L’usine Afyren Neoxy va livrer ses premiers clients "fin 2022"
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L’usine Afyren Neoxy va livrer ses premiers clients "fin 2022"

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La première unité de production industrielle d’Afyren, installée sur la plateforme Chemesis de Carling Saint-Avold en Moselle, est aujourd’hui opérationnelle et va proposer sur le marché une alternative aux produits pétro-sourcés. Les dirigeants d’Afyren revendiquent une dizaine de contrats signés.

Le procédé développé par Afyren pour produire des acides organiques affiche un impact carbone inférieur de 81 % à son équivalent pétro-sourcé — Photo : Jean-François Michel

Pour le directeur général d’Afyren, Nicolas Sordet, "les premiers lots" d’acides organiques produits par la bioraffinerie installée sur la plateforme Chemesis de Carling Saint-Avold, en Moselle, seront livrés "fin 2022". Une nouvelle étape pour la greentech basée à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et fondée en 2012. "Nos clients ont hâte et nous aussi", glisse le directeur général, en marge de l’inauguration de l’usine de Saint-Avold, organisée le 29 septembre 2022.

Revendiquant cinq contrats "stratégiques", soit des contrats pluriannuels, les dirigeants se refusent à communiquer sur les noms des clients, invoquant des clauses de confidentialités. Au total, les sept acides organiques biosourcés produits par l’usine Afyren Neoxy auraient déjà fait l’objet d’une "dizaine de contrats", couvrant "70 % de la production du site". À plein régime, cette première unité de production devra être capable de produire 16 000 tonnes d’acides organiques par an, auxquels il faut ajouter environ 23 000 tonnes d’engrais, issus des résidus du procédé. "Nous visons les 35 millions d’euros de chiffre d’affaires pour cette première usine", livre Nicolas Sordet, dont l’entreprise vient d’annoncer un chiffre d’affaires de 1,76 million d’euros au premier semestre 2022 (+16 %) et un résultat déficitaire de 4,2 millions d’euros, "conforme au plan de développement annoncé".

De futures usines capables de produire 28 000 tonnes par an

Le chantier de la première bioraffinerie d’Afyren, qui a mobilisé 60 millions d’euros et a nécessité de créer 60 emplois, a permis à la greentech clermontoise de quitter le laboratoire et les pilotes industriels pour passer à l’échelle industrielle en 20 mois de travaux, entre l’obtention de l’autorisation d’exploiter, la réalisation de travaux de génie civil, la construction de l’usine et la mise en service industrielle progressive des différentes unités. "Maintenant, nous allons nous concentrer sur l’augmentation des volumes, pour arriver à produire 16 000 tonnes par an d’ici à deux ans", précise Jérémy Pessiot, directeur général délégué d’Afyren Neoxy et directeur de l’innovation d’Afyren.

Le directeur général d’Afyren, Nicolas Sordet, travaille déjà sur l’implantation de nouvelles bioraffineries — Photo : Jean-François Michel

En parallèle, l’équipe d’Afyren prépare le chantier d’une deuxième usine, pour une mise en service "fin 2024" et d’une troisième, pour 2028. À cette date, la société devrait pouvoir atteindre une capacité annuelle de production de plus de 70 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires supérieur à 150 millions d’euros. "Nous n’avons pas vocation à transporter nos molécules à travers le monde", lâche Nicolas Sordet. En effet, si 35 % du marché ciblé par Afyren Neoxy est réalisé en Europe, l’Amérique du Nord pèse 27 % et l’Asie Pacifique pour 25 %, deux zones ciblées naturellement par la société pour implanter ces futures unités de production.

"Pour les futures usines, nous tablons sur une capacité de 28 000 tonnes", souligne Jérémy Pessiot, qui estime qu’il faudra certainement doter le site de Saint-Avold de capacités supplémentaires. Une confiance qui s’appuie sur un marché porteur, estimé à "13 milliards de dollars", précise Nicolas Sordet. Ciblant l’alimentation humaine, l’alimentation animale, les arômes et parfums, les lubrifiants, la science des matériaux et les sciences de la vie, les molécules produites par Afyren Neoxy pourront s’appuyer sur "les engagements pris par les grands acteurs du marché pour inclure dans leurs gammes des molécules biosourcées", explique Jean Saint-Donat, le président d’Afyren Neoxy. Le géant français de la cosmétique, L’Oréal, veut ainsi inclure 95 % d’ingrédients biosourcés dans ses gammes d’ici à 2030.

Un impact carbone inférieur de 81 % à son équivalent pétro-sourcé

"L’intérêt de notre procédé, c’est que notre livrable est très similaire d’application pour nos clients", se félicite Jean Saint-Donat. Concrètement, l’équipe d’Afyren Neoxy va utiliser "plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an" de mélasse et de pulpe de betterave, mélangées avec des bactéries dans quatre fermenteurs de 20 mètres de diamètres pour 20 mètres de haut, soit plus de 6 millions de litres, avant de passer le jus obtenu dans des tours de distillation. Présenté comme ayant un impact carbone inférieur de 81 % à son équivalent basé sur le pétrole, le procédé consomme "de l’électricité et de la vapeur", énergies disponibles sur la plateforme Chemesis. "Oui, nous sommes touchés par les hausses de coût de l’énergie", concède Nicolas Sordet. "Mais l’ensemble de nos concurrents l’est aussi, et encore plus les Allemands, très impactés par le prix du gaz." Le directeur général d’Afyren indique que les prix de l’énergie ne dépassent pas les "20 à 25 %" du coût de production des acides organiques biosourcés et que les clients ont déjà accepté des hausses de tarifs, liées au contexte de tension sur les prix de l’électricité et du gaz.

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