Deeptech à l’origine d’un logiciel de réalité augmentée à destination des chirurgies "mini-invasives", ces opérations pratiquées à l’aide d’instruments miniaturisés, Surgar vient de boucler une levée de fonds de 11 millions d’euros. Et annonce avoir obtenu le marquage CE pour son dispositif médical U-Surgar. Dans un premier temps, la levée de fonds permettra à la start-up de commercialiser ce logiciel dédié aux opérations chirurgicales mini-invasives de fibrome et d’endométriose au sein de l’utérus.
Dans un deuxième temps, l’enveloppe financera la R & D des dispositifs à destination des opérations de cancers du foie et des reins. La start-up clermontoise prévoit également de renforcer ses équipes en recrutant une dizaine de personnes.
Plus d’une dizaine d’investisseurs…
Ce tour de table a rassemblé pas moins d’une dizaine d’investisseurs. Parmi eux, Bpifrance via son fonds Digital Venture, le fonds d’investissement early-stage parisien XAnge ainsi que la société de capital investissement européenne Elaia et Jacques Gardette (fondateur de Biocorp). Les investisseurs historiques tels que UI investissement, Crédit Agricole Capital Innovation, BNP Paribas, Crédit Agricole Centre France et la Banque Populaire AURA sont venus compléter le financement. Si le pourcentage d’entrée au capital de chacun des acteurs est confidentiel, parmi les 11 millions d’euros récoltés 2,5 millions d’euros sont non dilutifs (car apportés en subventions et avances). En 2020, une première levée de fonds avait déjà permis de récolter 1,75 million d’euros.
Rendre l’opération plus sûre et plus rapide
Grâce au dispositif Surgar, le chirurgien peut visualiser la structure interne des organes (tumeur, vaisseaux, canaux excréteurs) en temps réel. L’intervention chirurgicale est plus sûre, plus rapide et plus efficace avec un risque de complications chirurgicales divisé par deux, fait valoir l’entreprise. Les bénéfices pour les patients sont, eux, majeurs : moins de risques de récidive des cancers, moins de complications donc et un taux d’interventions supplémentaires par conséquent limité. La structure de soin réduira ses coûts, notamment grâce à un temps d’hospitalisation raccourcis et la rapidité du geste chirurgical que permet ce logiciel.
Le cofondateur de la start-up et chirurgien en gynécologie Nicolas Bourdel vise une dizaine de collaborations en France et en Europe d’ici 2025, la production de cinquante dispositifs par an ainsi qu’une implantation aux États-Unis d’ici 5 ans. "Notre ambition est de travailler main dans la main avec les professionnels et de recueillir leurs retours afin de proposer un dispositif médical qui a un réel impact sur la maladie et le traitement", développe-t-il.
12 ans de R & D
Fondée en 2019 par des professeurs des universités praticiens hospitalier, la start-up est le fruit de 12 ans de collaboration entre le CHU de Clermont-Ferrand et l’équipe EnCoV de l’Institut Pascal. Surgar allie intelligence artificielle, vision par ordinateur et expertise clinique. La start-up emploie aujourd’hui 33 salariés. Lauréate cette année du prix i-Nov (dans le cadre du plan France 2030), elle a décroché un financement de 1,9 million d’euros. La jeune pousse a aussi remporté une dizaine d’appels à projets d’envergure nationale et européenne.