Anuga : Les Bretons jouent la carte de la gastronomie française
# Industrie

Anuga : Les Bretons jouent la carte de la gastronomie française

Salon mondial de l'agroalimentaire, l'Anuga de Cologne regroupe tous les deux ans (en alternance avec le Sial), les plus grands acteurs mondiaux de l'agroalimentaire. Tous viennent ici se montrer, rencontrer leurs clients et prospects. Parmi eux, une quarantaine d'entreprises bretonnes.

Repérer les tendances, être en veille sur ce que font les autres: l'Anuga de Cologne (du 10 au 14octobre cette année) est une fenêtre traditionnelle sur les tendances de l'agroalimentaire à l'échelle de la planète. 6.522 exposants de denrées alimentaires en provenance de 97 pays, 10 salons professionnels, 153.000 visiteurs (chiffre en légère diminution en 2009): l'Anuga est aussi gigantesque que l'offre agroalimentaire mondiale. Disséminés dans les allées sur le stand France ou ailleurs, les Bretons paraissaient bien petits, face aux géants mondiaux du Brésil, de l'Australie, de la Chine ou encore des Italiens de plus en plus présents en Allemagne. Mais à cette échelle, s'afficher breton n'est pas la priorité. «Autant, on s'appuie sur la gastronomie française à l'export, autant on joue sur notre appartenance régionale en France, avec Produit en Bretagne», explique dans le hall «Anuga FineFood», Jacques Gonidec. Le P-dg de la sardinerie Gonidec de Concarneau (50 salariés; 5% du CA à l'export), est venu ici avec CCI International Bretagne et 40 autres entreprises de la région. Sur les marchés scandinaves et espagnols, ?Mouette d'Arvor?, la marque commerciale unique de cette entreprise familiale quinquagénaire, propose même des ?sardinettes ?apéritives, style tapas, aux truffes ou aux tomates séchées dans les épiceries fines de luxe.




Guerre des prix à l'export

Faire la différence, face aux marques distributeur du Maroc qui alimentent le gros des marchés européens, est nécessaire. «À l'export, c'est très dur», témoigne Jean-François Hug, directeur général de la conserverie Chancerelle de Douarnenez (350 salariés; 80M€ de CA), installée quelques allées plus loin, sur le même stand que l'industriel Hénaff. «Il y a une guerre assez forte sur les prix et un contexte peu favorable en Angleterre, avec le niveau du taux de change.» L'export pèse 10% seulement de cette entreprise qui privilégie les petits volumes dans les magasins spécialisés premium en s'appuyant sur le label MSC (pêche durable). «Aux Pays-Bas et en Autriche, ça marche très bien alors qu'en général, la sardine, considérée comme un produit de première nécessité, est vendue à un prix très faible.» En Allemagne, Chancerelle aimerait faire rentrer ses produits MSC. Les discussions sont en cours. Un peu plus loin, l'entreprise rennaise Traiteur de Paris (35M€; 350 personnes; 18% du CA à l'export) a fait le déplacement sur le stand ?Gourmandise de Louise?, un distributeur de nourriture haut de gamme et épicerie de luxe en Allemagne avec qui elle commence tout juste à travailler. «On réalise 3% du CA au Benelux, Allemagne et Hollande. Le marché allemand a du potentiel. Il a beaucoup évolué. Il y a des gens jeunes désireux d'une nourriture plus internationale, d'une cuisine moderne avec des classiques revisitées», analyse Arnaud Rannou directeur du marketing de cette entreprise fabricante et créatrice de produits traiteurs surgelés. Dans une autre partie du salon, la Fruitière du Val Evel (6,5M€ en 2009; 27 salariés), PMI familiale de Naizin (56) spécialisée dans les purées de fruits et coulis transformés pour les métiers de bouche, justifie sa présence par l'importance de son chiffre d'affaires à l'export (75%). «La présence des grands chefs français à l'étranger, ça nous a facilité la tâche. C'est sûr, l'image et la notoriété de la gastronomie française aident», souligne son directeur commercial Bertrand Gilot.

# Industrie