Hérault

Technologies

Watertracks lève des fonds pour robotiser l'entretien des barrages

Par Anthony Rey, le 17 janvier 2022

La PME héraultaise Watertracks lance un plan de financement démarrant par une levée de fonds d’un million d’euros, destiné à structurer sa production de robots. Conçus pour le curage des barrages hydrauliques, ils visent un marché où les besoins des opérateurs explosent.

Les robots de Watertracks permettent de curer les sédiments qui envasent les barrages hydroélectriques, entre autres utilisateurs.
Les robots de Watertracks permettent de curer les sédiments qui envasent les barrages hydroélectriques, entre autres utilisateurs. — Photo : Watertracks

La crise climatique a des effets perceptibles jusqu’au fond des barrages de rétention. Raphaël Gaillard, fondateur de la PME héraultaise Watertracks (12 salariés, CA 2021 : 1 M€), spécialisée dans les travaux sous-marins robotisés, expose la situation actuelle : "Nous avons manqué de 250 000 m3 d’eau l’an dernier. Dès lors, 75 % de la gestion de la ressource passe par le stockage. Or, une grande partie de nos barrages est prise par les sédiments".

De nouvelles ambitions pour la production

Fondée en 2016, Watertracks conçoit et commercialise, depuis la validation de sa technologie intervenue en 2020, des robots destinés au curage des barrages. "Sur de nombreux sites en France cet entretien devient une nécessité d’un point de vue technique, car l’envasement gêne l’accès, mais aussi d’un point de vue économique, parce qu’il génère des pertes d’exploitation", poursuit Raphaël Gaillard.

Dans l’optique de produire un robot par an, la PME héraultaise vient de lever un million d’euros auprès des fonds Sofilaro et Qair Innovation. Elle projette de porter ce financement à 3 ou 4 millions en sollicitant des subventions et des prêts bancaires, "en fonction de nos besoins", précise le PDG. La priorité de Watertracks est de renforcer ses équipes de techniciens, et surtout son outil de production.

La PME, basée à Vailhauquès (Hérault), dispose d’une unité de 1 500 m2 à Lunel (Hérault) qu’elle veut quitter dans les six mois. "Nous recherchons un site d’au moins 5 000 m2, qui nous permettra d’installer un atelier muni d’un pont roulant. Notre volonté est de garder la production en interne avec ces nouveaux locaux", souligne Raphaël Gaillard.

Des opportunités commerciales extensives

Sur le volet commercial, le contexte décrit par Raphaël Gaillard se révèle plutôt porteur : de 30 à 50 % des barrages en France souffriraient, d’après lui, d’un envasement excessif. En 2021, la PME héraultaise a ainsi conclu avec EDF un contrat-cadre de 7 ans pour lui fournir sa technologie et les services qu’elle vend en parallèle. Des contrats sont en passe d’être signés avec d’autres donneurs d’ordre, "car le marché va exploser dans les 10 ans", selon Raphaël Gaillard. "Nous arrivons aussi à un cycle de fin ou de renouvellement des concessions qui pousse les exploitants à se tourner vers des acteurs comme Watertracks", précise-t-il.

L’entreprise parvient même à se diversifier. Positionnée sur le marché du dragage, elle prospecte d’autres filières faisant face au même phénomène d’envasement, comme le secteur des marinas ou encore l’économie portuaire. Enfin, Watertracks veut aussi se développer à international. Dès cette année, elle ciblera de nouveaux producteurs d’hydroélectricité basés dans les Alpes européennes (Suisse, Allemagne, Autriche, Italie). En concrétisant ces opportunités, elle prévoit de porter son chiffre d’affaires de 1 à 1,5 million d’euros en juin prochain, et de le doubler tous les ans par la suite.

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