Certes, les chiffres communiqués ce 10 septembre par le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur ne concernent que le premier semestre, antérieurs donc au nouvel épisode politique français, reste qu’ils sont "encourageants", selon sa directrice générale, Catherine Galvez.
Financeur d’un quart de l’économie locale
Avec près de 992 000 clients (elle vise le million d’ici la fin 2025) et 200 agences sur les Alpes-Maritimes, le Var, Monaco et les Alpes-de-Haute-Provence, la banque régionale qui affiche un PNB (produit net bancaire) de 317 millions d’euros sur ces six premiers mois (+ 6 %), "finance le quart de l’économie locale, rappelle-t-elle. Nous avons des parts de marché de l’ordre de 24 % sur l’ensemble de notre territoire. Cela nous permet d’avoir un poste d’observation de bon niveau". Et de constater donc que l’économie azuréenne "a plutôt bien tiré sur l’épaule du jeu par rapport à d'autres territoires, sur les derniers mois et notamment sur la saison estivale."
Ainsi, à fin juillet, les flux commerciaux enregistrés ont progressé de 6 %. Une évolution qui cache des disparités : + 14 % dans l’hôtellerie par rapport à la même période 2024, seulement + 1,8 % dans la restauration.
Un véritable "rebond" de l’investissement
Autre indicateur positif, et de taille : le "rebond" de l’investissement. "À fin juillet, nous atteignons un niveau de réalisation de crédits proches d’1,8 milliard d’euros", reprend Catherine Galvez. Soit une progression de + 32 % par rapport à la même période l’an dernier.
Ce "chiffre très positif", on le doit à la fois à la baisse des taux d’intérêt ces derniers mois, ainsi qu’à la dynamique propre à la Côte d’Azur, là encore dans l’hôtellerie et le tourisme, "mais aussi dans l’industrie ou au sein du pôle d’attractivité de Sophia Antipolis. Il y a des projets, des entreprises qui s’installent", appuie-t-elle.
"Même s’ils continuent de se poser des questions, les chefs d’entreprise sont déterminés, volontaristes, ils lancent des projets", confirme Jean-Marc Cros, nouveau directeur général adjoint du Crédit Agricole Provence Côte d’Azur.
Utiliser plus et mieux les outils existants
Néanmoins, avoir de la visibilité ou des projections demeure un exercice plus que délicat. Dans le contexte actuel, "je ne suis pas sûre qu’on observera cette même dynamique à fin décembre, confie Catherine Galvez. L’incertitude et l’instabilité affectent la confiance. Nous ne pouvons être certains que les investisseurs, professionnels comme particuliers, seront aussi mobilisés."
Aussi la banque souhaite-t-elle non seulement continuer à encourager l’investissement local mais également endosser elle-même le costume d’investisseur, "une capacité que nous avons, jusqu’à présent, peu exploitée." Cela passera par une plus grande et une meilleure utilisation des outils existants, à l’image de Créazur, son fonds de capital-risque dédié à l’innovation dont 23 jeunes pousses ont bénéficié depuis sa création en 2013 (dont les azuréennes Mycophyto, Therapixel ou les varoises Swello et Ixarys) : "nous réfléchissons à l’élargissement de son scope, au-delà des start-up".
Création d’une foncière pour adresser l’immobilier
Autre outil qui sera "davantage activé", Sofipaca, la structure de capital investissement détenue moitié par la caisse régionale Provence Côte d’Azur et moitié par son alter ego Alpes-Provence. "Nous voulons vraiment lui donner une autre dimension. Nous avons aussi des projets concernant le Village by CA (qui a accompagné 86 start-up depuis sa création en 2018, NDLR), car nous voulons avoir un rôle aussi beaucoup plus prégnant sur le développement de la technopole de Sophia Antipolis."
Le Crédit Agricole PCA a par ailleurs défini 6 filières qu’elles souhaitent cibler : le tourisme, la viticulture, la transition énergétique, la santé, l'international et l’immobilier. Pour adresser ce dernier, "nous allons créer une foncière […]. Nous allons par exemple pouvoir co-investir avec l’ensemble des autres partenaires bancaires ou avec la Banque de Territoires, précise Catherine Galvez qui veut notamment agir sur la problématique du logement des actifs. Nous réfléchissons également à l’investissement dans des fonds, que ce soit dans le tourisme ou l’industrie, nous sommes en cours de discussion."
Autant d’orientations pour lesquelles la banque entend se mettre en ordre de marche d’ici la fin de l’année afin de les lancer à partir de 2026.