Remise à niveau réglementaire, sécurisation des flux et continuité d’exploitation. À Erstein, dans le Bas-Rhin, Würth France poursuit la transformation de sa plateforme logistique alsacienne. Depuis 2020, ce fabricant de services et produits de fixation, d’outillage et de consommables d’atelier pour les professionnels a engagé 70 millions d’euros sur ce site. Une enveloppe de 10 millions d’euros est par ailleurs réservée à son autre centre logistique français, situé à Montélimar, dans la Drôme.
Sur le site bas-rhinois, l’investissement porte sur plusieurs postes : adaptation des bâtiments, modernisation des équipements techniques, performance énergétique, amélioration des conditions de travail et remise à niveau des dispositifs de sécurité. Le programme doit accompagner la croissance de Würth France, qui compte près de 4 000 salariés et vise un milliard d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2026.
Un site ancien à transformer sans arrêter l’activité
La plateforme d’Erstein s’étend sur 73 000 m² et regroupe plusieurs bâtiments logistiques, des installations techniques, des espaces administratifs et un musée d’art moderne et contemporain. Le plus ancien bâtiment date de 1967. Cette antériorité impose d’intervenir sur des infrastructures hétérogènes, en maintenant l’activité.
Le chantier est mené avec Equans France, groupe de services multitechniques dans l’énergie et les infrastructures, qui intervient sur le site depuis plus de vingt ans. La filiale française du groupe Equans emploie près de 35 000 salariés et a réalisé 7,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
"Nous sommes sur un bâtiment complexe, avec une forte exigence de continuité et des délais serrés", souligne Sylvain Vilfride, chargé d’affaires chez Equans. Le chantier, démarré fin 2024, doit se poursuivre jusqu’en 2027.
L’énergie comme levier d’optimisation
La performance énergétique constitue l’un des volets structurants du programme. Würth a engagé une première phase sur la production de chaleur, avec une installation centralisée capable d’alimenter le site en eau chaude et en eau froide. Des variateurs ont aussi été installés sur les moteurs de ventilation afin d’ajuster les consommations aux besoins réels.
Quatre centrales de traitement d’air ont été mises en place pour améliorer le renouvellement de l’air et le confort des opérateurs. La production d’eau froide, à 6°C, doit également permettre d’optimiser les usages énergétiques du site.
"Nous avons d’abord travaillé sur le chaud. La deuxième phase portera sur la production de froid, avec des équipements intermédiaires", indique Laurent Schwartz, responsable travaux chez Würth.
Le musée doit être raccordé au réseau de chaleur du site à l’été 2026. À terme, Würth vise une baisse de 30 % de la consommation du musée par rapport à 2024. Sur d’autres périmètres, les consommations pourraient être divisées par deux. Deux derniers bâtiments doivent également être raccordés à des solutions de géocooling, c’est-à-dire de refroidissement par circulation d’eau, dans le respect d’un arrêté préfectoral de 2024 limitant l’écart de température des rejets dans la nappe.
La sécurité incendie remise à niveau
Dans ce programme plus large, la sécurité incendie représente un volet ciblé, chiffré à 2,45 millions d’euros. Le site d’Erstein est classé Seveso seuil bas en raison du stockage de produits inflammables. Les équipements existants arrivant à échéance, Würth devait remettre une partie de ses installations en conformité.
Le projet prévoit l’installation de 7 100 sprinklers sans PFAS sur la partie historique de l’entrepôt. Certains systèmes intègrent de la mousse, compte tenu de la diversité des références stockées. "Nous travaillons avec plusieurs milliers de références, dont certaines chimiques. Cela impose une protection spécifique", précise Laurent Schwartz.
Sur la sous-station logistique, cinq postes sprinklers ont été raccordés via 1 300 mètres de tuyauterie. Le hall F, l’un des plus contraints du site, concentre une partie des installations, avec des dispositifs positionnés en plafond et dans les racks. Le chantier incendie comprend aussi 50 robinets d’incendie armés, 15 nouveaux postes à eau et des essais hebdomadaires.
Ce programme de modernisation doit permettre à Würth de sécuriser son outil logistique alsacien, tout en accompagnant la croissance de son activité à l’horizon 2026.