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Le groupe ABCDE se structure pour accélérer sur le marché de la valorisation des déchets organiques
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Le groupe ABCDE se structure pour accélérer sur le marché de la valorisation des déchets organiques

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Entreprise familiale installée à St-Nicolas-de-Port en Meurthe-et-Moselle, le groupe ABCDE se donne 18 mois, au sein de l’accélérateur "Transformation et valorisation des déchets" de Bpifrance, pour se mettre en ordre en marche afin de continuer sa trajectoire de croissance. Parmi les nouveaux outils, un site à 3 millions d’euros dans la ZAC des Sables de Rosières-aux-Salines.

Les camions de collecte opérant autour du site vosgien du groupe ABCDE sont alimentés directement en Bio-GNV par le méthaniseur — Photo : Groupe ABCDE

Pour Loïc Delettre, le directeur général du groupe ABCDE, la croissance du marché des déchets va rapidement permettre au pôle "déchets organiques" d’atteindre "rapidement les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires", estime le dirigeant. Entreprise installée à Saint-Nicolas-de-Port, en Meurthe-et-Moselle, au capital contrôlé par Patrick Marchand, le groupe ABCDE emploie 60 personnes et réalise 60 % de ses 10 millions d’euros chiffre d’affaires dans une activité de triage de semences pour les agriculteurs, le pôle "Grain".

Structurer l’équipe commerciale

Si cette activité, historique pour le groupe, est toujours en croissance, c’est le pôle "organique", qui rassemble toutes les activités liées à la valorisation des déchets, qui concentre donc actuellement l’attention de Loïc Delettre : le directeur général va en effet participer, pendant 18 mois, à l’accélérateur "Transformation et valorisation des déchets", porté par Bpifrance. Objectif : structurer l’équipe commerciale pour accompagner la croissance et les besoins des clients, et mettre en place de nouveaux tableaux de bord, adaptés à l’évolution de l’activité.

Faire évoluer les outils de gestion

"Nous nous sommes aperçus qu’il fallait aller plus loin dans nos outils de gestion, pose le directeur général du Groupe ABCDE. Gérer un centre d’exploitation, c’est une chose. Mais quand on commence à faire du transport et de la massification, il y a une multitude d’indicateurs à remonter, qui concernent les coûts, les marges, le temps, les ressources matérielles, humaines, mais aussi les consommations de carburant, les coûts d’entretien, d’assurance. Nos outils de pilotage doivent évoluer." À terme, les dirigeants du groupe visent un rééquilibrage des activités, à 50 % pour chaque pôle.

Loïc Delettre est le directeur général du groupe ABCDE — Photo : Groupe ABCDE

"Un booster des consciences"

Lancé en 2016, avec une première plateforme à Mandres-sur-Vair, dans les Vosges, le pôle du groupe consacré aux déchets organiques valorise aujourd’hui 50 000 tonnes de déchets sur trois plateformes, produit 25 000 tonnes de compost et dispose d’une unité de méthanisation affichant une puissance électrique de 450 kW.

"Nous sommes partis de zéro en 2016 et sur les trois ou quatre dernières années, ce pôle s’est développé de manière assez fulgurante", retrace Loïc Delettre. La loi Agec de février 2020, rendant obligatoire la mise en œuvre des solutions de valorisation des biodéchets au niveau des collectivités depuis le 1er janvier 2024, a agi comme "un booster des consciences", estime le directeur général d’ABCDE, tout en favorisant le développement du marché. "Quand il y a une nouvelle réglementation, il y a des collectivités qui ne savent pas faire. Et c’est là aussi que nous voulons apporter du service, pas simplement collecter et traiter", indique Loïc Delettre.

Un premier point de massification à Rosières-aux-Salines en Meurthe-et-Moselle

Pour continuer à accompagner les collectivités mais aussi les industriels, l’équipe de l’entreprise veut déployer une stratégie consistant à massifier la collecte dans certains points du territoire, avant de diriger les flux de déchets vers les plateformes de traitements exploitées par le groupe, à savoir Mandres-sur-Vair dans les Vosges, la plateforme de Port-sur-Seille en Meurthe-et-Moselle, ainsi que la plateforme de compostage de Zittersheim, en Alsace. Cette stratégie veut se matérialiser avec un premier point de massification installé à Rosières-aux-Salines, à quelques kilomètres de Saint-Nicolas-de-Port, dans la ZAC des Sables. Pour un total d’investissement de 3 millions d’euros, le groupe va donc installer un point de massification, mais aussi un nouveau siège de 900 m2, contre 250 m2 aujourd’hui. L'ensemble de bureaux, imaginé pour accueillir les collaborateurs du groupe dans les meilleures conditions et accompagner la croissance des effectifs, sera occupé dès le début du mois de novembre par les équipes du groupe. "Ce site doit devenir une vitrine, souligne Loïc Delettre. La zone est à mi-chemin de nos trois sites de traitement. Pour nous, l’objectif est de valoriser les déchets et de favoriser le retour au sol de la matière. Donc valoriser à 10, 15, 20 kilomètres des gisements, c’est plus intéressant que de faire des centaines de kilomètres en camion."

Un développement en fonction du marché

À Port-sur-Seille, soit à mi-chemin entre Metz et Nancy, le groupe planche en outre actuellement sur la possibilité d’installer une unité de méthanisation, dont la matière sera collectée dans les collectivités situées le long du Sillon mosellan. "Installer une unité de méthanisation n’est pas un objectif en soi, prévient Loïc Delettre. Nous nous sommes donnés entre trois et cinq ans pour aboutir, mais tout cela dépend du marché."

Du marché et de la capacité de l’entreprise à accompagner les collectivités avec notamment les "ambassadeurs du tri". Visite de sites, portes ouvertes, sensibilisation dans les écoles… Ces ambassadeurs sont des profils clés pour le développement du groupe, à mi-chemin entre la technique et le commercial.

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