Montpellier

Ressources humaines

Portée par la pénurie de talents, Tool4Staffing va doubler de taille

Par Anthony Rey, le 02 mai 2022

Créatrice d’une plateforme de recrutement pour les métiers en tension, Tool4Staffing gère une forte demande, qui l’amènera à boucler son objectif annuel dès juin 2022. Face au doublement de son activité, la start-up montpelliéraine peaufine son propre plan d’embauches.

Antoine Détis a fondé la start-up Tool4Staffing, basée à Montpellier et à Barcelone (Espagne).
Antoine Détis a fondé la start-up Tool4Staffing, basée à Montpellier et à Barcelone (Espagne). — Photo : Tool4Staffing

Observée et commentée depuis de longs mois, la pénurie de main-d’œuvre tend à s’aggraver. Si, selon Pôle Emploi, 30 à 40 % des métiers pouvaient être considérés en tension en 2021, ce chiffre atteint aujourd’hui le cap des 55 %. Devant ce constat, la start-up Tool4Staffing (30 salariés, CA 2021 : 720 000 €), basée à Montpellier et à Barcelone (Espagne), développe une suite de logiciels destinée à faciliter l’embauche dans les filières en pénurie de main-d’œuvre. "La majorité des outils disponibles sur le marché reçoivent peu de candidatures entrantes dans ce contexte de pénurie. Notre pari est de faire le contraire, en allant chercher les talents. Notre solution s’appuie sur l’intelligence artificielle ou la gestion de la relation clients pour automatiser la chasse aux candidats sur les plateformes dédiées comme LinkedIn ou Viadeo", décrit Antoine Détis, fondateur de Tool4Staffing.

Une grande visibilité auprès des professionnels

Tool4Staffing publie, tous les mois, ses propres baromètres sectoriels dans les métiers en tension. Agroalimentaire, grande distribution, automobile, pharmacie, banque ou e-commerce : de plus en plus de filières sont donc concernées par le phénomène. "Les cuisiniers sont un secteur en forte tension car un grand nombre d’entre eux se sont reconvertis lors de la crise sanitaire. On estime qu’il en manque entre 200 000 et 400 000", commente Antoine Détis à propos d’une de ses dernières études, tout en précisant : "Le Covid-19 a joué un grand rôle car de nombreuses entreprises ont gelé leur budget de recrutement pendant la pandémie. Mais quand l’activité a repris, les métiers avaient souvent changé comme le prouve l’exemple des cuisiniers. Les tensions sur le marché de l’emploi changent d’un mois à l’autre, y compris sur le plan régional".

La publication de chaque baromètre apporte un surcroît de visibilité à Tool4Staffing au sein de la filière concernée. La start-up montpelliéraine est ainsi en relation directe avec près de 2 000 recruteurs qui utilisent son outil. Après une croissance de 40 % en 2021, elle prévoit de doubler son activité cette année, car Antoine Détis indique que le chiffre d’affaires prévisionnel pour 2022 sera réalisé dès ce mois de juin. Pour financer cette croissance, Tool4Staffing, qui avait déjà réuni 1,5 million d’euros en juin 2021, table sur une nouvelle levée de fonds de 6 à 8 millions d’euros d’ici la fin 2022.

Une nouvelle approche commerciale

Grâce à ce plan de financement, Tool4Staffing prévoit de renforcer ses équipes et de faire évoluer son organisation. La start-up a logé à ce jour l’essentiel de ses équipes à Barcelone. Si la levée de fonds espérée porte ses fruits, elle prévoit de créer de 30 à 40 postes (ou bien de 15 à 30 postes dans l’hypothèse inverse), tout en rebasculant progressivement ses personnels vers la métropole héraultaise, où se trouvent son siège social et ses équipes de R & D et de développement commercial. De même, Tool4Staffing, qui compte pour l’heure 95 % de clients français, veut étendre son empreinte internationale. L’entreprise prévoit de renforcer sa présence en Espagne dès cette année, et de s’implanter en Italie en 2023.

Sur le plan technique, Tool4Staffing planche déjà sur l’évolution de son offre selon plusieurs axes. D’une part, alors que la start-up travaille en direct avec les cabinets de recrutements, elle va mettre en place une nouvelle approche commerciale en ciblant les entreprises, "car elles se dotent de plus en plus souvent de pôles spécialisés sur l’emploi au vu de la situation", selon Antoine Détis, qui rajoute : "Nous allons aussi lancer une marketplace de talents au troisième trimestre. Quand une entreprise a une shortlist de 3 ou 4 candidats, elle en retient un et rien n’est prévu pour les autres. Avec leur accord, notre outil pourra collecter ces profils et les proposer à d’autres entreprises recherchant ce type de candidats au même moment".

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