Alpes-Maritimes : Le BTP azuréen continue de chuter

Alpes-Maritimes : Le BTP azuréen continue de chuter

Selon la Fédération du BTP 06, le secteur risque de perdre 1.000 emplois supplémentaires en 2015.

Le trou d’air qui agite le secteur du BTP sur la Côte d'Azur va-t-il se transformer en gouffre ? Au regard des tendances présentées en janvier par la FBTP 06, la question se pose. Son président, Laurent Trocmé, se montre pessimiste : « En 2014, nous envisagions la perte de 500 emplois salariés. Force est de constater que nous avons été optimistes puisque nous avons perdu, en réalité, 900 emplois, c’est-à-dire autant qu’au cours de l’année 2013. Si l’on ajoute ceux détruits en 2012 (500), le secteur du BTP azuréen a perdu 9,2 % de ses effectifs en 3 ans ».

Manque de confiance des investisseurs
Si le segment de la rénovation se maintient bon an mal an (-1 %), celui du neuf s’est encore une fois fortement dégradé avec un volume d’activité se réduisant comme peau de chagrin. Les mises en vente ont reculé de 23 % par rapport à 2013, et seuls 3.900 logements ont été construits en 2014 contre 5.700 en 2011. En cause : « Le manque de confiance des investisseurs dû à des dispositifs fiscaux successifs et peu lisibles, un pouvoir d’achat des ménages en berne, des contraintes administratives pénalisantes et une réglementation technique excessive qui renchérit le coût de la construction et tend à désolvabiliser les actifs », énumère, un brin amer, Laurent Trocmé, représentant d’une profession qui se sent attaquée de toute part, de la baisse des prix « meurtrière » à la concurrence déloyale récurrente en passant par le fameux compte pénibilité qui « introduit un risque de contentieux sans précédent ».

Désengagement des communes
Quant au segment des travaux publics, dépendant de la commande publique, « on est plus qu’inquiet ». En 2014, le volume des appels d’offres a dégringolé de 22,7 % avec un désengagement très significatifs des communes (-42 %) et des intercommunalités (-37 %). Et 2015 ne s’annonce guère mieux. Les grands projets structurants de l’Eco-Vallée tardent à démarrer. « On assiste à beaucoup d’annonces qui ne sont pas suivies d’effets », regrette Philippe Renaudi, vice-président de la FBTP 06, qui s’attend à un nouveau recul de l’activité en 2015, se traduisant par la perte de 1.000 emplois supplémentaires.