Deux-Sèvres

Industrie

Les cheminées Poujoulat accélèrent sur le bois de chauffage

Par Romain Béteille, le 16 mai 2022

En avril dernier, le groupe néo-aquitain Poujoulat, leader des conduits de cheminées, a augmenté le capital de sa filiale Euro-Énergies de 20 millions d’euros. Le but : accélérer fortement le déploiement de son activité dans le bois de chauffage et s’imposer comme un fournisseur majeur en biocarburant pour ses propres cheminées.

La dernière usine de transformation bois du groupe Poujoulat a été construite à Demangevelle, en Haute-Saône
La dernière usine de transformation bois du groupe Poujoulat a été construite à Demangevelle, en Haute-Saône — Photo : Poujoulat

Fabriquer des cheminées, c’est bien. Les alimenter avec son propre bois de chauffage, c’est encore mieux. C’est la philosophie du groupe Poujoulat (1 700 salariés), spécialisé dans les conduits de cheminées, cheminées industrielles et les biocombustibles bois via Euro Énergies. Cette filiale, détenue par le groupe à 83 % et créée en 2007, est au centre des attentions depuis l’annonce d’une augmentation de capital de 20 millions d’euros aux côtés d’Océan Participations et Volney Développement, pour accompagner sa forte croissance.

Investissements massifs

Poujoulat, dont le siège est à Saint-Symphorien dans les Deux-Sèvres, ne cesse d’investir dans Euro Énergies, dont l’activité est aujourd’hui répartie sur 4 usines dans l’Indre, la Loire et la Haute-Saône et deux usines partenaires, dont elle est actionnaire minoritaire et gère la commercialisation (Lorraine Pellets dans les Vosges et Bois Granulés Dunkerque). Le groupe a mobilisé 25 millions d’euros dans sa plus grosse usine prototype à Demangevelle (Haute-Saône). Ex-friche industrielle d’une ancienne filature, le site de 25 000 m2 vise la production annuelle de 140 000 m3 de bois bûche, 10 000 à 15 000 palettes de bois d’allumage et 10 000 à 15 000 tonnes de bûches densifiées, grâce notamment à un processus de séchage industriel automatisé.

Souhaitant tripler son chiffre d’affaires en 2025, Euro Énergies (160 collaborateurs) prévoit aussi "d’accroître les capacités des sites existants". Elle souhaite doubler d’ici à deux ans la capacité de production de Bois bûche Centre Atlantique, rachetée l’an dernier. "Nous sommes aussi en train de renouveler les équipements de séchage et de fendage de notre première usine de Buzançais, dans l’Indre. Les trois premières usines augmenteront leur capacité initiale de 30 à 40 %", explique Frédéric Coirier, PDG du groupe.

Vers une introduction en Bourse ?

À plus long terme, "la volonté est de rendre sa branche bois autonome dans ses investissements, ce qui permettrait à Poujoulat de retrouver ses propres marges de manœuvre". Prévoyant la construction "d’au moins un nouveau site dans les deux ans et un idéal d’une usine par région", le responsable ouvre la porte à une nouvelle augmentation de capital voire une introduction en Bourse "dans les trois à cinq ans".

Les derniers résultats de Poujoulat plaident en sa faveur : 226,8 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de l’exercice fiscal 2021-2022, soit une progression de 26 % (+38 % pour le bois énergie). Une bonne santé expliquée par "une reprise post-covid plus importante que prévu et un phénomène d’investissements dans les équipements de la maison qui ne s’est pas ralenti", continue le responsable. Le groupe profite aussi de l’inflation pour se positionner en alternative économique aux énergies fossiles. "Malgré les soucis d’approvisionnement, le bois reste le meilleur arbitre pour compléter ou diminuer sa consommation". Poujoulat a déjà recruté une centaine de personnes en 2021 et vise un chiffre d’affaires dépassant les 300 millions d’euros sur l’exercice en cours.

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