Studio de création indépendant en e-learning et jeux vidéo, Bip média s'est récemment retrouvé sous les feux des projecteurs pour la réalisation du jeu «Plus belle la vie» sur Nintendo DS. Passée dans le top 20 des ventes françaises de jeux vidéo à Noël, l'adaptation de la série de France3 a en effet offert à Bip média une notoriété inattendue. Mais l'entreprise, créée en 2004 n'a pas attendu ce succès pour se faire une place dans l'industrie des jeux vidéo.
Les agréments Nintendo une des clés de la réussite
D'abord orientés vers la production de produits pour PC, «nous avons ensuite pris le train du progrès technologique pour nous installer sur le marché de la Nintendo DS», explique Thierry Platon, directeur création chez Bip média. Et, depuis, le studio hyérois a grimpé les échelons, un à un. En mars2007, il obtient l'agrément développeur Nintendo, qui permet l'accès aux kits de développement nécessaires à la réalisation des jeux de la célèbre marque japonaise. Puis, début 2009, Bip média a été agréé éditeur Nintendo pour consoles DS et Wii, lui permettant de dupliquer ses propres créations au sein de l'usine japonaise.
La conquête de l'Amérique
Aujourd'hui, avec de nombreuses idées dans les tiroirs et des réalisations qui leur sont propres, comme «My farm around the world», les dirigeants de Bip veulent s'affranchir des frontières. «Il existe dans le monde 3 zones de jeux. Une européenne, une asiatique et une américaine. Aujourd'hui, nous réalisons 33% de notre CA, à l'export, principalement sur l'Europe», explique Thierry Platon. Objectif en 2009: se faire une place sur le marché outre-atlantique. Une 1re étape aux Etats-Unis a été franchie fin décembre via la signature d'un accord avec un éditeur américain pour la distribution du jeu «My farm around the world». Pour la seconde étape, rendez-vous est pris à San Francisco au mois de mars lors du plus grand salon international du jeu vidéo et des loisirs interactifs. Parallèlement à cette volonté d'ouverture internationale, Bip poursuivra en 2009 la diversification de son offre, en ciblant notamment le marché des serious games.
Les "Serious games"
Déjà bien développés aux États-Unis, ces jeux visent à former, communiquer, sensibiliser ou informer. Selon les sujets, ils peuvent viser un public bien plus étendu que les jeux vidéo. Ils sont aussi généralement plus faciles à réaliser. Sophie-Anne Bled, directrice, y voit bien sûr une opportunité de développement, mais aussi un moyen pour Bip de véhiculer des valeurs, «comme le respect d'autrui ou du monde dans lequel nous vivons. Nous voulons considérer le jeu comme un média culturel pour tous». Ainsi, à l'image de l'ouverture des consoles Nintendo DS et Wii, Bip média imagine, via les serious games, tisser des liens avec un nouveau public, et notamment avec des entreprises varoises, désireuses de communiquer différemment. L'ensemble de ces projets nécessitent des financements plus importants. Thierry Platon n'exclut donc pas d'ouvrir le capital de l'entreprise à des financements privés, type Business Angels.
Fin 2008, le studio de création Bip média a bénéficié d'un énorme coup de pub. En cause: la réalisation du jeu vidéo «Plus belle la vie». Aujourd'hui, elle se sent pousser des ailes et développe de nombreux projets pour conserver une longueur d'avance.