Sarthe

BTP

Interview Kévin Delaveau (Somaré) : "Reprendre notre indépendance nous permet de rester libres de nos choix"

Par Cédric Menuet, le 08 septembre 2021

Spécialisée en bâtiment et génie civil, Somaré a été reprise en 2020 par Kévin Delaveau, son directeur, après 22 années dans le giron du groupe nantais ETPO. Pour l’entreprise de La Ferté-Bernard, il s’agit à présent de renforcer son ancrage local dans un contexte de difficultés d’approvisionnement et de pénurie de main-d’œuvre.

Entré en 2003 chez Somaré à La Ferté-Bernard, Kévin Delaveau a pris la direction de l’entreprise en 2010, avant de la racheter dix ans plus tard.
Entré en 2003 chez Somaré à La Ferté-Bernard, Kévin Delaveau a pris la direction de l’entreprise en 2010, avant de la racheter dix ans plus tard. — Photo : Cédric Menuet

Comment s’est opérée la sortie de Somaré du groupe ETPO ?

Kévin Delaveau : Somaré était dans le groupe depuis 1998. ETPO nous a apporté l’expertise en génie civil et grands chantiers. En 2018, le groupe s’est lancé dans un projet de restructuration, j’ai choisi alors de reprendre Somaré, que je dirigeais depuis 2010. En restant au sein d’ETPO, nous aurions basculé d’un fonctionnement de filiale à celui d’agence, avec des chantiers plus lointains. Reprendre notre indépendance nous permet de rester libres de nos choix et de renforcer notre ancrage local. Nous travaillons en effet dans un rayon d’une heure autour de La Ferté-Bernard. La reprise est effective depuis 2020.

Quel bilan tirez-vous justement de cette année 2020 ?

Kévin Delaveau : C’est une année remarquable dans l’histoire de Somaré ! En plus de la reprise, nous avons fêté les 70 ans de l’entreprise dans un contexte de crise sanitaire. Nous avons donc fermé deux mois. Malgré cela, nous avons fait une très belle année 2020, grâce à de gros chantiers locaux comme celui de la centrale biogaz d’Allonnes et de la nouvelle usine de La Charcuterie du Moulin. Des affaires qui nous ont relancés et permis de terminer l’année sur un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, contre 5,3 millions en 2019. Cette année, nous devrions redescendre à 5 millions d’euros. C’est notre vitesse de croisière, nous sommes structurés pour ce volume d’affaires.

Connaissez-vous des difficultés d’approvisionnement en matières premières ?

Kévin Delaveau : Nous avons la chance de faire du gros œuvre et donc de pouvoir travailler tant qu’il n’y a pas de rupture de production de ciment. En revanche, nous rencontrons des tensions sur les armatures métalliques et les fers à béton. Il n’y a pas de rupture de stock, mais des variations de prix toutes les semaines ce qui peut devenir problématique sur certains chantiers. Toutefois, notre vrai souci reste l’emploi. Somaré compte 25 personnes et j’aimerais idéalement monter à 35 salariés. Nous avons ouvert une demi-douzaine de postes en maçonnerie et gros œuvre. Je sais que ces recrutements seront difficiles. Le bassin de La Ferté-Bernard est très industriel, et la main-d’œuvre y est rapidement aspirée. Nous comptons donc sur l’apprentissage, des recrutements sont lancés. Nous employons actuellement 5 apprentis, pour Somaré, c’est l’avenir.

Entré en 2003 chez Somaré à La Ferté-Bernard, Kévin Delaveau a pris la direction de l’entreprise en 2010, avant de la racheter dix ans plus tard.
Entré en 2003 chez Somaré à La Ferté-Bernard, Kévin Delaveau a pris la direction de l’entreprise en 2010, avant de la racheter dix ans plus tard. — Photo : Cédric Menuet

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail