Toulouse

Immobilier

Wiseed Immobilier directement touché par le redressement judiciaire du promoteur Terlat

Par la rédaction, le 18 janvier 2017

Deux opérations de crowdfunding orchestrées par le toulousain Wiseed Immobilier sont menacées. Le groupe Terlat, promoteur et constructeur de ces programmes (en région PACA), est en redressement judiciaire depuis le 5 janvier. Quid du million d'euros engagés par les 320 investisseurs de Wiseed sur ces constructions ? Les réponses de Souleymane Jean Galadima, directeur général de Wiseed Immobilier, et les leçons qu'il tire de cet incident.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

La plateforme toulousaine de crowdfunding Wiseed a impliqué 320 investisseurs privés dans deux projets immobiliers portés par le promoteur et constructeur Terlat (dont le siège est à Salon-de-Provence). Le groupe est aujourd'hui en redressement judiciaire (la holding Retome et la filiale Terlat Industries). Coup dur pour Terlat mais aussi pour ses investisseurs. Parmi eux, Anaxago et Wiseed, deux acteurs de crowdfunding. Wiseed a engagé près de 1 million d'euro pour ces projets. La plateforme toulousaine a obtenu le statut de prestataire de services d'investissement depuis l'été dernier. Sa communauté approche les 80 000 investisseurs qui ont soutenu 151 projets. Au total Wiseed, co-fondé par Thierry Merquiol et Nicolas Seres, a levé plus de 72 millions d'euros. Sa filiale immobilier (11 salariés sur un effectif total de 37 personnes pour le groupe) a orchestré 77 opérations financières, dont une quinzaine est déjà remboursée.

"Il est encore trop tôt pour savoir ce que l'on va récupérer"

Les 1 million d'euros engagés par Wiseed concernent deux programmes. Le premier, "Le Passage", commercialisé à 100% et en fin de travaux, a mobilisé 126 investisseurs sur la plateforme Wiseed. Le ticket moyen était de 2400 euros. "Les jardins de Clarisse", moins avancé dans sa construction et sa commercialisation, a mobilisé 194 investisseurs avec un ticket moyen de 4000 euros. « Un ticket moyen assez modeste pour ces deux projets », remarque Souleymane-Jean Galadima, directeur général de Wiseed Immobilier qui rappelle que chez Wiseed Immobilier le niveau d'entrée minimum est de 100 euros. Quid des 1 million d'euros investis en tout pour ces deux projets ? « Nous pourrons rembourser une partie du projet rapidement sur "Le Passage" à hauteur de 300 000 euros sur les 560 000 investis, qui seront versés aux investisseurs dans les jours à venir », annonce l'entreprise. Mais pour les 700 000 euros restants ? « Il est encore trop tôt pour savoir ce que l'on va récupérer. Tout dépendra du plan de redressement ». Souleymane-Jean Galadima n'exclut pas le risque de perte en capital en cas de liquidation judiciaire.

Des leçons à tirer

Quelles leçons tirer de cet incident ? « Notre première réaction a été d'être en totale transparence avec notre communauté d'investisseurs. Nous avons communiqué dès que nous avions des éléments nouveaux sur cette affaire et nous allons continuer dans ce sens. Nous sommes aussi en train de mettre en place des recours judiciaires à notre disposition pour trouver les meilleurs solutions possibles. » Auteur d'un guide du crowfuning immobilier, Wiseed estime avoir insisté suffisamment sur la prise de risque que représente ce genre d'investissement. « Les messages ont été passés mais pas toujours entendus, estime le spécialiste, les taux d'intérêts sont certes élevés ( ils dépassent les 10 % ndlr) et la rentabilité est forte. Mais le risque de perte de capital, dans ces cas précis, n'est pas négligeable ». Sur la santé de Terlat, rien de tout ce qui est arrivé au promoteur n'était prévisible selon lui : « Le groupe n'a pas trouvé l'équilibre industriel nécessaire pour financer sa filiale de construction de panneaux à ossatures bois. Rien ne laissait présager dun tel retournement de situation ». Il rappelle qu'un investisseur privé porteur de 50 millions d'euros était attendu pour assurer le développement de Terlat Industries mais que celui n'a finalement pas concrétisé. Des éléments imprévisibles qui mettent les acteurs du crowdfunding immobilier à l'épreuve.

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