Près de 60 000 ouvertures de procédures collectives, l’année 2024 marque un nombre historique de défaillances d’entreprises, selon les Greffiers des tribunaux de commerce. En progression de 17 % par rapport à 2023, la hausse des procédures de sauvegarde, des redressements et liquidations judiciaires a particulièrement touché le commerce, la construction et l’hébergement restauration. Ces trois secteurs concentrent 57,3 % des défaillances.
Le phénomène des entreprises zombies
Le pic de défaillances est aggravé par le phénomène des "entreprises zombies", artificiellement maintenues en survie pendant la crise sanitaire grâce à mesures de soutien des pouvoirs publics, selon Laurent Frelat, vice-président de Xerfi Specific. Un phénomène qui tend à se résorber, année après année. Les radiations dans l’immobilier ont ainsi diminué de près de 13 % en 2024 par rapport à l’année précédente. "La situation de l’activité semble assainie désormais, et 2025 va marquer la sortie d’une période de rattrapage post Covid avec un ou deux ans de décalage", prévoit le représentant de l’institut d’études.
Le paradoxe d’une année entrepreneuriale dynamique
La bonne nouvelle, c’est que le contexte économique morose n’a pas douché l’élan entrepreneurial français en 2024. Au contraire, les Greffiers des tribunaux de commerce relèvent un "engouement" renouvelé pour entreprendre. Les tribunaux de commerce ont enregistré plus de 588 000 immatriculations d’entreprises en 2024, soit 8,6 % de plus qu’en 2023.
La preuve pour Xerfi d’une "aspiration qui s’inscrit dans une quête d’indépendance, souvent liée à une insatisfaction de l’emploi salarié", et plus largement d’un "changement culturel qui valorise la prise de risque individuel".
Record des défaillances et record des créations d’entreprises, l’année 2024 est assurément particulière. Elle marque le "grand contraste des entreprises françaises".
Les Pays de la Loire et le Grand Est attentistes
À l’image de ce contraste, les dynamiques régionales d’activité sont elles aussi très variées. La Normandie, en particulier se détache des autres régions, en affichant une forte croissance des créations d’entreprises (+ 8 %), mais aussi un bond de 30 % des procédures collectives. Les Pays de la Loire et le Grand Est sont dans une posture plus attentiste, avec une dynamique de création d’entreprises faible (entre 5 et 7 %), et une hausse modérée du taux de défaillances (environ 14 %). La Bourgogne, les Hauts-de-France s’affichent comme les régions les plus porteuses en 2024, avec un taux d’immatriculation en hausse de 10 % par rapport à 2023, et un taux de défaillances contenu à + 9 % environ, sur un an.