel entrepôt permet de stocker des bacs vides avant de les envoyer chez les clients de Chimirec Est — Photo : Jean-François Michel

Pour Émilie Grandmougin, la directrice de Chimirec Est, "la valeur ajoutée d’une plateforme de collecte des déchets comme celle de Domjevin, c’est de faire le tri pour ensuite aller chercher au maximum la matière qui va pouvoir être valorisée". Installée sur une parcelle de 60 000 m2, à Domjevin en Meurthe-et-Moselle, Chimirec Est vient de mobiliser 3 millions d’euros pour faire sortir de terre un bâtiment de 1 500 m2, reconfigurer ses outils de production et renforcer sa sécurité incendie.

Plus de 20 000 tonnes de déchets collectés

Chaque année, la PME, filiale du groupe francilien Chimirec (1 750 salariés, CA : 300 M€), collecte un peu plus de 20 000 tonnes de déchets dits dangereux et 6 000 tonnes d’huiles usagées, provenant des sites industriels ou encore du secteur automobile, avec une équipe de 75 salariés. "Ce projet s’inscrit dans une logique d’anticipation : il nous permet d’absorber la croissance de l’activité", décrit Émilie Grandmougin.

15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025

La directrice de Chimirec Est, Émilie Grandmougin, en compagnie de son directeur adjoint, Jonathan Gaudron — Photo : Jean-François Michel

Mais croissance de l’activité ne rime pas forcément avec augmentation des volumes collectés. Pour les dirigeants de Chimirec Est, le marché du déchet dangereux ne connaît plus de croissance importante : "La logique est plutôt de réduire les déchets", rappelle Émilie Grandmougin. "Aujourd’hui, pour maintenir nos marges, nous devons bien trier, bien séparer les déchets en fonction de leurs caractéristiques chimiques et les orienter vers la bonne filière. Sinon, à la fin de l’année, on est à zéro", décrit Jonathan Gaudron, le directeur adjoint de Chimirec Est.

Une stratégie visant à chercher toujours plus de valeur ajoutée dans le traitement qui porte ses fruits : "Nous avons quasiment doublé notre chiffre d’affaires entre 2021 et 2025, pour atteindre 15 millions d’euros aujourd’hui, précise Émilie Grandmougin. Tout cela sans doubler les tonnages collectés."

Du flux tendu à la capacité de stocker

Autorisée par les services de la préfecture à traiter 22 000 tonnes par an, Chimirec Est vient de se donner un peu d’air avec ce nouveau bâtiment de 1 500 m2. Opérationnel depuis septembre 2025, cet entrepôt permet de stocker des bacs vides pour les nettoyer avant de les apporter chez les clients, afin d’y déposer les déchets. "Auparavant, nous étions en flux tendu, décrit Margot Demange, responsable QSE chez Chimirec Est. Les bacs rentraient sur le site, étaient vidés et repartaient tout de suite. Désormais, avec un stock de bacs vides, c’est plus confortable."

Chaque année, Chimirec Est collecte 20 000 tonnes de déchets dangereux et 6 000 tonnes d’huiles usagées — Photo : Jean-François Michel

Quatre camions pour développer l’hydrocurage

Sur les trois millions d’euros investis, une enveloppe a été consacrée au développement d’une nouvelle activité pour Chimirec Est : l’hydrocurage. Opération consistant à nettoyer les canalisations, les cuves et les fosses septiques grâce à de l’eau à haute pression, pour une clientèle allant de l’industrie à la grande distribution, cette activité permet aussi de récupérer des déchets qui pourront être traités par Chimirec Est. La PME a investi dans quatre camions "hydrocureurs", à 400 000 euros pièce, et compte grappiller des parts de marché aux sociétés déjà installées dans la région et très bien identifiées.

"En 2026, nous allons encore investir entre 300 000 et 400 000 euros pour le process industriel de notre activité hydrocurage", révèle Jonathan Gaudron. Concrètement, la PME va faire installer deux bassins de décantation, sorte de mini-station d’épuration, pour récupérer les huiles et autres polluants contenus dans les eaux de lavage.

Un million d’euros dans la sécurité incendie

Sur les trois millions d’euros investis, un million a été injecté dans la sécurité incendie. L’entreprise a centralisé et renforcé son système d’extinction automatique et dispose désormais d’une réserve d’eau de 600 m³, couplée à une motopompe diesel capable d’alimenter "un système de sprinklage" et de robinets pour y brancher des lances à incendie. "Nous avons obtenu la certification N7 APSAD sur la détection incendie, un niveau rare dans la profession, se félicite Jonathan Gaudron. Avec ce niveau l’assureur est content, mais le groupe a une volonté claire de sécuriser ses sites, nous avons la volonté de dormir tranquille".

Meurthe-et-Moselle # Chimie # Gestion des déchets et recyclage # Investissement industriel # PME