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Avec ses masques d'hypnose connectés, DreaminzZz vise l'Europe et les femmes
Vaucluse # Industrie # Innovation

Avec ses masques d'hypnose connectés, DreaminzZz vise l'Europe et les femmes

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L’entreprise basée à Montfavet, près d’Avignon, sort une deuxième version de son produit censé aider ses utilisateurs à améliorer leur développement personnel, gérer le stress et la douleur ou combattre, par exemple, des phobies chez les enfants. Des applications liées à la sexualité ainsi qu’un sextoy connecté pour les femmes seront bientôt lancés par la marque qui revendique environ 220 000 utilisateurs et affiche des ambitions dans plusieurs pays.

Les deux cofondateurs de DreaminzZz et du masque Hypnos : Kevin Kastelnik et Guillaume Gautier — Photo : DR

Cela ressemble à un masque d’avion pour dormir. En plus cossu. Créée en 2015, la société vauclusienne DreaminzZz poursuit son développement sur le marché de plus en plus porteur de l’hypnose et du bien-être personnel en lançant la seconde version de son dispositif baptisé Hypnos 2. Un produit "100 % made in France comprenant trois LED multicolores devant chaque œil, une fonction vibrations et des écouteurs" explique le PDG et cofondateur de la société, Guillaume Gautier. Connecté à près de 300 séances disponibles sur des applications pour smartphone, ce matériel ambitionne de récréer des conditions d’autohypnose "comme en cabinet", une sorte de bulle sensorielle, pour, entre autres, aider à perdre du poids, retrouver le sommeil, arrêter de fumer, affiner la préparation mentale des sportifs, mais aussi gérer le stress d’une opération chirurgicale ou des phobies à tout âge, promet le fabricant.

Fabrication au salon

Ce lancement marque une nouvelle étape économique pour l’entreprise qui a réalisé l’an dernier 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et vise les 5 millions en 2025. Ce n’était pourtant pas forcément gagné si l’on remonte à la genèse de l’histoire. "J’étais patricien et formateur en hypnose. Un jour, j’ai rencontré mon voisin, Kevin Kastelnik (aujourd’hui DG de DreaminzZz), ingénieur des Arts et Métiers. Très vite, on s’est demandé comment on pouvait mettre l’outil hypnotique dans les mains du plus grand nombre. Ça a vite pris la forme d’un masque et d’une application. On a commencé à fabriquer dans nos salons pour des kinés, puis d’autres pros de la santé ", se souvient Guillaume Gautier. Nature & Découvertes en a, ensuite, commandé mille exemplaires "après que nous avons refusé une première demande de 300, car les délais étaient trop courts pour nous". Fin 2017, la machine était lancée.

Dans les établissements de santé

D’autres enseignes connues, comme la Fnac et Boulanger, ont suivi et "nous ont permis de nous faire connaître", souligne-t-il. Après deux levées de fonds en 2018 (100 000 euros) et 2022 (1 million d’euros), la marque s’est structurée. Elle compte aujourd’hui onze salariés et assemble elle-même, dans ses locaux à Agroparc, des sous-éléments conçus dans l’Hexagone tels "que l’électronique à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), les mousses issues de l’industrie automobile dans le Loiret ou les sangles réalisées par une entreprise qui faisait auparavant des bas féminins".

DreaminzZz revendique 220 000 à 230 000 utilisateurs de ses séances d’hypnose et une présence dans 200 établissements de santé (CHU, dentistes, cliniques, kinés…). Elle vend aujourd’hui la plus grande partie de ses dispositifs sur son site internet pour une clientèle âgée de 30 à 60 ans, à 70 % féminine.

"Histoires sensuelles"

La cible des femmes est d’ailleurs l’une de ses grandes priorités du moment. DreaminzZz vient ainsi de sortir des séances autour de la sexologie (communication dans le couple, comment stimuler sa libido…) mais également du plaisir féminin grâce à "des histoires sensuelles" à écouter, toujours en utilisant les fonctions immersives du masque. "Nous développons aussi un sextoy connecté, il est en production", complète le patron.

Le développement de la start-up passe en parallèle par une volonté d’expansion en Europe. "Nous avons traduit les programmes en anglais pour tout le volet Royaume-Uni, dit Guillaume Gautier. Nous avons commencé en espagnol. Après ce seront l’allemand et l'italien." Le produit vendu entre 79 et 189 euros, présenté par le passé au CES de Las Vegas, le salon mondial de l’innovation technologique, va-t-il profiter d’une concurrence qui n’a encore pas tombé le masque? Guillaume Gautier y croit : "Nous n'avons jamais réellement été copiés alors que nous pensions que ce serait le cas."

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