Pour Nicolas Sordet, le directeur général d’Afyren (2,9 M€ de CA en 2024 ; 130 collaborateurs), c’est un "succès majeur". La greentech basée à Clermont-Ferrand, qui exploite une usine sur la plateforme chimique de Carling, en Moselle, vient de produire en continu plusieurs tonnes de produits au cours des dernières semaines. Concrètement, l’équipe d’Afyren Neoxy, soit 75 personnes, a réussi à faire fonctionner "de manière simultanée l’ensemble des étapes du procédé, depuis la fermentation jusqu’aux produits finis, de façon stable et répétée". Cette montée en charge progressive, ou ramp-up, préparée depuis la mise en service en 2022, doit permettre d’atteindre les 16 000 tonnes d’acides biosourcés par an.
Livrer les clients "sur une base régulière" avec des "quantités croissantes"
Attendue pour 2024, cette étape importante pour la bioraffinerie Afyren Neoxy, va permettre à l’entreprise d’accroître progressivement la production pour atteindre les objectifs : un chiffre d’affaires annuel de production d’environ 35 millions d’euros pour une marge d’Ebitda courant de 25 %, soit environ 9 millions d’euros, une fois la pleine capacité atteinte."Nous sommes désormais en phase de ramp-up industriel et donc en capacité de livrer nos clients sur une base régulière et avec des quantités croissantes de produits finis", se félicite Nicolas Sordet dans un communiqué. "Fort de ce succès, nous nous projetons sur l’accroissement de notre capacité industrielle, que nous souhaitons effectuer par étapes afin de capitaliser au maximum sur Afyren Neoxy."
Dans un club "très fermé"
Évoquant de son côté "un tournant dans l’histoire d’Afyren", qui entre ainsi dans le club "très fermé des entreprises à avoir industrialisé avec succès une technologie verte compétitive", le président du conseil d’administration de la greentech, Stefan Borgas, se félicite des "perspectives extrêmement positives pour l’entreprise en termes de développement industriel et commercial".
Un carnet de commandes rempli sur plusieurs exercices
Les engagements commerciaux sécurisés par des contrats représentent un chiffre d’affaires cumulé de plus de 165 millions d’euros sur les exercices à venir. Sans les nommer, la greentech clermontoise évoque des acteurs de référence sur les marchés cibles de l’alimentation humaine et animale, les arômes et parfums, les sciences de la vie, les sciences des matériaux ou encore les lubrifiants.
Encore des investissements pour supprimer les goulots d’étranglements
Si les dirigeants d’Afyren comptent bien atteindre le point mort pour leur usine mosellane "après quelques trimestres d’activité" suite au lancement de la production en continu, soit au cours de l’exercice 2026, la greentech devra encore injecter de l’argent dans Afyren Neoxy. L’entreprise évoque en effet la nécessité de lancer des "investissements ciblés de dégoulottage", soit la suppression des goulots d’étranglement dans la chaîne des opérations dans l’usine, qui devront permettre "d’accroître sa capacité de production et d’augmenter sa rentabilité cible, au-delà des objectifs".
Un objectif majeur : trois usines
Fort de ce succès, Afyren veut désormais réviser ses objectifs en fonction de la montée en puissance d’Afyren Neoxy, en se basant sur "les acquis de la première bioraffinerie", et en "tirant parti de l’expérience opérationnelle acquise", qui devront permettre "d’asseoir les développements des usines 2 et 3 sur un historique de fonctionnement significatif". L’entreprise clermontoise veut toujours installer trois usines, dont deux devront être en production en continu dès 2028. À pleine capacité, les trois bioraffineries devraient générer 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’usine Afyren Noeoxy, détenue par Afyren à 51 % et par le fonds SPI de Bpifrance pour le solde, a nécessité un investissement initial de 60 millions d’euros.