Bâtiment : "Le secteur reste paralysé par la crise politique", dénonce la Capeb
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Bâtiment : "Le secteur reste paralysé par la crise politique", dénonce la Capeb

Fédérant les artisans du bâtiment, la Capeb tire la sonnette d’alarme sur la santé du secteur en France. Activité en berne, carnets de commandes qui s’effritent, multiplication des licenciements : la crise politique pèse sur le secteur, peste l’organisation patronale.

Au deuxième trimestre, l’activité du bâtiment a reculé de 4,5 % par rapport à la même période en 2024 — Photo : bogdanhoda

Pas d’amélioration en vue pour les 500 000 entreprises artisanales du bâtiment en France. Au deuxième trimestre, l’activité du secteur a reculé de 4,5 % par rapport à la même période de 2024. La construction neuve est la première impactée, avec une chute de l’activité de 9 %. Mais le segment de l’entretien-rénovation s’enlise aussi, accusant un repli de 1,5 %. Même les travaux d’amélioration énergétique des bâtiments déclinent (de 1,5 %).

L’avenir ne laisse pour l’instant entrevoir aucune forme d’amélioration. Les carnets de commandes des artisans s’amenuisent. Ils ne représentent plus que 68 jours de travail en moyenne, soit 4 jours de moins qu’il y a un an.

28 000 emplois supprimés en un an

Conséquences de cette crise qui se poursuit mois après mois : les trésoreries se tendent et l’emploi recule. Dans les entreprises du BTP de moins de 20 salariés, 28 305 emplois ont été supprimés en un an, indique la Capeb. Le secteur emploie désormais 570 000 salariés. Depuis le deuxième semestre 2024, les intentions de licenciements (12 % des entreprises envisagent de se séparer au moins d’un salarié au deuxième semestre 2025) dépassent les projets de recrutement (seules 7 % des entreprises ont des projets d’embauche).

L’incertitude impacte les décisions des ménages

Pour la Capeb, "le secteur reste paralysé par l’instabilité politique". D’abord, "les changements de gouvernement successifs depuis 2023 ont stoppé net les réformes en cours", indique l’organisation patronale présidée par Jean-Christophe Repon, citant en particulier la réforme, très attendue par les chefs d’entreprise, de la simplification administrative.

L’instabilité politique pèse aussi sur les décisions des ménages. "L’incertitude institutionnelle et budgétaire entraîne une démobilisation, affecte la demande des clients et donc l’activité", peste la Capeb. Les projets de construction ou de rénovation de logements "sont reportés ou annulés, faute de confiance en l’avenir et de visibilité sur les politiques publiques".

Enfin, les tours de vis sur les finances publiques ne sont pas en mesure de relancer le secteur. Au contraire, les tergiversations autour de MaPrimeRénov' "prive brusquement les ménages et les artisans d’un soutien financier". Et depuis ce mois de septembre, les aides publiques via ce dispositif ne s’appliquent plus pour l’isolation des murs – seule celle des combles et des sols demeure subventionnée.

Espoirs estivaux

Lueur d’espoir, cet été plusieurs avancées ont été obtenues par les professionnels du bâtiment auprès du ministère du Logement. Comme la simplification de la qualification permettant d’obtenir le label RGE, octroyé aux artisans reconnus en matière de rénovation énergétique, ou encore une amélioration du dispositif MaPrimeRénov' (avec l’élaboration d’un parcours de rénovation énergétique par gestes). "Nous attendons l’aboutissement des travaux engagés avec le ministre du Logement", indique Jean-Christophe Repon. Ce qui suppose évidemment que le ministre soit toujours en poste dans les prochains jours…

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