Entre 2021 et 2025, le site vosgien d’Egger a enregistré une baisse de près de 26 % de sa consommation en eau. "À l’origine, nous n’avions pas une activité très consommatrice en eau, comparée à une papeterie par exemple. Notre consommation s’est emballée à partir de 2018 et l’installation d’une centrale de cogénération", explique Anne Hoeft, responsable environnement du site vosgien d’Egger. Basée à Rambervillers, dans les Vosges, l’entreprise spécialisée dans la fabrication de panneaux de bois compressés pour l’industrie du meuble est pilotée par le groupe autrichien Egger (11 000 collaborateurs ; 22 sites de production ; CA : 4,1 Md€).
Une hausse de la consommation à partir de 2018
Employant près de 500 salariés dans cette usine, Egger se chauffait avant 2018 entièrement grâce à une chaudière biomasse. Et utilisait l’eau principalement pour le nettoyage du site, la réserve à incendie ou encore pour le cycle vapeur de sa chaudière biomasse.
Couvrant quasiment l’intégralité des besoins en électricité du site, pour un investissement de 35 millions d’euros, la centrale de cogénération, dotée de 4 tours de refroidissement, implique des besoins en eaux importants. Entre 2017, la consommation d’eau du site a ainsi augmenté de 67 % par rapport à l’année 2021. Egger ne souhaite pas communiquer les chiffres exacts des mètres cubes d’eau consommés.
Faire une cartographie des usages
"En 2021, il y a eu une grosse sécheresse. Tout le monde devait réduire sa consommation en eau", poursuit Anne Hoeft. À Rambervillers, Egger entame son parcours en établissant une cartographie de ses usages en eau. "Nous avons placé une vingtaine de capteurs sur le site. L’objectif était de savoir vers où nous allions, pour chiffrer la baisse et le potentiel d’économie réalisable", pointe la responsable environnement.
"L’un des objectifs était de sensibiliser les salariés sur les réparations de fuite"
Grâce à ce mapping quotidien, les équipes vosgiennes d’Egger ont établi un plan, avec d’abord des actions faciles et peu coûteuses, puis des actions plus longues à mettre en place sur le site. En parallèle, l’ensemble des collaborateurs sont informés de la démarche et des réunions ont lieu tous les matins pour comprendre les variations dans la consommation d’eau. "L’un des objectifs était de sensibiliser les salariés sur les réparations de fuite. Maintenant, ils les signalent plus facilement. L’eau a longtemps été considérée comme un bien commun, on ne se posait pas de questions", observe Anne Hoeft.
Des actions rapides
Suite à la mise en place d’une cartographie de ses usages, Egger investit 10 000 € afin d’installer un capteur servant à réguler les purges de ses tours de refroidissement : au lieu de s’effectuer de manière régulière, elles ont désormais lieu uniquement lorsque c’est nécessaire. Un investissement "rentabilisé en trois mois". L’entreprise a encore investi 150 000 € pour installer une nouvelle cuve de récupération de l’eau utilisée par l’entreprise et la réinjecter dans ses process. Enfin, 10 000 € ont également été consacrés à la réutilisation de l’eau pluviale pour le nettoyage de l’entreprise. Egger disposait déjà d’un bassin d’eau de pluie et de filtres, mais a eu besoin de tirer la tuyauterie pour ramener l’eau récoltée jusqu’à ses tours incendie.
1,5 million d’euros pour traiter l’eau
En parallèle, Egger a engagé une étude d’un an sur son site vosgien afin d’y installer une technologie de traitement de l’eau, pour permettre de retraiter l’eau des tours de refroidissement, afin de limiter leurs purges. Installée fin 2025, la machine représente un investissement de 1,5 million d’euros, dont 100 000 € pour l’étude, qui a impliqué l’installation d’un pilote sur le site. Le projet représente un potentiel de 200 mètres cubes d’eau économisés par jour. "Pour l’instant, nous nous concentrons sur le démarrage de cette unité, puis nous réfléchirons aux prochaines étapes. Pourquoi pas utiliser l’intelligence artificielle pour analyser nos données et identifier de nouveaux potentiels d’économie en eau", cible Anne Hoeft.