Mayenne

Métallurgie

Construisant une nouvelle usine en Mayenne, le fabricant de clôtures Dirickx veut se renforcer en Europe

Par Rémi Hagel, le 29 novembre 2022

À Congrier (Mayenne), le fabricant de clôtures Dirickx termine la construction d’un nouveau bâtiment de production de 5 000 mètres carrés. L’usine est aujourd’hui à l’étroit dans ses 24 000 mètres carrés. Cet investissement va accompagner une rationalisation, une modernisation et une augmentation de la production de cette entreprise centenaire, aujourd’hui navire-amiral du groupe Picot.

Yohann Moreau, responsable technique du groupe, Philippe Ravix, responsable communication, et Grégory Lepage, directeur général.
Yohann Moreau, responsable technique du groupe, Philippe Ravix, responsable communication, et Grégory Lepage, directeur général. — Photo : Rémi Hagel

À Congrier, le fabricant de clôtures Dirickx (350 salariés, 100 M€ de CA) a construit un nouveau bâtiment de 5 000 m2. Les travaux se terminent en cette fin d’année et l’ensemble entrera en fonctionnement en mars 2023 après le transfert et l’installation des machines. L’entreprise compte pourtant aujourd’hui 24 000 m2 de locaux, mais l’usine "est saturée", explique Grégory Lepage, directeur général du groupe Picot, dont Dirickx fait partie. Cet investissement de "plusieurs millions d’euros" (le responsable reste discret sur le montant global) participe au plan de route et de croissance mis en place lors du rachat de l’entreprise familiale par le groupe Picot en 2017.

Un bâtiment haut de gamme économe en énergie

La nouvelle usine de 5 000 m² a été construite pour être autonome thermiquement et énergétiquement, selon des critères plus élevés que les normes BBC (bâtiment basse consommation). La production d’électricité est assurée par 4 200 m² de panneaux photovoltaïques (la surface maximale possible sur ce bâtiment). Ils produiront l’électricité pour compenser une bonne partie des besoins des machines.

Le bâtiment de 5 000 m2 démarrera sa production en mars 2023.
Le bâtiment de 5 000 m2 démarrera sa production en mars 2023. - Photo : Rémi Hagel

Le surplus potentiel sera revendu sur le réseau. Et comme l’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas, un accent particulier a été mis sur l’isolation, avec 300 millimètres de laine de roche sur les toitures et des systèmes free cooling de circulation d’air extérieur/intérieur. De hauts murs trombes en béton vont permettre un chauffage passif en hiver à partir de la chaleur du soleil emmagasinée, ou un rafraîchissement en été. Enfin, des récupérateurs de chaleur ont été positionnés sur les locaux techniques. En hiver, la chaleur émise par les compresseurs et les transformateurs sera captée et injectée dans les ateliers. Les structures de l’édifice sont en béton, plutôt qu’en acier, afin de permettre une meilleure résistance en cas d’incendie violent.

Leader d’ici 2025

Dirickx fait partie du cercle fermé des marques centenaires. Elle a été créée en 1921 par Armand Dirickx. Les premières fabrications de grillages et de pointes ont démarré dans un atelier de 30 m2, à Congrier déjà. Suivront deux générations d’entrepreneurs, avec Albert et Jacques, fils et petit-fils du fondateur. En 2017, l’entreprise familiale a été reprise par une holding de deux partenaires industriels belges spécialisés dans la clôture et le portail (Robur Capital et Telesco). "On peut voir cette reprise comme un hommage à Armand Dirickx, venu de Belgique en 1921", commente aujourd’hui le groupe. La holding a racheté à 100 % les parts à la famille Dirickx. Son président, Wim Deblauwe, est un ancien dirigeant d’une entreprise du secteur, ayant une forte connaissance du marché, et qui est arrivé avec l’intention de développer la croissance de Dirickx. "Nous avons l’ambition de devenir le leader sur nos marchés en Europe d’ici 2025", lance Grégory Lepage.

La marque Dirickx, tête de pont du groupe Picot

Le groupe Picot, qui a vu l’entrée de la société d’investissement Gimv à son capital en 2022, va terminer l’année avec un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros. Il emploie 1 200 personnes et compte des sites de fabrication à Valenciennes (Nord), Chartres (Eure-et-Loire), Bazas (Gironde), ainsi qu’un site en Angleterre, un en Pologne, un en Suède et un autre en Italie. Et deux sites Dirickx à Congrier en Mayenne, qui emploient 350 collaborateurs : le siège, où sont fabriquées les clôtures, et un site voisin où sont produits les portails.

La marque Dirickx, représente la tête de pont du groupe Picot, constituant via son réseau de distribution et de pose, les deux tiers du chiffre d’affaires du groupe. L’entreprise mayennaise produit des clôtures destinées aussi bien aux entreprises, qu’aux collectivités, au secteur résidentiel ou à des infrastructures (autoroutes, terminaux méthaniers). Ses produits phare sont les panneaux soudés rigides en fil d’acier et les poteaux en feuillard d’acier. Chaque année, ce sont trois millions de mètres de clôtures rigides qui sortent de l’usine de Congrier. "Nous pouvons aussi réaliser des produits spécifiques, tels que des portails longs de soixante mètres, pour des bases militaires", décrit Yohann Moreau, directeur technique du groupe, et de la nouvelle branche Aluminium.

La maintenance et le SAV de portails, axes de développement

Le concepteur, fabricant et installateur d’outils de protection périmétrique a fortement grandi depuis son rachat, notamment grâce à des acquisitions. "Nous avons verticalisé la chaîne", décrit le directeur général. "Nous n’étions pas distributeurs et ne touchions pas directement le particulier (seulement par l’intermédiaire des grandes surfaces de bricolage). Nous avons acquis un réseau de distribution de quatorze magasins en 2021. Nous avons conçu un nouveau site web la même année, pour mettre en place de l’e-business. Notre objectif à court terme est de faire en sorte que la commande déclenche directement la mise en production sur la machine", explique Grégory Lepage.

Pour maîtriser l’ensemble de la chaîne, Dirickx dispose de plusieurs filiales. Ainsi, Espace Clôture est dédiée à l’installation, avec 200 personnes réparties sur seize sites en France. Le fabricant fournit également des installateurs indépendants.

Depuis 2021, c’est la filiale Dirickx Services qui monte en puissance, passant d’une activité régionale à un périmètre national. Une vingtaine de techniciens assurent la mise en service, la maintenance et le SAV des portails industriels automatisés. "C’est un axe de développement important pour nous", assure Grégory Lepage.

Des filiales de fabrication ont été créées à l’étranger : Dirickx Italia en 2020, Dirickx Systems en Angleterre en 2022. Des filiales d’installation existent également en Hongrie et en République tchèque. Elles participent à l’ambition européenne du groupe.

La fabrication réunie au même endroit

La nouvelle usine de Congrier représente un point central de ce développement. "Au moment du rachat, les outils étaient vieillissants, il y avait eu peu d’investissements récents. Il fallait moderniser, robotiser", expose le directeur. Depuis, le groupe investit régulièrement, plusieurs millions d’euros chaque année.

Il y a trois ans, Dirickx a acquis un Laser Tube, une machine de huit mètres de long qui réalise des trous et des découpes, automatiquement. Avant, cela occupait plusieurs postes de travail différents.
Il y a trois ans, Dirickx a acquis un Laser Tube, une machine de huit mètres de long qui réalise des trous et des découpes, automatiquement. Avant, cela occupait plusieurs postes de travail différents. - Photo : Rémi Hagel

L’extension va permettre de réorganiser la production, "on va polariser la fabrication en un seul endroit. Aujourd’hui, elle est disséminée. On va améliorer la gestion des flux intérieurs, minimiser les distances". En s’appuyant sur les locaux libérés, l’entreprise va pouvoir agrandir sa surface logistique. "Auparavant, nous pouvions accueillir une trentaine de camions par jour, aujourd’hui, on monte jusqu’à 70, et nous sommes dimensionnés pour une centaine", explique Yohann Moreau. Des travaux ont été réalisés pour organiser les flux et la circulation sur le site.

Dirickx a profité de cette nécessaire modernisation pour poser les bases d’un avenir en croissance. "Avec les opérations de croissance externe, nous avons récupéré des parts de marché, pour remplir cette usine", décrit Grégory Lepage. Le nouveau bâtiment a été élaboré avec "une vision à quinze ans. Si notre croissance se poursuit, il faudra produire plus. L’aménagement permet d’envisager une éventuelle extension supplémentaire".

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