Des sites de production dans 12 pays, des filiales commerciales dans 35 pays, des centres de R & D sur les 5 continents… Et pourtant, c’est à Carros, son siège social et son fief historique, que Virbac investit dans de nouvelles infrastructures pour renforcer sa compétitivité.
Le plus gros investissement de Virbac
Fin 2026 sortira de terre un nouveau bâtiment, baptisé Bio5, une nouvelle usine de trois niveaux et 4 500 m2, dont la mise en chantier a démarré en juin. "Le chantier représente un investissement de 95 millions d’euros, précise Sébastien Scocci, directeur des projets industriels stratégiques en biologie. Hors acquisition, c’est le plus gros investissement que Virbac ait jamais fait en une seule fois." Il viendra en remplacement de Bio4, son voisin érigé il y a trente ans et devenu dépassé notamment en termes réglementaires.
Entre ses murs et ses 1 200 m2 de salles blanches, seront produits 50 millions de flacons de vaccins par an contre 36 à 38 millions actuellement, car Bio5 sera "équipé des dernières technologies de formulation et de lyophilisation de vaccins pour le monde entier", souligne Habib Ramdani, ex-directeur général par intérim et directeur des affaires financières du groupe. "Ce bâtiment va nous permettre de nous préparer aux 40 prochaines années."
Un succès mondial depuis Carros
Car Virbac a de grandes ambitions et a choisi de se donner les moyens de leur réalisation, au moins à l’horizon 2030.
"Il a été décidé depuis 3-4 ans d’investir davantage dans la R & D et dans le capex, ce qui se voit beaucoup ici mais évidemment pas pour aujourd’hui, on ne va pas avoir plus de profit à court terme, explique Paul Martingell, qui a pris ses fonctions de directeur général du groupe le 1er septembre dernier. Le plus important c’est l’innovation. C’est que l’on continue à proposer des choses très pertinentes aux vétérinaires et pour la santé animale."
"30 à 40 % du chiffre d’affaires global de Virbac (1,397 Md€ de CA en 2024, NDLR) est réalisé ici à Carros. C’est le vaisseau amiral du groupe, et de très loin, complète Habib Ramdani. La totalité de la pharmacopée est faite ici, on y a une expertise très large et on a un programme d’investissement de 250 millions d’euros à 2030."
Relocalisation et construction
En plus de cette usine de production de vaccins dernier cri, d’autres projets à court terme sont sur les rails. À commencer par le centre de logistique qui sera érigé sur 13 000 m2 sur l’ancien terrain laissé libre par Primagaz, toujours à Carros. Le permis de construire étant purgé de tous recours, les travaux débuteront en 2026 et l’entrepôt opérationnel d’ici 2027-2028. Il y a aussi la relocalisation en France d’un site pour l'heure basé en Australie dédié à la fabrication d’un implant pour la stérilisation des chiens et chats.
Un déménagement de quelques mètres et plusieurs années
Mais en attendant, c’est la construction de Bio5 qui va focaliser une grande partie de l’attention de Virbac. Sa construction et plus encore son aménagement, une étape longue et délicate. "Quand on délivre une usine comme celle-ci il y a un temps de qualification et de validation pour prouver que nos équipements répondent bien aux besoins, explique Sébastien Scocci. La construction s’achèvera fin 2026 mais le transfert depuis le bâtiment Bio4, juste à côté, prendra des années ! Bio4 ne sera pas vidé avant 2032 !"
Quant à savoir ce que deviendra ce bâtiment Bio4 en question, aucune décision n’a encore été arrêtée. Mais l’espace une fois vacant ouvrira de nouvelles possibilités au laboratoire vétérinaire pour renforcer un peu plus encore son ancrage territorial et industriel.