Haute-Garonne

Aéronautique

À Toulouse, le gouvernement donne des garanties à la filière aéronautique sur les trésoreries

Par Paul Falzon, le 22 janvier 2021

Depuis Toulouse, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a donné des garanties de soutien à une filière aéronautique touchée de plein fouet par la crise sanitaire. Et annoncé un nouveau dispositif de soutien sous forme de prêts participatifs.

Bruno Le Maire a visité les chaînes de production de Liebherr-Aerospace à Toulouse, où le groupe allemand emploie au total 1500 salariés.
Bruno Le Maire a visité les chaînes de production de Liebherr-Aerospace à Toulouse, où le groupe allemand emploie au total 1 500 salariés. — Photo : © Paul Falzon / Le Journal des Entreprises

En visite dans la Ville rose le 22 janvier, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a choisi de rencontrer les acteurs de la filière aéronautique au sein de l’usine de Liebherr Aerospace (1 500 salariés, CA 2019 : 672 M€). Une entreprise à la fois emblématique des difficultés de la sous-traitance, avec une baisse d’activité de l’ordre de 40 % en 2020, et des possibilités ouvertes par le plan France Relance.

Liebherr Aerospace est déjà soutenu sur la création d’une nouvelle ligne de produits, des pompes liquides jusque-là fabriquées aux États-Unis, avec un investissement de l’ordre de 5 millions d’euros soutenu pour moitié par l’État. Bruno Le Maire a profité de sa venue pour confirmer un second coup de pouce pour le développement de compresseurs à air grande vitesse pour la propulsion à base de piles à combustibles : un projet chiffré à 4,9 millions d’euros, que le plan France Relance va porter à hauteur de 1,25 million d’euros.

Prêts garantis : vers un nouvel étalement des remboursements ?

Le ministre de l’Économie et des Finances a aussi cherché à assurer du "soutien total du gouvernement à la filière aéronautique". Et il s’est employé, au-delà du message politique, à dresser plusieurs pistes de soutien aux trésoreries auprès d’un panel de dirigeants réunis pour l’occasion. La première concerne les prêts garantis par l’État (PGE), pour lesquels Bruno Le Maire a rappelé que le report d’un an du remboursement (à horizon 2022 donc) n’était pas seulement une possibilité mais un droit que les entreprises pouvaient faire valoir auprès de leurs banques.

À Grégory Mayeur, directeur général de la division Services du groupe Satys, qui soulignait que la chute du marché des long-courriers met en danger les entreprises qui ont investi pour suivre les montées en cadence, le ministre a même ouvert une porte, sans engagement de résultat : demander auprès de la Commission européenne un nouvel étalement des prêts sur les segments les plus touchés par la crise.

Bientôt des prêts participatifs

Bruno Le Maire a aussi détaillé un autre dispositif de soutien aux trésoreries des entreprises : la création de prêts participatifs d’une durée de huit ans, avec un différé de quatre ans, à des taux qui doivent être encore précisés car en négociation avec Bruxelles. Intérêt pour les sociétés en difficulté : disposer de financements remboursables après le paiement des autres créanciers, et donc de quasi fonds propres. "Il faut qu’aucune entreprise du secteur aéronautique n’ait de problème de trésorerie", a résumé le ministre, un positionnement de type "quoi qu’il en coûte" dont il assure qu’il "sera maintenu tant que la crise durera".

"Lancez vos projets, nous les financerons"

La visite de Bruno Le Maire a été l’occasion de marteler les trois grands enjeux identifiés par le gouvernement pour la relance du secteur aéronautique. L’accélération de la transition technologique d’abord, avec un soutien appuyé à l’avion décarboné pour lequel l’horizon est désormais fixé à 2035-2040. La diversification ensuite, avec un appel aux entreprises à solliciter les fonds dédiés du plan France Relance : "Lancez vos projets, nous les financerons", a promis le ministre. La consolidation enfin, sensible au sein d’une supply-chain encore éclatée en de multiples PME. "Les crises sont des secteurs de prédation, a rappelé Bruno Le Maire, l’enjeu est de ne pas laisser des entreprises technologiquement avancées être victimes de cette période."

Bruno Le Maire a visité les chaînes de production de Liebherr-Aerospace à Toulouse, où le groupe allemand emploie au total 1500 salariés.
Bruno Le Maire a visité les chaînes de production de Liebherr-Aerospace à Toulouse, où le groupe allemand emploie au total 1 500 salariés. — Photo : © Paul Falzon / Le Journal des Entreprises

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