Alpes-Maritimes

Tourisme

Coronavirus : Cannes lance un plan d'attaque pour le tourisme

Par Olivia Oreggia, le 19 mai 2020

Les hôtels et congrès de la Côte d’Azur affichent une perte de 1,2 milliard d’euros de retombées entre mars et juillet, dont 500 M€ pour le seul bassin cannois. La ville des Festivals lance un plan d’attaque de 13 millions d'euros pour rassurer et attirer les visiteurs, y compris professionnels, et inciter les Azuréens à prendre leurs vacances à Cannes.

Palaces en bord de mer à Cannes
Toutes catégories confondues, l'hôtellerie cannoise est à l'arrêt depuis le mois de mars. — Photo : O. Oreggia

« L’économie, c’est de la création de valeur. Le drame économique est un drame humain, on ne peut pas opposer les deux. » David Lisnard est maire de Cannes et président du Comité régional du Tourisme Côte d’Azur. La semaine dernière, il était, avec le premier édile de Deauville, le seul maire de France à participer au Comité interministériel du tourisme.

"Il faut soutenir les entreprises mais nous ne pouvons pas fonder une économie sur un endettement total"

Alors que devrait actuellement se dérouler le Festival et voir les stars mondiales du cinéma défiler, Cannes entreprend son plan de relance du tourisme. 13,4 millions d’euros sont débloqués pour aider à la sécurité sanitaire et à la reprise de l’activité économique : 10,1 M€ d’aides dont 2 M€ d’exonérations auxquels s’ajoutent 3,3 M€ de promotion via une campagne de communication digitale et d’affichage jusqu’à l’automne.

« Rien ne remplace un client »

« Il faut soutenir les entreprises mais nous ne pouvons pas fonder une économie sur un endettement total, sur une spirale dont les couperets tomberaient dans six mois, un an ou deux ans. Le désastre économique et social se fait sentir maintenant, mais il se fera aussi violemment sentir dans un an, dans 18 mois, dans deux ans », souligne David Lisnard. « Il faut des aides mais il faut des dépenses. Rien ne remplace un client. Les protocoles sanitaires doivent permettre aux professionnels d’atteindre leur point mort. » Cela passe donc par l’attraction de consommateurs, par la génération de flux. Et, bien sûr, en toute sécurité.
« Nous n’avons toujours pas de protocoles sanitaires pour les entreprises concernées, c’est quand même délirant ! Avec les hôteliers, restaurateurs, plagistes, taxis, nous avons d’abord travaillé sur un plan de survie et aujourd’hui sur ce plan de relance qui correspond au scénario probable de la persistance de la maladie à l’échelle internationale et d’une ouverture progressive des échanges. Dans tous les cas, il est impossible de vivre sans produire de la richesse et des flux, sur un secteur aussi stratégique que le tourisme. »

1,2 milliard d’euros de pertes d’activité sur la Côte d’Azur

Entre mars et juillet, les retombées immédiates liées aux hôtels et palais des congrès sont estimées à 1,2 milliard d’euros, dont 500 millions pour le seul territoire cannois. Le tout sans compter les restaurants, cafés et plages. Autant dire l’enjeu lié à la réouverture envisagée des terrasses le 2 juin.

« Il va y avoir une compétition ardue entre les régions françaises »

À défaut de sa traditionnelle clientèle internationale, le territoire compte sur ses propres habitants pour relancer la machine. « Nous travaillons sur la notion « d’exotisme local » pour inciter les Cannois à partir en vacances à Cannes. On peut appeler cela du civisme touristique », explique David Lisnard. « C’est l’occasion, comme après l’attentat du 14 Juillet, de faire plus aimer encore la destination à ceux qui la vivent, une immense opportunité d’accélérer ce que nous avions prévu. »
80 % des hôtels participent ainsi à une offre de 5 000 séjours proposant quatre nuits au prix de trois, toutes catégories confondues. Parallèlement, l’événementiel se réinvente avec des cinémas ou des concerts en version drive, des expositions en plein air…

Un label sanitaire pour le tourisme d’affaires

Au-delà de son expertise en la matière, la ville veut aussi capitaliser sur son action sanitaire. « Il va y avoir une compétition ardue entre les régions françaises. À Cannes, comme ensuite à Nice, nous avons distribué gratuitement des masques à tous les habitants avant même le déconfinement. Cela inspire la confiance pour alimenter la performance touristique. »
Et cela vaut aussi pour le tourisme d’affaires, à l’arrêt depuis mars. « Cannes est une des villes les plus sinistrées d’Europe car c’est une des plus dynamiques », assure le maire de la deuxième destination d’affaires de France. « Nous travaillons à un label sanitaire pour rassurer nos partenaires traditionnels tous sinistrés », souligne Didier Boidin, directeur du Palais des Festivals et des congrès. « Une cellule d’étude travaille à inventer le salon de demain, car rien ne sera plus comme avant et il faut rester pertinent. »

Premières réservations pour le MipCom en octobre

L’activité devrait reprendre en septembre avec le Festival Cannes Yachting. « La bonne nouvelle est que nous commençons à avoir des réservations pour le MipCom en octobre », précise David Lisnard. « C’est plutôt positif même si on sait que rien n’est définitif. Quant à 2021, nous n’avons pas de mauvaise nouvelle à ce jour. Nous avons même eu des messages rassurants et encourageants du président du Cannes Lions, par exemple. » « Et nous venons juste de signer pour une convention d’entreprise pour décembre 2021 », ajoute Didier Boidin. Premières lueurs dans ce nouveau monde d’incertitudes.

Palaces en bord de mer à Cannes
Toutes catégories confondues, l'hôtellerie cannoise est à l'arrêt depuis le mois de mars. — Photo : O. Oreggia

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