45-8 Energy est passée de l’exploration à la production
La start-up industrielle messine opérant dans l’exploration et la production d’hélium et d’hydrogène naturel, 45-8 Energy, vient de lancer la première production pilote ouest-européenne d’hélium sur son projet " Fonts-Bouillants ", situé dans la Nièvre. Un accomplissement pour la jeune pousse, qui s’appuie aujourd’hui sur une équipe de 33 personnes, et a pu financer son développement grâce à trois levées de fonds réalisées pour un montant total de 31,5 millions d’euros. Le décollage de l’activité semble se préciser comme Nicolas Pélissier, le dirigeant et fondateur de 45-8 Energy, l’a imaginé. Après l’octroi du permis d’exploration en 2021, les travaux exploratoires ont permis de confirmer le potentiel en hélium du sud-ouest de la Nièvre : c’est un premier gisement, situé à moins de 100 mètres de profondeur, qui est désormais exploité, avec pour objectif "d’étudier la viabilité technico-économique d’une production long terme de l’hélium". En parallèle de ces travaux sur le sol français, 45-8 Energy a lancé deux projets, nommés Humboldt et Fayette, aux États-Unis, grâce à une alliance avec la société H2AU : "Grâce au couplage de nos technologies propriétaires, de nos bases de données respectives et de nos équipes expérimentées, l’Alliance est particulièrement bien préparée pour un essai rapide et décisif aux États-Unis", estime encore Nicolas Pelissier, le dirigeant de 45-8 Energy.
Blackleaf va produire du graphène en Alsace
Lauréat de l’appel à projets Première Usine, le Strasbourgeois Blackleaf entend produire 120 tonnes de graphène, un matériau clé dans le stockage d’énergie notamment, en Alsace d’ici 2025. Avec ses solutions pour l’aéronautique, la chimie ou les batteries, la start-up veut prendre sa part dans la décarbonation de l’industrie. Avec un tour de table de 7 millions d’euros, la start-up veut développer un pilote industriel de production de graphène en périphérie strasbourgeoise. Spin-off issu du CNRS, après dix ans de recherche, et lauréat de l’appel à projets Première Usine dans le cadre de France 2030, Blackleaf veut faire naître un "projet industriel en Alsace avec une vraie capacité de production de graphène responsable", confie Yannick Lafue, le PDG de Blackleaf. Ce dernier compte aussi développer des produits mettant en œuvre du graphène. Le projet d’usine, estimé à 15 millions d’euros, devra entrer en pleine capacité début 2025.
Syntetica va prouver ses capacités à recycler du nylon
Dès le lancement de leur start-up Syntetica, Marco Bertone et Louis Monsigny savaient que "le projet nécessitait beaucoup d’argent. De l’argent pour les investissements mais aussi pour faire grandir l’équipe. Et notre objectif, c’était d’aller vite." Mission accomplie pour les deux dirigeants, installés à Reims, dans la Marne, qui ont levé un total de 4,2 millions d’euros, tout juste neuf mois après la création de leur start-up opérant dans le recyclage du nylon, en novembre 2023. Mené par EQT Venture et d’autres fonds comme Groupe Idec Invest, les Établissements Peugeot Frères, le Family Office du groupe Etam, Better Angle ou encore Volta Circle, ce tour de table intègre aussi des partenaires commerciaux comme Victoria Secret et Etam. Aujourd’hui, pour recycler du nylon, les procédés existant sur le marché consistent à chauffer les fibres à plus de 250°C pour les faire fondre, avant de les broyer pour récupérer la matière. "C’est un procédé qui consomme beaucoup d’énergie et ne permet pas de recycler des matières mélangées", pointe Marco Bertone. Or, l’immense majorité des textiles utilisés par l’industrie de la mode sont des mélanges : "Notre procédé permet de dépolymériser le nylon, c’est-à-dire de revenir à la matière vierge en détricotant les molécules", détaille le dirigent de Syntetica.
Elixir Health accélère son déploiement commercial
Spécialiste de l’IA en médecine reproductive, la start-up strasbourgeoise Elixir Health a bouclé une levée de fonds de 2 millions d’euros début 2024. Une étape supplémentaire qui doit notamment permettre d’accélérer le déploiement commercial de la jeune pousse, tout en poursuivant le développement de ses algorithmes d’IA dédiés à la fertilité puis au suivi de grossesse. Elixir Health a été créé pour répondre au manque de solutions afin d’améliorer les parcours de soins complexes en santé reproductive. L’infertilité est d’ailleurs devenue un problème de santé publique au niveau mondial et en France, d’autant qu’Emmanuel Macron a lancé en janvier un grand plan de lutte contre cette difficulté. Selon un récent rapport publié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 48 millions de couples et 186 millions de personnes sont touchés par l’infertilité dans le monde dont 3,3 millions de personnes en France. Pour l’heure, le CHU de Strasbourg utilise la plateforme de télésuivi entre patients et professionnels de santé développée par la jeune pousse. Son offre s’est depuis enrichie d’un module de monitoring ainsi que d’une application pour renforcer l’expérience patients. Cette version augmentée est en déploiement à l’Hôpital Américain de Paris.
Surge Care vise déjà l’international pour ses solutions d’analyse immunitaire
Spécialisée dans l’analyse immunitaire de précision, la start-up strasbourgeoise Surge Care a levé 7,5 millions d’euros afin de pouvoir commercialiser en France et aux États-Unis PreCyte, son test prédictif des complications postopératoires digestives. La start-up avait déjà levé 2,5 millions d’euros en 2022, qui ont permis de mener des essais cliniques auprès de 283 patients en collaboration avec l’hôpital Foch et l’APHP. Surge Care a démarré à la fin 2023 la commercialisation de sa solution qui permet d’acquérir une cartographie immunitaire d’un patient à partir d’un test sanguin analysé au sein du laboratoire de Surge Care, domicilié dans les murs de l’hôpital Cochin à Paris. L’étape suivante concerne la prédiction des risques de complications postopératoires à la suite d’interventions digestives.
Latitude veut faire décoller son lanceur fin 2025
Pendant l’été 2024, Latitude, basé à Reims, est rentrée dans un club très fermée : celui des start-up soutenues dans le cadre de l’EIC, le Conseil européen de l’innovation, Accelerator, un programme européen soutenant les projets d’entreprises à fort contenu innovant et avec un impact potentiel à l’échelle mondiale. Il faut dire que l’ambition de Latitude est immense : envoyer fin 2025 un lanceur dans l’espace. Spécialisée dans le domaine de la conception de lanceurs de satellites légers, Latitude compte déjà des clients institutionnels, le CNES et l’État, ainsi qu’un client privé, Prométhée Earth Intelligence. L’entreprise qui emploie 130 salariés pour 10 000 euros de chiffre d’affaires en 2023, a bouclé une levée de fonds de 27 millions d’euros début 2024, pour un total de 50 millions d’euros levé depuis 2019. Avec les sommes levées, l’équipe de Latitude compte notamment produire en interne les turbopompes de son lanceur, baptisé Zéphyr. "La turbopompe constitue l’un des éléments critiques d’un moteur-fusée. Pouvoir développer et fabriquer cette pièce en interne est un élément clé de notre stratégie industrielle", explique Stanislas Maximin, le dirigeant de Latitude.
Ta-Da nourrit les entreprises de l’intelligence artificielle avec des données
Pour être capable de répondre à ses utilisateurs, l’intelligence artificielle se nourrit de données. C’est ce constat qui a poussé William Simonin, cofondateur et dirigeant de la start-up messine spécialisée dans la reconnaissance vocale Vivoka, à lancer Ta-Da, un nouveau service de collecte de données. À peine lancée, la jeune pousse messine a annoncé une levée de fonds de 3,5 millions de dollars. Ce financement va permettre une stratégie de déploiement mondial, avec notamment une implantation aux États-Unis, et un plan de recrutement pour accompagner la croissance. D’après les éléments rassemblés par William Simonin, les entreprises opérant dans l’intelligence artificielle ont dépensé l’année dernière plus de 60 milliards de dollars pour acheter des données. Lancés il y a plus de deux ans, les développements de l’équipe de Ta-Da ont abouti à une solution de création, de vérification et de collecte de données basée sur la blockchain, technologie permettant de garder la trace d’un ensemble de transactions de manière décentralisée et sécurisée. Sur la plateforme, les utilisateurs de Ta-Da vont être mis à contribution pour créer et valider la donnée, puis seront rémunérés une fois leurs travaux validés, à un tarif fixé en fonction de l’offre et de la demande entre l’entreprise et la communauté d’utilisateurs. Après deux ans de travaux menés dans l’ombre, la communauté dépasse aujourd’hui 5 000 utilisateurs et affiche une capacité de gestion de plus de 100 000 tâches en une journée, allant jusqu’à 2 millions de tâches en 2 semaines.
StemInov veut exploiter le potentiel thérapeutique des cellules souches
En décrochant un financement public de 5,2 millions d’euros avant l’été 2024, la start-up nancéienne StemInov, en partenariat avec le Centre hospitalier régional universitaire de Nancy, a franchi une étape majeure pour exploiter le potentiel thérapeutique des cellules souches issues du cordon ombilical. Fondée en 2019 sur la base des travaux menés par Danièle Bensoussan, cheffe de service de l’Unité de thérapie cellulaire et banque de tissus du CHRU de Nancy, StemInov a fait la preuve de l’efficacité des cellules souches présentes dans la gelée de Wharton, ce tissu dont le rôle est d’entourer et protéger les vaisseaux du cordon ombilical, contre le choc septique et le syndrome de détresse respiratoire aigu. Objet de plus de 400 essais thérapeutiques à travers le monde, ces cellules sont toujours issues de prélèvement : l’équipe de Steminov maîtrise l’amplification des cellules, en trois dimensions. "Et en obtenant de meilleurs rendements, nous allons aussi réussir à diminuer le prix de ce type de thérapie", pointe la présidente de StemInov, Julie Hutin.