Ariège

Industrie

Qapi-CPI injecte du biosourcé dans ses plastiques

Par Paul Falzon, le 31 juillet 2021

Depuis son usine de Lorp-Sentaraille, en Ariège, Qapi-CPI s'est engagé dans un projet de substitution de matières plastiques d'origine pétrolière par des matières plastiques biosourcées et recyclables. Un programme sur trois ans accompagné par l'Ademe.

Pascal Bébin, directeur de l'usine de plasturgie Qapi-CPI à Lorp-Sentaraille, en Ariège.
Pascal Bébin, directeur de l'usine de plasturgie Qapi-CPI à Lorp-Sentaraille, en Ariège. — Photo : Paul Falzon / Le Journal des Entreprises

Avec ses 16 salariés, Qapi-CPI située à Lorp-Sentaraille, en Ariège, est la plus petite des filiales du groupe de plasturgie Qapi (250 salariés, CA : 25 M€). C’est pourtant cette usine, orientée à 80 % vers des clients de la filière automobile, qui porte une démarche unique dans son genre : la substitution de matières plastiques d’origine pétrolière par des matières plastiques biosourcées et recyclables. "Nous sommes un acteur modeste dans la filière plasturgie, situé loin des grands centres économiques : ce projet nous offre un levier majeur de différenciation, et nous permettra d’être au rendez-vous quand le marché s’orientera plus massivement vers des matières premières alternatives", résume Pascal Bébin, directeur de l’usine Qapi-CPI, et porteur du programme baptisé BioQapi.

Une problématique de capacités

La première étape de ce programme de trois ans est aussi la plus décisive : il s’agit de tester la faisabilité de substituer des matières plastiques issues de la pétrochimie (à commencer par le polyamide) par des matières incluant au minimum 40 % de composants biosourcés, pour l’essentiel des coproduits agricoles (blé, du maïs, pommes de terre…). Qapi-CPI a entamé la sélection et la caractérisation des fournisseurs bioplastiques, avec un double critère de qualité et de quantité. "Il y a encore peu de fournisseurs sur ce type de composants, et encore moins de fournisseurs dotés de capacités industrielles, constate Pascal Bébin. Il faut ensuite assurer la caractérisation des produits bioplastiques pour être garantis qu’ils répondront aux normes de sécurité et aux réglementations, particulièrement drastiques sur le marché des équipementiers automobiles."

Ce travail de qualification produit se fait dans un premier temps avec un laboratoire qualifié, l’Institut de Chimie de Toulouse. D’ici la fin 2021, Qapi-CPI se dotera de ses propres capacités avec l’acquisition de moyens de contrôle physico-chimique des matières premières, et l’embauche d’un salarié spécialisé. Pour ces premières phases, la PME peut compter sur le soutien de l’Ademe, qui via son dispositif Orplast 3 finance à hauteur de 800 000 euros le programme BioQapi, sur un investissement d’environ 1,8 millions d’euros.

Convaincre les clients

D’ici le début de l’année 2022, le plasturgiste projette de passer une autre étape clé : l’industrialisation. L’utilisation de matières biosourcées implique la création de lignes de production dédiées, pour lesquelles Qapi-CPI espère de nouvelles sources de subvention. "Avec ces composants, on ne constate quasiment aucun retrait dans les phases d’injection : il faut créer des moules spécifiques, indique Pascal Bébin. Il faudra ensuite convaincre des clients de jouer le jeu, sachant que les matières premières représentent 30 à 50 % du prix total, avec encore un gros surcoût pour les biosourcés."

Qapi-CPI possède déjà un bel exemple, hors automobile, avec un client imprimeur qui a basculé tous ses plastiques de protection sur du biosourcé, malgré une matière première quatre fois plus chère. "À terme, il faudra que les dispositifs gouvernementaux soutiennent l’achat de ces produits, estime Pascal Bébin. Mais le plus stratégique pour notre entreprise, c’est déjà de montrer aux acteurs du marché que nous pourrons les accompagner sur leur transition environnementale."

Pascal Bébin, directeur de l'usine de plasturgie Qapi-CPI à Lorp-Sentaraille, en Ariège.
Pascal Bébin, directeur de l'usine de plasturgie Qapi-CPI à Lorp-Sentaraille, en Ariège. — Photo : Paul Falzon / Le Journal des Entreprises

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