Appâts de l'Artois : Un parc d'attraction sur la pêche en projet à Saint-Amand-les-Eaux
# Commerce # Implantation

Appâts de l'Artois : Un parc d'attraction sur la pêche en projet à Saint-Amand-les-Eaux

À Loison-sous-Lens, la PME Appâts de l'Artois entend déployer en France son concept de magasins proposant des articles de pêche. En 2017, un commerce est annoncé à Reims, ainsi qu'un complexe de six hectares lié à la pêche, près de Valenciennes, pour un investissement de 10 millions d'euros.

Ancien salarié du groupe Decathlon, Germain Woets s'est lancé dans l'aventure entrepreneuriale à l'âge de 24 ans. Après avoir été grossiste en produits pour la pêche de 2007 à 2009, il décide d'ouvrir ses propres magasins. Baptisée Appâts de l'Artois, son enseigne commercialise tout type de produits pour les particuliers passionnés de pêche, à travers deux magasins : un premier de 500 m² à Loison-sous-Lens et un second de 600 m² à Bruay-la-Buissière. Avec un chiffre d'affaires d'1,65 million d'euros en 2015, pour un résultat net de 30.000 euros, l'enseigne entend bien poursuivre son développement. D'ici à 7 ans, Germain Woets s'est fixé comme objectif un chiffre d'affaires de 9 à 10 millions d'euros. Celui-ci passera par l'ouverture de cinq à six magasins en propre et le lancement de son concept en franchise. « La pêche est un secteur en croissance régulière en France, de l'ordre de 3 à 4 % », indique le jeune dirigeant. Celui-ci vient d'obtenir un financement de 150 000 euros de la part du nordiste Autonomie & Solidarité et compte solliciter prochainement d'autres capital-risqueurs. La création d'un parc d'attraction de six hectares, entièrement dédié à la pêche, est aussi prévue fin 2017. Annoncé à Saint-Amand-les-Eaux ce complexe représentera un investissement de 10 millions d'euros.

Le déploiement des magasins

« Il est possible d'ouvrir 40 magasins de ce type en France, qui peuvent faire chacun un chiffre d'affaires d'un million d'euros, avec une marge à 10 points », indique Germain Woets. Pour tenir ces objectifs chiffrés, les futurs magasins afficheront une surface supérieure aux deux existants, qui sera d'environ 1.000 m². Et ils commercialiseront non seulement des articles de pêche, mais aussi des produits liés à la nature (randonnées, coutellerie, etc.), afin de palier la saisonnalité de l'activité. Un permis de construire est d'ores et déjà déposé à Reims, pour une ouverture programmée en juin 2017. Si les départements du Nord et du Pas-de-Calais ne devraient pas compter d'autres magasins, en raison notamment du poids de la concurrence belge du côté de Lille et d'une pêche en mer très réglementée sur le littoral, Amiens et le département de l'Aisne sont clairement en ligne de mire.

La création de marques propres

Si Germain Woets affiche de telles ambitions, c'est qu'il a déjà eu la preuve que son concept de magasins indépendants pouvait faire mouche : « Dès la première année, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 200 000 euros avec un seul magasin. Et nous avons atteint 600 000 euros dès la deuxième année, pour un résultat net de 100 000 euros ». Un engouement de la clientèle que le jeune dirigeant explique ainsi : « Nous avons réussi à vendre toutes les grandes marques d'articles de pêche, en les proposant 15 à 20 % moins cher que nos concurrents, qui sont des grandes chaînes, tout en dégageant plus de marges qu'eux. Nous avons moins de charges de fonctionnement ! ». Des marges que le dirigeant souhaite encore améliorer par la suite : « J'ai structuré l'entreprise avec un outil informatique qui va permettre de gérer un magasin avec seulement trois salariés, là il en faut plus de cinq pour nos concurrents ». Germain Woets a également lancé, il y a quatre ans, trois marques propres, essentiellement sur des appâts, qui représentent actuellement 10 % du chiffre d'affaires. « L'objectif est qu'elles atteignent 50 % du chiffre d'affaires car nous margeons mieux sur celles-ci », note le dirigeant. Les produits de ses trois marques propres sont actuellement fabriqués en interne, à Loison-sous-Lens : « Dès que j'aurai un nombre suffisant de magasins, j'envisage de les faire fabriquer en Asie, comme 90 % des articles de pêche sur le marché aujourd'hui, pour dégager encore plus de marge », explique Germain Woets.

Un complexe à 10 millions d'euros

Si la pêche a en France une image que le jeune dirigeant n'hésite pas à qualifier de « ringarde », il n'en est rien dans les autres pays. « La France a 30 ans de retard ! », s'agace-t-il, avant de comparer : « Aux États-Unis, il y a 120 millions de pêcheurs, des compétitions assez classes le week-end et certains pêcheurs sont de vraies stars. Il a aussi 3,5 millions de pêcheurs en Angleterre et ne parlons même pas du Japon ou de l'Asie en général ! » Un phénomène qui commence à arriver à Paris selon Germain Woets et dont l'entrepreneur compte bien profiter avec un projet de parc d'attraction autour de la pêche. Comprenant un étang de pêche, des restaurants, des hôtels ou encore une école de pêche, celui-ci doit voir le jour fin 2017 à Saint-Amand-les-Eaux, sur un terrain de 6 hectares, après un investissement de 10 millions d'euros. « Le financement est déjà bouclé », annonce le dirigeant, qui s'est associé dans cette aventure avec le propriétaire du terrain, à hauteur de 50 %. Ce complexe devrait employer de 20 à 30 personnes et attirer une clientèle de touristes étrangers. « Ce sont des projets ambitieux et l'avenir me dira si je me trompe ou pas mais je pense être en mesure de le faire », conclut Germain Woets. Ce futur complexe et les prochains magasins hors région porteront un autre nom qu'"Appâts de l'Artois", à sonorité anglo-saxonne.

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