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Naviwatt accélère l'essor des bateaux électriques

Par Bertrand Tardiveau, le 19 mai 2022

Fondé en 2008 à Arzon, Naviwatt accentue son développement avec la conception de nouvelles embarcations de transport et de travail, tout en misant sur la conversion de la flotte existante, particulièrement dans le domaine fluvial.

Yannick Wileveau, dirigeant et fondateur de Naviwatt, est par ailleurs président de l’association française du bateau électrique.
Yannick Wileveau, dirigeant et fondateur de Naviwatt, est par ailleurs président de l’association française du bateau électrique. — Photo : Bertrand Tardiveau

Voilà plus de quinze ans que Yannick Wileveau œuvre à généraliser le recours à la propulsion électrique sur l’eau. Comptant aujourd’hui une dizaine de salariés dont une moitié d’ingénieurs R & D pour un chiffre d’affaires de 1 million d’euros, son entreprise Naviwatt en récolte aujourd’hui les bénéfices. "Nous avons une quinzaine de projets en cours de réalisation et une activité qui devrait augmenter d’environ 20 % cette année", estime le dirigeant, âgé de 53 ans.

Pour accompagner cette croissance, un technicien est en cours de recrutement pour accélérer la cadence dans des locaux d’environ 100 m2 qui tendent à déborder. "Nous recherchons des ateliers en vue de tripler rapidement cette surface", signale Yannick Wileveau, qui travaille par ailleurs avec des chantiers comme le costarmorcain Bord à bord et le vendéen Alubat pour sous-traiter la fabrication des coques.

Constructions et refit

Naviwatt développe trois gammes distinctes de bateaux. Semi rigide en base aluminium pouvant aller de 4 à 7 mètres, le Zen Pro équipe depuis 2018 le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan. Catamaran en aluminium d’une longueur pouvant varier de 7 à 10 mètres, le We Pro séduit depuis l’an dernier la communauté urbaine d’Angers, la ville de Gravelines, ainsi que le constructeur Naval Group pour son site industriel de Toulon. Dernier né chez Naviwatt, le River Pro a été commandé en deux exemplaires d’environ 13 mètres pour le marais Poitevin.

Proposant un service de monitoring des bateaux à moteurs thermiques en vue de leur conversion, Naviwatt instruit de la sorte une vingtaine de projets de refit. "Il existe pour l’instant de meilleures opportunités dans le domaine fluvial ainsi qu’une adaptation facilitée des infrastructures, notamment en matière de ravitaillement", souligne Yannick Wileveau qui a pris l’an dernier la présidence de l’association française du bateau électrique (AFBE).

Hydrogène et Jeux Olympiques

Côté R & D, Naviwatt conçoit pour le Golfe du Morbihan une vedette électrique alimentée par une pile à hydrogène qui sera exploitée par la compagnie Passeur des Îles. Ce travail vient prolonger la remotorisation du Jules Verne II, vedette de transport pour l’agglomération nantaise qui compte parmi les réalisations récentes de Naviwatt. "Nous avons fourni une solution 100 % électrique pour ce Navibus qui dispose désormais d’une autonomie de 20 heures à la vitesse de 7 km/h et doit servir à expérimenter un mode de propulsion à l’hydrogène", précise l’intégrateur.

Dernier chantier d’envergure en cours d’achèvement, la refonte d’un bateau de promenade de 24 mètres de long et d’une capacité d’environ 70 passagers, Rocca II, la plus ancienne vedette en service à Paris. "La demande est particulièrement soutenue. Plusieurs autres unités opérant sur la Seine devraient suivre cet exemple, avec en point de mire les Jeux olympiques 2024", assure Yannick Wileveau. Une aubaine sur laquelle Naviwatt entend bien surfer.

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