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Interview C du Cycle : "Nous sommes les premiers à avoir commercialisé un vélo électrique à boîte automatique"

Entretien avec Adrien Duhamel, cofondateur de C du Cycle

Propos recueillis par Caroline Ansart - 23 novembre 2023

Créée en mai 2021, l’entreprise de conception et fabrication de vélo électrique C du Cycle a dévoilé début octobre sa dernière innovation : un modèle équipé d’une boîte de vitesses automatique, un des premiers sur le marché. Initialement basée en Charente-Maritime, la société va déménager son siège à Mérignac (Gironde), là où elle vient d’ouvrir un magasin, élément stratégique incontournable selon le cofondateur Adrien Duhamel.

Adrien Duhamel, cofondateur de C du Cycle, croit beaucoup dans le potentiel du marché BtoB, avec la flotte croissante de vélos proposés par les entreprises à leur salariés.
Adrien Duhamel, cofondateur de C du Cycle, croit beaucoup dans le potentiel du marché BtoB, avec la flotte croissante de vélos proposés par les entreprises à leur salariés. — Photo : Caroline Ansart

Vous serez présent au salon Made In France avec vos deux vélos électriques, dont le dernier, Moby, doté d’une boîte automatique. C’est une vraie nouveauté ?

Nous sommes effectivement les premiers à avoir commercialisé un modèle de ce genre mais nous ne serons bientôt plus les seuls. Decathlon lance le sien, avec l’innovation dans le moteur quand la nôtre est dans le moyeu arrière. C’est une vraie attente des consommateurs. Nous nous sommes rendus compte que les cyclistes ne passent pas les vitesses de leur VAE, quitte à rouler en mode dégradé. Nous avons conçu Moby avec notre communauté active sur notre site internet. Nous y avions lancé un questionnaire et 1 500 personnes ont répondu : bien avant la connectivité, ils réclament de la simplicité, du confort et de la maniabilité.

Quand vous avez créé C du Cycle, c’était avec un vélo électrique "classique". Pourquoi une telle audace alors que le marché comptait déjà beaucoup d’acteurs ?

J’avais envie d’entreprendre. Je suis ingénieur, passionné de vélo, je me suis lancé, mais je me rends compte maintenant que c’était un peu inconscient ! Cela dit, le marché va exploser, notamment pour les flottes d’entreprises qui représentent en France 30 000 vélos quand en Allemagne c’est un million. Aujourd’hui, c’est une nécessité pour les sociétés de proposer une mobilité à leurs salariés.

C du Cycle vient d'ouvrir son magasin à Mérignac.
C du Cycle vient d'ouvrir son magasin à Mérignac. - Photo : STUDIO TONELLI - Savinien Tonelli

Le BtoB est-il un de vos canaux de distribution privilégiés ?

La plupart de nos vélos Ariane - nom du premier modèle commercialisé depuis mars 2022 - sont effectivement en location longue durée en tant que vélos de fonction, en service partagé, etc. Cela représente 150 vélos aujourd’hui mais déjà 450 en 2024 et nous espérons doubler en 2025. Nous avons noué des partenariats avec entreprises publiques et privées. Certaines nous sollicitent pour des Moby, avec des livraisons programmées en fin d’année. La prospection demande moins d’énergie en BtoB qu’en BtoC qui implique beaucoup de marketing et de développement internet. Nous avons tenté les ventes en ligne mais sans obtenir les résultats escomptés. Les deux canaux se soutiennent : le BtoC permet des rentrées d’argent immédiates ; le BtoB assure une certaine pérennité dans le temps avec des locations sur 36 mois.

Pourquoi avoir ouvert un showroom à Mérignac ?

Nous vendons aussi à des particuliers qui ont un fort besoin de réassurance. Ils veulent essayer le vélo et veiller à un point physique en cas de SAV. SAV qu’on souhaite le moins fréquent possible, d’où les prestations haut de gamme et la robustesse nécessaire aux flottes d’entreprises. Depuis l’ouverture en septembre, le nombre de devis pour particuliers a bondi. Les particuliers se divisent en deux catégories : les "vélotaffeurs" et les retraités, qui généralement achètent par deux, pour monsieur et madame. Le magasin est aussi notre lieu de conception et d’assemblage (nous sommes quatre), à la manière d’une cuisine ouverte. Les roues viennent des Pyrénées mais le reste essentiellement d’Asie, dont le moteur Bafang (marque chinoise connue dans le milieu, NDLR). Nous travaillons à rapatrier les composants au fur et à mesure quand ils répondent aux critères de volume, de prix (Moby est vendu 3 650 €, Ariane 2 164 €, NDLR) et de finition.

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