Le Grand Hôtel de Courtoisville, à Saint-Malo, va rouvrir ses portes en décembre prochain. Il sera le dixième établissement du groupe hôtelier rennais Beautiful Life Hotels (BLH), créé en 2018 par l’entrepreneur Gérard Jicquel. Dirigé par sa fille Aurélie Durand, le groupe a fait l’acquisition en 2021 de ce célèbre établissement malouin datant de 1906, situé à deux pas de la place du Sillon.
20 millions d’euros investis à Saint-Malo
Il l’a transformé et agrandi pendant trois ans, créant 63 chambres, un spa de 800 m², un jardin et un restaurant bistronomique. Un investissement de 20 millions d’euros qui permet d’ajouter un 4 étoiles au portefeuille déjà bien garni de ce "jeune" acteur rennais du secteur.
Bientôt deux hôtels vont passer en 5 étoiles
L’aventure de BLH a en effet démarré il n’y a pas si longtemps, avec le rachat du Royal Émeraude à Dinard, en 2018. De coups de cœur en opportunités, le groupe rachète des établissements en Bretagne essentiellement, mais aussi à Nantes, La Baule (Loire-Atlantique), La Rochelle (Charente-Maritime) et Versailles (Yvelines).
"Notre région ne compte pour l’instant pas beaucoup de cinq étoiles. Nous y avons donc toute notre place"
Tous sont pour l’heure des quatre étoiles. "Nous allons en faire basculer deux en cinq étoiles, annonce Aurélie Durand, sans les dévoiler pour l’instant. Certains de nos produits ont le niveau mais ne se sont jusqu’alors pas positionnés sur leur vrai marché. Le secteur des quatre étoiles est déjà très concurrentiel alors que notre région ne compte pour l’instant pas beaucoup de cinq étoiles. Nous y avons donc toute notre place."
L’ambition de BLH est bel et bien là : se positionner sur le marché de l’hôtellerie haut de gamme voire du luxe dans l’Ouest (CA non communiqué). "Nous ne voulons pas faire du volume, avoir la plus grande collection d’hôtels, mais avoir la plus belle", espère Aurélie Durand, qui est au capital du groupe aux côtés de son père et de sa sœur Sylvie Jicquel-Robinet.
Un futur établissement avec vue sur mer dans le Morbihan
La preuve : le groupe a actuellement dans les starting-blocks un futur hôtel cinq étoiles dans le Morbihan. Il a réalisé l’acquisition d’un ancien hôtel avec thalassothérapie, devenu centre de vacances, dont il va effectuer la transformation. Le permis de construire a été déposé et est en cours d’instruction. L’établissement proposera à terme, si tout va bien, 56 chambres, dont les trois-quarts auront vue sur mer.
"C’est un type de produit que nous n’avions pas jusqu’alors", se réjouit la dirigeante, amoureuse des beaux endroits, de la décoration raffinée et d’un service client personnalisé. "Nous allons contre toute standardisation", poursuit-elle. Cette offre complémentaire devrait voir le jour d’ici à 2027 ou 2028.
Un restaurant désormais étoilé et des embauches prévues
En attendant, Beautiful Life Hotels recrute, pour renforcer son équipe de 500 collaborateurs. 70 embauches sont prévues d’ici fin 2025, notamment pour accompagner la réouverture du Grand Hôtel de Courtoisville. Il veut aussi continuer d’améliorer l’offre de ses neuf établissements ouverts actuellement. Parmi les dernières nouveautés, son Domaine de Locguénolé, près de Lorient, rouvert depuis 2024 (après avoir injecté 30 millions d’euros de travaux), a obtenu une étoile au guide Michelin pour son restaurant L’Inattendu.
"Nous diversifier vers la restauration n’est pas une fin en soi, nous ne cherchons pas spécifiquement à décrocher des étoiles, précise Aurélie Durand. Mais la restauration et la gourmandise vont avec le côté hospitalité et l’attention portée au service."
BLH aime toutefois innover en la matière. Au Grand Bé, son autre hôtel malouin, il a ouvert pour cet été un restaurant éphémère avec la Maison Morisseau, producteur de moules en baie du Mont-Saint-Michel. Aux Étangs de Corot (Versailles), il a remis au goût du jour le "tea-time" avec le chef pâtissier Baptiste Vial, et la guinguette pour les soirées estivales. À La Baule, le Saint-Christophe se met, lui, aux "garden-partys".
Deux vignobles à relancer en complément
Le groupe hôtelier se diversifie par contre dans la viticulture. Il a entrepris de relancer deux vignobles tombés en désuétude dans le Bordelais. Le Domaine Agassac et le Château Fourcas Dupré produisent 250 000 bouteilles par an chacun. Distribués dans les réseaux traditionnels, en direct ou sur des salons, ils sont également proposés en dégustation dans les établissements du groupe.
"C’est une passion de mon père, raconte Aurélie Durand. Elle fait le lien avec l’hospitalité et la gourmandise, que nous mettons en œuvre dans nos établissements. Investir dans le vin cela signifie défendre l’univers agricole et les valeurs françaises. Ce sont de beaux métiers qui méritent d’être mis en avant." BLH travaille donc à les faire revivre. Il a rénové les domaines et a même ouvert un musée au Château Fourcas Dupré, qui dispose encore d’outils de vinification à l’ancienne.