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ACI Group liquidé par la justice, fin de parcours pour l’industriel lyonnais
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ACI Group liquidé par la justice, fin de parcours pour l’industriel lyonnais

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Le tribunal des activités économiques de Lyon a prononcé, ce mardi 10 mars, la liquidation judiciaire de la holding du groupe industriel ACI Group. Placée en redressement judiciaire depuis septembre 2025, la structure contrôlée par Philippe Rivière laisse derrière elle un ensemble industriel en cours de démantèlement et plusieurs centaines d’emplois encore incertains.

La défense de Philippe Rivière a annoncé son intention de faire appel de la décision de liquidation judiciaire — Photo : DR

Le tribunal des activités économiques de Lyon a acté la liquidation judiciaire de la holding ACI Group, mettant un terme à l’aventure industrielle lancée en 2019 par l’entrepreneur lyonnais Philippe Rivière et son associé Patrice Rives. En quelques années, le groupe s’était développé à grande vitesse en multipliant les acquisitions d’entreprises de sous-traitance dans des secteurs stratégiques comme l’aéronautique, le nucléaire, la défense ou l’automobile.

Jusqu’en 2025, le groupe ACI comptait une quarantaine de filiales employant plus de 1 400 collaborateurs. Mais fragilisé par une stratégie d’acquisitions rapide, des difficultés financières et une arnaque présumée impliquant un faux fonds d’investissement qui devait apporter 80 millions d’euros, le groupe avait été placé en redressement judiciaire à l’automne 2025.

Un groupe démantelé au fil des audiences

Depuis l’ouverture de la procédure collective, les magistrats ont progressivement organisé la cession ou la liquidation des différentes filiales. Au total, onze sociétés ont trouvé un repreneur extérieur. C’est le cas, en Haute-Marne, des Fonderies Hachette et Driout (167 salariés) qui passent sous le pavillon du groupe anglais Paralloy ou en Normandie, de la PME havraise TCEM (70 salariés), reprise par l’industriel Moret Industries, une ETI basée dans l’Aisne.

Faute de solution industrielle, neuf filiales du groupe loynnais ont été liquidées. D’autres dossiers restent en cours d’examen, avec une nouvelle audience prévue le 14 avril prochain pour statuer sur le sort de plusieurs sites encore sans offre ferme.

Certaines entités emblématiques, comme les Forges de Monplaisir (Rhône), doivent aussi être mises en vente. Dans plusieurs cas, les reprises n’ont permis de sauver qu’une partie des emplois, alimentant l’inquiétude des organisations syndicales quant à l’ampleur de la casse sociale.

Un appel annoncé et une enquête pénale en parallèle

Lors de l’audience, l’avocat de Philippe Rivière, Me Gauthier Doré, a annoncé son intention de faire appel de la décision. Selon l’avocat, un investisseur était prêt à soutenir un plan de continuation recentré sur huit filiales représentant environ 500 salariés. Le tribunal a toutefois considéré que les garanties financières nécessaires n’étaient pas réunies pour poursuivre l’activité de la holding.

Parallèlement, une enquête pénale a été ouverte après le dépôt de plaintes visant notamment des soupçons d’abus de biens sociaux et des flux financiers jugés anormaux au sein du groupe. L’instruction devra déterminer les responsabilités dans la chute de cet ensemble industriel, dont l’ascension rapide aura finalement débouché sur l’un des démantèlements industriels les plus marquants de ces dernières années dans la région.

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