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Le site lorrain du papetier Kimberly Clark veut réduire sa consommation en eau de 70 % entre 2010 et 2030
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Le site lorrain du papetier Kimberly Clark veut réduire sa consommation en eau de 70 % entre 2010 et 2030

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À Villey-Saint-Étienne, en Meurthe-et-Moselle, le groupe papetier américain Kimberly-Clark est engagé depuis 16 ans dans une trajectoire de réduction de sa consommation en eau. Avec un objectif de réduction de 70 % de ses usages, pour atteindre les 12 mètres cubes d’eau consommés par tonne produite.

Kimberly-Clark emploie 236 personnes sur son site de Villey-Saint-Étienne, en Meurthe-et-Moselle — Photo : Jean-François Michel

Créé en 1991, le site lorrain du papetier Kimberly-Clark consommait 40 mètres cubes d’eau par tonne produite en 2010. L’entreprise en consomme aujourd’hui 14, soit 580 000 mètres cubes d’eau par an. Et se prépare à franchir une marche supplémentaire en passant à 12 mètres cubes d’eau utilisés par tonne, à horizon 2030. Une baisse de 70 % par rapport à 2010. "Aujourd’hui, l’eau est à la fois une ressource stratégique, un facteur de risque opérationnel, mais aussi très clairement un levier d’innovation industrielle pour le groupe. Dans notre secteur, chaque mètre cube économisé représente à la fois un gain environnemental, énergétique, de robustesse et de pérennité du process", lance Charlotte Lavergne, responsable énergie du site lorrain.

Implanté sur un site de 46 hectares intégré à une propriété de près de 300 hectares à Villey-Saint-Étienne, en Meurthe-et-Moselle, le site en question emploie 236 personnes et produit des essuie-mains, roulés et pliés ainsi que des essuyeurs industriels en papier. Basé aux États-Unis, le groupe Kimberly-Clark (40 000 salariés ; CA : 16,4Md $), historiquement spécialisé dans la fabrication de produits à base de ouate de cellulose pour des produits d’hygiène et d’essuyage, possède notamment la marque Kleenex et livre des clients dans près de 175 pays.

Charlotte Lavergne, responsable énergie pour le site lorrain de Kimberly-Clark — Photo : Anabelle Filoche

Une optimisation des procédés

Dans un premier temps, le site lorrain a opéré une optimisation de ses procédés, en fiabilisant ses systèmes de comptage, en mettant en place une meilleure gestion des niveaux de cuves, en ajustant les dilutions des produits chimiques ou encore en adaptant les températures de l’eau aux besoins réels de la production. Un travail sur le recyclage interne de l’eau a également été entamé à partir de 2010, en améliorant sa filtration, en augmentant ses capacités de circulation et en raccordant de nouveaux points d’usage à l’eau recyclée.

Le groupe américain Kimberly-Clark est spécialisé dans la production de ouate de cellulose et possède notamment la marque Kleenex — Photo : Kimberly Clark

Un diagnostic précis

En 2020, Kimberly-Clark poursuit ses efforts en engageant un diagnostic des usages de l’eau sur son site de Villey-Saint-Étienne. "Il nous a permis de cartographier finement nos catégories d’usages — procédé, refroidissement, dilutions chimiques, appoints d’eau et pertes — et d’identifier, pour chacun, des leviers d’action : suppression de certains usages, remplacement, ou réduction et régulation. À chaque action potentielle, nous avons systématiquement évalué les impacts sur la sécurité, la qualité produit et l’environnement", appuie Charlotte Lavergne. Suite à cette étape, les équipes du géant américain ont par exemple travaillé en 2022 sur la régulation du refroidissement de leurs machines de production.

"Ce travail a abouti à un plan global de réduction des consommations, activable soit par optimisation, soit par investissement, sans jamais compromettre la performance industrielle ni la qualité produit"

Le site continue aujourd’hui d’observer ses consommations à échéances journalières, hebdomadaires et mensuelles. "L’humain est l’un des leviers essentiels. Cela passe par la mise en place d’outils de visualisation en temps réel, des consignes de conduite claires, la formation des équipes, et une attention particulière portée aux phases d’arrêt et de redémarrage, qui peuvent fortement dégrader la ration (le ratio ?) mètres cubes par tonne", poursuit la responsable énergie.

Des démarches qui répondent notamment à des demandes des clients de Kimberly-Clark. "Nous rencontrons une attente de plus en plus forte de la part de nos clients qui stipulent les consommations en eau, au même titre que les émissions de CO2 ou les consommations énergétiques, dans leurs cahiers des charges lors des appels d’offres ou lors de leurs visites sur le site", mesure Charlotte Lavergne. Pour tous ces projets, l’entreprise, qui ne communique pas sur le montant des investissements engagés, a reçu l’aide, notamment financière, de l’agence de l’eau Rhin Meuse.

Kimberly-Clark consomme actuellement 14 mètres cubes d’eau par tonne produite — Photo : Jean-François Michel

Des efforts à poursuivre

"In fine, ce travail a abouti à un plan global de réduction des consommations, activable soit par optimisation, soit par investissement, sans jamais compromettre la performance industrielle ni la qualité produit", conclut Charlotte Lavergne. Pour atteindre les 12 mètres cubes d’eau consommés par tonne de papier, Kimberly-Clark a déjà ciblé de prochaines étapes, à Villey-Saint-Étienne. D’abord, le raccordement de nouveaux usages à l’eau recyclée, puis l’augmentation des capacités de stockage et l’optimisation des capacités de filtration.

Le groupe prévoit également de pousser les projets croisés eau et énergie, comme le raccordement de certains systèmes de refroidissement à des groupes froids plus performants, en été. Une méthode dont l’objectif est de réduire la consommation d’eau tout en utilisant l’énergie de manière plus efficace et moins coûteuse.

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