Depuis leur création, Les Bottes d’Anémone tracent leur chemin sur le créneau de la fleur écoresponsable et française. L’entreprise installée à Prescop près de Vannes fait partie du cercle très fermé des sept fleuristes français, sur les 15 000 que compte la profession, à ne travailler qu’avec des fleurs françaises. "C’est l’ADN même de l’entreprise : des fleurs françaises, de saison, en optant au maximum pour les circuits courts", rappelle Tiphaine Turluche, sa fondatrice. Elle dispose aussi de sa propre petite ferme florale au Bono.
Une logistique à structurer
La chef d’entreprise porte désormais un ambitieux projet : structurer la logistique de cette filière dans l’Ouest. "J’ai constitué mon réseau d’approvisionnements en fleurs locales peu à peu et j’ai organisé la logistique. Aujourd’hui, j’ai le souhait de pouvoir apporter l’expérience des Bottes d’Anémone pour faire grandir harmonieusement cette filière de la fleur française." La dirigeante et son équipe de 4 salariés veulent que ce projet voit le jour d’ici à 2030. Les Bottes d’Anémone sera l’entreprise qui chapeautera cette filière dans le Grand-Ouest en reliant les fermes florales entre elles.
Des antennes des Bottes d’Anémone
Pour ce faire, elle ouvrira des antennes. "L’idée est de construire un cercle vertueux. Cette structuration doit permettre à des fermes florales de stabiliser leurs revenus, de permettre à d’autres de voir le jour et d’offrir aussi à des fleuristes, qui souhaiteraient développer la fleur française, une offre et un circuit d’approvisionnement", poursuit Tiphaine Turluche. Cet objectif est inscrit dans les engagements des Bottes d’Anémone. L’entreprise entend inverser les ratios d’approvisionnement dans le Grand Ouest. Aujourd’hui, 90 % des fleurs viennent de l’étranger en avions réfrigérés et parcourent plus de 10 000 kilomètres. Seuls 10 % des approvisionnements sont issus de fleurs locales.
Une levée de fonds en perspective
Pour mener à bien cette stratégie, Tiphaine Turluche annonce également préparer une levée de fonds à court terme. "Nous pensons lever 450 à 500 000 euros. Notre optique est de nous tourner vers un fonds régional qui partage nos engagements", dévoile la chef d’entreprise. Elle n’exclut pas non plus de saisir, en plus, le levier du financement participatif. "Nous voulons ouvrir à court terme deux antennes à Lorient et Rennes. Lorient est en proximité. Cela nous permettra de bien tester le modèle. Nous réfléchissons à un développement en franchise, licence de marque… C’est en réflexion."
Un équilibre BtoB et BtoC
Depuis ses débuts, Les Bottes d’Anémone a doublé son activité. Tournée vers l’événementiel et les entreprises, elle a rééquilibré son portefeuille entre BtoC (essentiellement des mariages) et le BtoB ; le tout sans boutique ni stock et uniquement sur commandes. L’autre partie des 150 000 euros de chiffre d’affaires est générée en BtoB : hôtels, restaurants, commerces, bureaux, séminaires d’entreprise…
Entreprise à mission, agréée Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS), certifiée par l’exigeant label B-Corp et auréolée de très nombreux prix pour ses engagements, la TPE travaille aussi pour tendre vers le zéro déchet. Exit donc les mousses florales, vive les contenants réutilisables et les trajets de livraison optimisés à vélo ou en voiture électrique. L’entreprise vient de proposer un nouveau service dans le domaine du funéraire : des fleurs et couronnes écoresponsables avec des contenants en mycélium.