Haute-Garonne
Micropep prépare la commercialisation de son premier biofongicide au Brésil
Haute-Garonne # Agritech # Start-up

Micropep prépare la commercialisation de son premier biofongicide au Brésil

S'abonner

Née à Toulouse il y a dix ans, l’agritech Micropep, qui s’est donné pour mission d’ouvrir une nouvelle voie en matière de protection des cultures, en proposant aux agriculteurs des solutions efficaces, sûres et durables à l’échelle mondiale, se trouve à l’aube d’un déploiement commercial mondial.

Georg Goeres, ici dans les locaux de l’entreprise à Auzeville-Tolosane, a été nommé directeur général de Micropep en juillet 2025 — Photo : Philippe Kallenbrunn

La société d’agritech Micropep (50 salariés, CA non communiqué), basée à Auzeville-Tolosane (Haute-Garonne) et à Raleigh (Caroline du Nord, États-Unis), qui développe une nouvelle génération de solutions de protection des cultures ciblées et durables à base de micropeptides, prépare la commercialisation de son premier produit (le MPD-01) au Brésil. « Nous allons déposer le dossier réglementaire au cours du premier semestre 2026, indique Georg Goeres, le directeur général de Micropep. La mise sur le marché devrait ensuite pouvoir intervenir dans les dix-huit mois. »

Contre la rouille asiatique du soja

Le déploiement à venir de ce biofongicide, qui permet notamment de lutter contre la rouille asiatique du soja, constituera un réel aboutissement pour Micropep, fondée en 2016 à Toulouse et issue du Laboratoire de recherche en sciences végétales (CNRS) et de la SATT Toulouse Tech Transfer. « Nous voulions apporter la preuve qu’il était possible de créer un tel produit pour le marché des grandes cultures et ce, à un coût compétitif », explique le dirigeant, qui a pris les rênes de l’entreprise en juillet 2025 après une carrière de vingt ans dans le secteur agricole (Syngenta, Indigo Agriculture).

Cet accomplissement viendra par ailleurs démontrer la puissance et le potentiel de Krisalix, la plateforme propriétaire de Micropep, à partir de laquelle MPD-01 a été développé dès 2021. Krisalix combine des modèles prédictifs et génératifs d’intelligence artificielle, des données expérimentales de haute qualité issues de la biologie, de la chimie et de la bioproduction, ainsi qu’une expertise agronomique approfondie. Cette approche itérative permet d’accélérer considérablement le processus de R & D, de réduire les délais et les coûts de découverte, et de mettre plus rapidement les produits sur le marché. Aujourd’hui, plus de dix candidats peptidiques sont en cours de développement, pour des cultures à grande échelle ou à forte valeur ajoutée.

Krisalix pour nouer des partenariats industriels

« Avec Krisalix, nous nous positionnons aussi comme un partenaire des industriels », précise Georg Goeres. Au-delà de ses propres programmes de recherche, Micropep propose en effet un accès collaboratif à sa plateforme via un modèle hybride associant le co-développement de programmes de R & D et le licensing de molécules candidates. Cette transition de Krisalix vers une dimension commerciale s’illustre notamment par un accord de recherche conjoint signé avec Corteva Agriscience, l’un des leaders mondiaux de l’agriculture. « Cet accord illustre notre volonté de faire de Krisalix une plateforme de référence pour la R & D agricole, appuie-t-il. Il permet à nos partenaires de co-concevoir des ingrédients bioactifs propriétaires, avec des objectifs clairs, de la rapidité et une précision fondée sur les données. »

À la faveur d’une levée de fonds, en deux temps, d’environ 36 millions d’euros en 2024, Micropep a élargi le cercle de ses investisseurs (Sofinnova Partners, Supernova Invest, Bpifrance, Fall Line Capital, FMC Ventures, Irdi Capital Investissement, Corteva, Ducera, Sparkfood, Zebra Ventures), internationaux notamment, et renforcé les capacités de Krisalix. Pour poursuivre sa croissance, l’entreprise travaille à l’entrée de nouveaux partenaires. « Nous devons encore investir pour être prêts pour la commercialisation de nos premiers produits, illustre Georg Goeres. Nous devrons par exemple recruter des experts en agronomie. »

Micropep devrait quitter les Algeco qui l’hébergent aujourd’hui pour louer des locaux dans un nouveau bâtiment — Photo : Philippe Kallenbrunn

Toujours installée dans des constructions modulaires à Auzeville-Tolosane, Micropep entend aussi déménager à proximité pour louer de nouveaux bâtiments qui pourront accueillir à la fois son équipe et son laboratoire de tests. Fin novembre, l’entreprise a enfin fortifié son conseil d’administration, en y intégrant Patricia Malarkey en tant que membre indépendant, qui cumule plus de trente ans d’expérience en leadership mondial en matière d’innovation dans les sciences de la vie, l’agroalimentaire et les technologies agricoles.

Haute-Garonne # Agritech # Start-up # Commercial # Innovation # International