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Biohap lance la commercialisation de son matériau filtrant pour la dépollution des eaux industrielles
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Biohap lance la commercialisation de son matériau filtrant pour la dépollution des eaux industrielles

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Issue de la recherche académique rennaise, la start-up Biohap entame une phase clé de son développement avec l’arrivée sur le marché de son matériau filtrant dédié à la dépollution des eaux industrielles. Une solution de traitement de finition qui s’adresse aux industriels, laboratoires ou acteurs de la dépollution, en France et en Europe.

Les cofondateurs de Biohap, Gaston Delas et Maxence Seillery (à droite), ont profité du "Carrefour des gestions locales de l’eau" à Rennes pour lancer la commercialisation de leur solution chimique — Photo : Biohap

La jeune pousse rennaise Biohap (3 collaborateurs), spécialisée dans le traitement de l’eau, a profité du Carrefour des gestions locales de l’eau (CGLE), organisé fin janvier à Rennes, pour lancer la commercialisation de son produit : une céramique biosourcée innovante capable de filtrer et de capturer les polluants métalliques présents dans les eaux usées industrielles.

Présente sur l’espace start-up, la société née en 2023 a pu partager des résultats industriels probants et rencontrer des acteurs du secteur. L’objectif n’était pas seulement d’acquérir de nouveaux clients, mais aussi de rester connecté à l’écosystème du traitement de l’eau. "On travaille essentiellement avec des intégrateurs de solutions (pour le traitement de l’eau, NDLR). Ce sont nos intermédiaires pour vendre notre produit", explique Maxence Seillery, président et cofondateur de l’entreprise aux côtés de Gaston Delas. Le salon a également généré des contacts entrants, notamment auprès des industriels, des laboratoires et des acteurs de la dépollution.

Un matériau biosourcé pour capter les résidus polluants

La technologie de Biohap repose sur un matériau filtrant inspiré d’un minéral : l’apatite naturelle. "Nous reproduisons une apatite pure capable de piéger durablement les métaux dans sa structure", précise Maxence Seillery. Présenté sous forme de granulés blancs, le matériau est intégré dans des filtres installés en fin de chaîne, juste avant le rejet des eaux traitées. Ce procédé breveté vient en complément des traitements physico-chimiques traditionnels, qui éliminent l’essentiel de la pollution mais laissent subsister des traces métalliques. "Nous intervenons en traitement de finition pour capter ces résidus", résume le dirigeant. La solution peut aussi faciliter la réutilisation de l’eau dans certains procédés industriels exigeant une qualité renforcée.

Des projets à l’étranger

Biohap vise de nombreux secteurs : travail des métaux, traitement de surface, papeteries, incinérateurs, chimie, carrières ou encore chantiers de dépollution. "Dès qu’il faut éliminer des métaux à faible concentration, notre solution est pertinente", souligne Maxence Seillery.

L’entreprise cible d’abord le marché français, tout en menant des projets pilotes en Espagne, en Suisse et en Allemagne, où les normes de traitement sont proches de celles de la France. À terme, la start-up voit un potentiel plus large en Europe, notamment autour de la réutilisation des eaux usées dans l’industrie.

Socomore Ventures au capital de l’entreprise

En 2024, Biohap a levé 700 000 euros auprès de quatre business angels et de Socomore Ventures, le fonds du groupe vannetais Socomore. "Leur expérience industrielle et leur accompagnement stratégique nous aident à anticiper certaines difficultés", indique l’entrepreneur qui vise un premier chiffre d’affaires à 140 000 euros cette année.

Installée sur le campus d’AgroCampus à Rennes, où elle dispose de bureaux, de laboratoires et d’un espace de production, Biohap prévoit de migrer dans ses propres locaux dans le courant 2026.

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