Anemoos : Un contrat de 30 M€ en Angola mais...
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Anemoos : Un contrat de 30 M€ en Angola mais...

Energie ... Faute de garantie bancaire, la start-up carrossoise spécialisée dans les solutions environnementales a dû confier le projet à son partenaire canadien.

La victoire laisse parfois un goût amer. Anemoos en a fait récemment la désagréable expérience. Société d'ingénierie en solutions environnementales fondée en 2011 par Jérôme Méplon, la start-up carrossoise conçoit, développe et fabrique des solutions brevetées dans le domaine de l'éolien et du traitement de l'eau. Elle a remporté en juin dernier un appel d'offres émanant du gouvernement angolais pour la fabrication et l'installation de quatre stations de traitement d'eau... Au nez et à la barbe des sociétés brésiliennes, américaines et chinoises qui considèrent l'Afrique, et l'Angola en particulier, pays en reconstruction après 27 ans de guerre, comme un nouvel eldorado économique. Soutenu par le FMI, le contrat porte sur un montant de 30 M€ et constitue le premier succès d'envergure pour Anemoos qui voit ainsi son chiffre d'affaires, jusque-là anecdotique, grimper en flèche.




L'Afrique jugée trop risquée

Pourtant, Karen Micmacher, directrice marketing et communication d'Anemoos, a bien du mal à se réjouir : « Le contrat imposait une garantie de bonne fin de travaux à hauteur de 10 % du montant. Aucune banque en France n'a voulu nous suivre, jugeant l'investissement en Afrique trop risqué. Nous avons donc été obligés de chercher les capitaux là où ils étaient et, la mort dans l'âme, déporter le projet vers notre entité canadienne, en charge de la R & D et du marché nord-américain. » Certes, Anemoos garde la maîtrise d'oeuvre du projet, dont le premier coup de pioche sera donné à la fin du mois d'octobre, mais « la centaine d'emplois prévus sur trois ans ne bénéficiera pas aux entreprises régionales, comme envisagé initialement », déplore l'intéressée.




L'éolien à développer

Un regret d'autant plus amer que la mésaventure est susceptible de se réitérer. L'Afrique constitue en effet l'un des principaux marchés d'Anemoos. L'entreprise a d'ailleurs lié des contacts avec les représentants ministériels ivoiriens, gabonais et libanais, lors des Jeux de la Francophonie qui se sont déroulés à Nice en septembre. « Les pays ayant des problématiques d'approvisionnement en eau et en énergie sont des cibles privilégiées », indique David Langlais, directeur commercial d'Anemoos. En témoigne la participation de la start-up au projet marocain Kenitra, parrainé par la Fondation Prince Albert II, qui consiste à installer une solution d'eau potable autonome pour alimenter le lycée de Kenitra et ses environs. Anemoos y apporte son expertise en dotant la station de son nouvel aérogénérateur Urwind, qui vient enrichir sa gamme d'éoliennes urbaines à axe verticale, dont la nouvelle version de son produit phare, Anemoos 3, sortira en 2014.




Marché domestique en panne

« Le secteur de l'éolien en France demeure difficile car l'énergie solaire subventionnée a faussé le marché, explique David Langlais. Pour autant, les entreprises et collectivités commencent à montrer des signes d'intérêt. » La première installation d'Anemoos 3 a ainsi été inaugurée le 24 mai dernier dans la Manche, à Equeurdreville-Hainneville. « Mais l'activité ne décollera réellement qu'après les élections municipales ». En attendant d'avoir le vent en poupe, le salut viendra-t-il de la Russie ? « Nous avons des contacts bien avancés qui pourraient déboucher sur la production de 200 Anemoos 3 en 2014, confirme Karen Micmacher. Nos éoliennes étant étudiées pour répondre aux problématiques des zones climatiques froides et chaudes. » Comme la Russie... Et l'Afrique !

Anemoos



(Carros) Dirigeant : Jérôme Méplon 15 personnes Tél. : 04 93 29 78 54 @email

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