Lyon
Ziwig sur le point de commercialiser son test pour l’endométriose aux États-Unis
Lyon # Biotech # PME

Ziwig sur le point de commercialiser son test pour l’endométriose aux États-Unis

S'abonner

Après avoir fait la preuve de la valeur clinique et économique de son test salivaire pour l’endométriose en France, la biotech lyonnaise Ziwig s’attaque à son marché le plus ambitieux, les États-Unis. Forte de sa toute récente certification outre atlantique, la biotech lyonnaise prépare un déploiement industriel et commercial à très grande échelle, adossé à des partenariats pharmaceutiques majeurs.

Yahya El Mir : "Nous menons en parallèle des négociations avec plusieurs grands laboratoires. Un partenariat avec l’un d’entre eux devrait être signé dans les prochaines semaines pour distribuer notre test aux États-Unis, un marché incontournable pour l’innovation santé." — Photo : Ziwig

Pile poil un an après le déploiement en France de "Ziwig Endotest", le premier test salivaire permettant un diagnostic précoce de l’endométriose, la biotech lyonnaise Ziwig (une centaine de salariés, CA non communiqué) annonce que son dispositif vient d’obtenir la certification américaine pour son dispositif. Un sésame qui lui ouvre un marché incontournable avec ses 8 millions de femmes souffrant d’endométriose. 10 à 15 % de la population mondiale féminine en âge de procréer serait atteinte par cette pathologie. Le test s’adresse aux femmes symptomatiques dont l’imagerie ne permet pas d’établir un diagnostic clair.

Le test salivaire pour l’endométriose de Ziwig est basé sur les microARN, une nouvelle classe de biomarqueurs, qui a permis l’identification d’une signature spécifique de l’endométriose — Photo : Ziwig

Un parcours sans faute en France

"C’est notre plus gros challenge, un pays où l’on ne peut pas se rater compte tenu de la taille du marché et des investissements à engager", déroule Yahya El Mir, qui a fondé l’entreprise en 2020. Pour s’attaquer à ce gros morceau, la biotech a été "aidée" par son succès en France où son test est proposé dans le cadre du forfait innovation, dans 100 centres experts de l’endométriose (22 500 patientes bénéficiaires en 2026) et remboursé par l’assurance maladie (environ 800 euros par test).

"Un gage de qualité", selon le fondateur de l’entreprise. Ziwig a également décroché en juin 2024, le prestigieux Prix Galien International dans la catégorie " Best Medical Technology " qui récompense la meilleure innovation mondiale.

Un accord de licensing bientôt signé aux États-Unis

De quoi attirer l’intérêt d’une Big Pharma dotée d’un puissant réseau de distribution, étroitement connecté au monde médical. "Nous menons en parallèle des négociations avec plusieurs grands laboratoires. Un partenariat avec l’un d’entre eux devrait être signé dans les prochaines semaines", annonce le président de Ziwig, qui estime à plusieurs dizaines de millions d’euros le montant de l’investissement nécessaire pour commercialiser son produit.

Inauguré en 2024, le laboratoire d’analyse de Ziwig dans les Landes représente un investissement de 12 millions d’euros — Photo : Ziwig

Les tests seront traités par le Ziwig Lab (12 millions d’euros d’investissement), un laboratoire automatisé installé à Tercis-les-Bains, près de Dax dans les Landes. Cet équipement high-tech offre une capacité d’analyse de 4 500 prélèvements par semaine, avec une extension possible jusqu’à 9 000 prélèvements, ce qui permet de déployer la production des diagnostics à très grande échelle. En espérant que la réglementation américaine ne lui impose un jour d’analyser sur place ses tests, ce qui entraînerait la nécessité d’investir dans un laboratoire local, une réplique de son site landais.

Cap sur l’Allemagne

À côté de la France, qui continue de mobiliser les forces vives de Ziwig et des États-Unis, nouvelle terre de conquête, le potentiel commercial du test est colossal. Déjà enregistrée dans 37 pays, l’innovation de Ziwig devrait prochainement être disponible en Allemagne, grâce à un partenariat avec un grand laboratoire distributeur. "Le marché allemand est très structuré et solvable, avec une potentielle prise en charge par l’assurance maladie", commente M.El Mir.

Le chiffre d’affaires n’est pas dévoilé mais "le potentiel s’élève à 2 milliards d’euros à l’échelle mondiale", déclare Yahya El Mir, qui estime avoir utilisé 50 millions d’euros de financement depuis l’origine de la société, à 80 % en recherche et développement. Mais le chemin vers la rentabilité est encore long puisque selon le dirigeant, "dans le domaine de la biotech, il faut engager 150 millions d’euros pour dégager le premier euro de chiffre d’affaires".

Lyon # Biotech # PME # International # Investissement # Commercial # Innovation