A.S.Saint-Etienne : Le club soigne ses finances et prépare l'avenir
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A.S.Saint-Etienne : Le club soigne ses finances et prépare l'avenir

Après deux années déficitaires, l'ASSE a bouclé la saison 2010-2011 avec un résultat net positif. Pour pérenniser le club, la direction mise sur la rigueur et sur de nouvelles recettes.

«Sortir du rouge était mon objectif prioritaire quand il y a dix-huit mois j'ai repris la direction du club. Je suis heureux d'avoir redressé la situation car, sans de bonnes finances, un club ne peut réussir dans la durée sur le plan sportif», commentait le président de l'A.S.Saint-Etienne, Roland Romeyer, à l'issue du conseil de surveillance du 29juin dernier. Après deux exercices déficitaires (-4M€ sur 2008-2009 et -2,5M€ sur 2009-2010), le club a terminé la saison 2010-2011 avec un résultat positif de l'ordre de 2M€. Dans un contexte économique difficile, et alors que la suppression du droit à l'image collective (DIC) a engendré un surcoût de près de 3M€, «l'ASSE sera l'un des rares clubs bénéficiaires en Ligue 1 sur la saison 2010-2011», précise un communiqué.




Payet comble le déficit

Si à la direction du club, on se félicite du plan d'économie et de développement mis en place, avec notamment «une baisse de près de 30% de la masse salariale», liée à l'adoption des futures règles du fair-play financier (23 joueurs sous contrat professionnel), en réalité c'est bien la vente de Dimitri Payet qui a permis de faire basculer les comptes dans le vert. Transféré à Lille pour un montant avoisinant les 9M€ (hors bonus), le Réunionnais a permis au club d'épurer un déficit annoncé de 7M€. Sortie in extremis du rouge, l'A.S.Saint-Etienne planche désormais sur les saisons à venir, avec pour premier objectif de trouver les ressources nécessaires pour équilibrer un budget prévisionnel 2011-2012 qui devrait avoisiner les 52M€ (le 8e budget de L1). Une prouesse d'autant plus délicate à réaliser que les finances du club, travaux du stade Geoffroy-Guichard obligent, seront amputées d'environ «1,5 à 2M€ de recettes billetterie», estime Stéphane Tessier, membre du directoire en charge des questions économiques au club.




Rigueur budgétaire

Pour pallier ce manque à gagner ajouté à la baisse attendue des droits TV en France pour la période 2012-2016 (600M€ environ contre 668M€ actuellement) et la tendance, elle aussi orientée à la baisse, des recettes merchandising, la direction entend bien poursuivre sa chasse aux coûts. Passée de 57% des dépenses du club sur la saison 2009-2010 à moins de 45% sur le dernier exercice, la masse salariale devrait encore être revue à la baisse cette saison. Pour y parvenir, la direction de l'ASSE s'est efforcée, cet été, de se séparer de ses plus gros salaires et de mettre en place une nouvelle grille, avec une part fixe (60%) plafonnée et une part variable (40%) liée aux résultats. «En gros, les salaires sont aujourd'hui 2,5 à 3 fois moins importants que ce que le club a connu ces dernières années», assure Stéphane Tessier.




Les petits produits en hausse

Si la rigueur budgétaire est de mise, le club s'active aussi pour développer ses recettes. Dans cette optique, Sportfive, qui a repris en juin2010 la gestion commerciale du club, a enregistré cet été l'arrivée d'un nouveau partenaire maillot, Mister-auto.com. Partenaire qui vient compenser le départ de Kaspersky, permettant ainsi au club d'avoir un maillot valorisé pour cette nouvelle saison à près de 3M€. La politique d'ouverture en direction des PME stéphanoises commence elle aussi à porter ses fruits. «L'activité commerciale a enregistré une croissance légèrement en dessous des 10 points de croissance prévue. Et ce notamment grâce à des petits produits, délaissés ces dernières années, comme la panneautique LED, plus abordable pour nos PME que les grands panneaux», précise Stéphane Tessier.




Nouvelles recettes en vue

Conscient que cette augmentation de l'activité commerciale ne suffira pas à boucler le budget de la saison à venir et à financer des investissements à plus long terme, la direction de l'ASSE a dû se résoudre à laisser filer une partie importante de son actif joueur. Les ventes de Blaise Matuidi (environ 9M€) au PSG et d'Emmanuel Rivière à Toulouse (environ 6M€) n'ont donc qu'en partie été réinvesties dans le projet sportif à court terme (achat de nouveaux joueurs). Le reste pourrait servir dans les prochains mois à financer le rachat du Centre de l'Etrat, propriété de Saint-Étienne Métropole. Un projet qui devrait mobiliser entre 8 et 10M€. Un investissement conséquent, mais ô combien stratégique pour le club qui souhaite avoir la maîtrise totale de ses installations pour développer une activité séminaire et formation pour les PME.

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