Comment abordez-vous votre responsabilité à la tête de l’acte II du dispositif "Territoires d’industrie" dans le Val de Lorraine, ce dispositif imaginé par le gouvernement pour lancer la reconquête industrielle ?
La démarche est animée par un binôme, composé d’un industriel et d’un élu. Au côté du président du Bassin de Pompey, Laurent Trogrlic, mon travail sera de réfléchir sur les différentes problématiques. Mon objectif n’est pas de porter la voix de tous les industriels, mais d’apporter une vision qui ne soit pas que politique de ce que nous allons faire de l’initiative "Territoires d’industrie", afin de pouvoir vraiment apporter du concret, comprendre comment il est possible de faire fonctionner le dispositif pour que cela soit utile.
La feuille de route est-elle déjà prête ?
Pour l’instant, la feuille de route n’est pas encore figée. Évidemment, il y a déjà quelques thèmes que nous avons mis ensemble dans ce "Territoires d’industrie", notamment au niveau de la formation ou du recrutement. Sur le recrutement, c’est un thème qui revient sans cesse et qui est très important pour tous les industriels de la région. Plus largement, rendre l’industrie plus attractive pour pouvoir avoir des talents qui vont venir travailler chez nous est un enjeu majeur. La partie féminisation m’intéresse encore plus parce que je trouve que nous devons arriver à nous améliorer. Sur le développement durable, l’échelle locale est une échelle assez importante pour agir, parce qu’il est possible de faire beaucoup de choses localement. En travaillant avec l’industriel voisin, il peut y avoir des synergies, il peut y avoir des choses à développer ensemble. J’ai déjà vu différents modèles fonctionner dans des zones industrielles. Et puis cela peut être de l’échange de bonnes pratiques, tout simplement. Qu’est-ce qu’on fait pour réduire sa consommation d’eau, par exemple.
Le changement d’échelle de l’acte II ne risque-t-il pas de diluer la portée de vos initiatives ? Du Val de Lorraine, le territoire a été élargi à la Métropole du Grand Nancy et la Communauté de communes de Sel et Vermois.
La taille du Territoire d’industrie n’a pas changé énormément. Typiquement, il n’y avait pas la métropole de Nancy au démarrage, alors que si on pense recrutement, personnel, c’est important d’avoir aussi des endroits où il y a des gens, et pas seulement des endroits où il y a des industries. Réfléchir à l’échelle du bassin d’emplois, cela permet de rapprocher vraiment tous les acteurs. Ensuite, c’est surtout le nombre de territoires concernés au niveau national qui a évolué. Il y en avait 15, pilotes de la démarche en France, et maintenant c’est 183. Mais l’échelle reste locale.
Au dispositif "Territoires d’industrie" sont attachés certains outils de financement. Y a-t-il urgence à sortir les projets pour être financé ?
Oui, il faut désormais aller assez vite. Et je pense que cette vitesse d’exécution, nous l’obtiendrons en comprenant bien le mode de fonctionnement des industriels. Car nous, industriels, nous avons nos plans d’action, notre vision, notre plan qui est déjà ancré, donc l’idée est de créer des synergies avec ce qui existe déjà et de comprendre ce que nous pouvons faire dans le cadre d’un réseau comme Territoires d’industrie.
Cette coordination va-t-elle passer par des rendez-vous au contact des industriels, sur le terrain ?
Nous avons déjà eu un certain nombre de réunions de travail avec des industriels du territoire, pour échanger sur les problématiques qui nous semblaient importantes et que nous souhaitions intégrer dans la définition du plan d’actions. Maintenant, nous allons entrer dans une phase plus concrète pendant laquelle il va falloir arriver à utiliser des fonds pour pouvoir mener des projets intéressants sur le territoire. Pour porter toute la dynamique, il faudra certainement arriver à recruter un chef de projet.