La fédération des artisans boulangers du Finistère a désormais un concurrent. Le groupement libre des artisans modernes (Glam) a déposé ses statuts cet été. À l'origine de ce syndicat ?dissident?, un désaccord quant à l'ouverture sept jours sur sept. «Nous voulons ouvrir tous les jours, c'est interdit», indique le président du Glam, Jean-Yves Philippe. Depuis 1998, en effet, un arrêté préfectoral oblige les boulangers et tous les dépôts de pain à fermer un jour par semaine
(cf encadré). «C'est une décision prise au niveau national. C'est la confédération des artisans boulangers qui l'a voulu», explique l'actuel président de la fédération du Finistère, Bruno Strulliou.
Concurrence déloyale
Une aberration en 2010, selon Jean-Yves Philippe. «L'argument, c'est que ça donne un jour de repos aux salariés et au patron, mais de nos jours, les gens veulent pouvoir acheter leur pain tous les jours. Or, on force les boulangers qui veulent ouvrir toute la semaine à fermer. Et puis la convention collective prévoit déjà deux jours de repos hebdomadaire pour les salariés.» Mais le Glam dénonce surtout une «concurrence déloyale» de la part de certaines supérettes et chaînes de boulangerie - sandwicherie. Un problème que reconnaît Bruno Strulliou: «Si, au départ, les pouvoirs publics n'avaient pas laissé faire, on n'en serait pas là. Mais les lettres n'ont pas été suivies des faits et ils ont pu rester ouverts.» La fédération poursuit tout de même une poignée d'artisans boulangers qui ont décidé d'ouvrir tous les jours. «Mais pas les supérettes et les points chauds», remarque le président du Glam, dont le fils est l'un des professionnels poursuivis. «La fédération n'a pas les moyens financiers d'attaquer de grosses entreprises», rétorque le président de la fédération.
Réunion le 9septembre
Pour le Glam, «l'ouverture 7/7 permettrait aussi une augmentation du chiffre d'affaires: +15%. Quand on sait que le Finistère perd des boulangeries avec un solde de -50 l'année dernière, ça pourrait aider». Mais à la fédération, pas question de céder. «Ce n'est pas mon combat, lance son président. C'est de la confédération que ça vient. Si demain, on nous dit là-haut que ce n'est plus le cas, très bien. Mais en attendant l'arrêté existe. Nous voulons qu'il soit appliqué.» Et chaque partie avance ses chiffres: une «majorité pour garder l'arrêté», selon la fédération. «40% des points de ventes autour de Quimper souhaitent ouvrir», selon le Glam. Cependant aucune étude complète et objective n'existe. Le 9septembre, une réunion a lieu à la direction du travail pour tenter de trouver un terrain d'entente.
Contact. Glam: 06.07.18.62.98. Fédération des Artisans Boulangers et Boulangers-Pâtissiers du Finistère: 02.98.56.20.21.
Cet été, s'est créé un nouveau syndicat dans la boulangerie, le groupement libre des artisans modernes (Glam). Son but: en finir avec l'arrêté qui oblige les boulangeries et dépôts de pain à fermer un jour par semaine.