Vosges

Logistique

Depuis son usine vosgienne, Nestlé Waters veut faire circuler le premier train de fret à hydrogène d’Europe

Par Jean-François Michel, le 23 novembre 2022

Nestlé Waters France, filiale du géant de l’agroalimentaire suisse Nestlé,veut faire circuler, dès 2025, au départ de son usine d’embouteillage de Vittel-Contrexévile, dans les Vosges, un train de fret fonctionnant à l’hydrogène, présenté comme le premier en Europe.

Sur les portions de voie non électrifiée, c’est le wagon générateur d’hydrogène, ici représenté en bleu, qui sera chargé de produire l’électricité permettant à la motrice de tirer les wagons.
Sur les portions de voie non électrifiée, c’est le wagon générateur d’hydrogène, ici représenté en bleu, qui sera chargé de produire l’électricité permettant à la motrice de tirer les wagons. — Photo : Alstom Advanced & Creative Design

Déjà engagée sur la voie ferroviaire, Nestlé Waters France, filiale du géant de l’agroalimentaire suisse Nestlé (CA : 84 Md€ ; 276 000 salariés) veut aller encore plus loin pour livrer les eaux embouteillées dans l’usine de Vittel-Contrexéville, dans les Vosges. Actuellement, un train à destination de l’entrepôt de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), à proximité d'Angers, parcourt les 760 kilomètres depuis Vittel grâce à une motrice diesel. Un second train, fonctionnant à l’électricité et au diesel, dessert l’entrepôt d’Arles (Bouches-du-Rhône), distant de 600 kilomètres. Les émissions annuelles de ces trajets, soit 10 000 tonnes de CO2, devraient pouvoir être réduite de 90 %, dès 2025, grâce à un train fonctionnant à l’hydrogène et à l’électricité. Une économie correspondant à "plus de 30 000 allers-retours Paris-Nice en voiture", illustre dans un communiqué Nestlé Waters France.

Hydrogène renouvelable

Pour réussir ce projet, Nestlé Waters France s’est entouré de deux géants de l’énergie et du ferroviaire : Engie et Alstom. Ensemble, les deux groupes ont développé un train de fret alimenté à partir de l’électricité du réseau ferré, mais aussi à partir d’hydrogène. Sur les portions de voie non électrifiées, très courantes à proximité des usines ou des zones logistiques, le train avancera grâce à un wagon générateur intégrant un système de piles à combustible de forte puissance, alimenté en hydrogène renouvelable.

"Nous sommes sans cesse à la recherche de solutions performantes pour réduire l’impact carbone de notre chaîne logistique", déclare dans un communiqué Sophie Dubois, directrice générale Nestlé Waters en France. "Après l’annonce de notre partenariat avec Alstom pour approvisionner en hydrogène cette nouvelle solution de décarbonation du fret ferroviaire européen, Nestlé Waters devient le premier donneur d’ordre de notre offre et le premier futur utilisateur de notre solution", précise Sébastien Arbola, directeur général adjoint d’Engie en charge des activités de production thermique, hydrogène et fourniture d’énergie. Pour le directeur de la stratégie d’Alstom, Marc Granger, "cette solution, plus respectueuse de l’environnement et plus silencieuse que le diesel, permettra de développer la part modale du fret ferroviaire en offrant une solution électrique de bout en bout, véritable alternative au transport routier de marchandises".

Vers "zéro émission nette" à l'échelle du groupe

Pour Nestlé Waters France, la part du fret ferroviaire représente déjà 45 % des volumes expédiés depuis l’usine de Vittel-Contrexéville (8 à 10 % pour l’industrie française dans sa globalité). En 2018, Nestlé Waters a rejoint la démarche FRET21 et signé un accord avec l’Ademe afin d’engager des actions pour réduire l’empreinte carbone de ses flux de transports de produits en France. En 2020, le groupe s’est fixé un objectif supplémentaire de réduction de 13 % de ses émissions de CO2 liées au transport en France d’ici fin 2022. L’entreprise a ainsi retiré 27 000 camions de la route en ouvrant une ligne ferroviaire entre son usine Perrier de Vergèze (Gard) et le port de Fos-sur-Mer. En 2019, la mise en service de la locomotive hybride, appelée Eurodual, sur la ligne Vittel-Arles, a permis d’économiser l’équivalent de 1 920 tonnes de CO2 par an. Enfin, en 2021, le projet Glass Train, qui favorise le transport par train des bouteilles en verre consigné Vittel et San Pellegrino, a permis de réduire le trafic de 1 000 camions par an. L’ensemble de ces initiatives ont permis à Nestlé Waters France de réduire de "près de 11 % les émissions carbone du transport, soit environ 5 900 tonnes équivalent CO2 à fin 2021", assure le groupe suisse, qui réaffirme son ambition : "zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050".

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition