Réseaux d'accompagnement

Interview Convention des Entreprises pour le Climat Ouest : "Créer une communauté d'entreprises déterminées et engagées"

Entretien avec Armelle du Peloux, cofondatrice et pilote de la Convention des entreprises pour le climat (CEC) Ouest

Propos recueillis par Caroline Scribe - 10 mars 2023

Une soixante de dirigeants des Pays de la Loire et de Bretagne se réunissent à Nantes du 9 au 11 mars, à l'occasion de la Convention des Entreprises pour le Climat Ouest. L'occasion de faire le point sur les objectifs de cette association avec Armelle du Peloux, sa cofondatrice.

Armelle du Peloux, cofondatrice de la Convention des entreprises pour le climat (CEC) Ouest.
Armelle du Peloux, cofondatrice de la Convention des entreprises pour le climat (CEC) Ouest. — Photo : CEC Ouest

Pourquoi avoir décliné la Convention des entreprises pour le climat (CEC) dans l’Ouest ?

Dans le sillage de la Convention citoyenne pour le climat, lancée à l’automne 2019, les décideurs économiques se sont emparés du sujet en lançant la Convention des entreprises pour le climat (CEC) en 2021. L’idée était de réunir des dirigeants et dirigeantes de toutes régions et de tous secteurs pour aligner le monde de l’entreprise avec l’accord de Paris sur le climat. À l’occasion de cette première CEC nationale, nous nous sommes aperçus que la meilleure façon de faire était de travailler sur un territoire limité, pour faire émerger des applications concrètes, favoriser la collaboration entre membres et décloisonner des univers qui communiquent peu : entreprises, associations, collectivités… C’est plus facile de se rassembler autour d’une vision commune entre voisins, c’est pourquoi sont lancées des conventions territoriales dans toutes les régions françaises métropolitaines.

Quel est le profil des entreprises membres de la CEC Ouest ?

La CEC Ouest compte environ 65 adhérents implantés dans les Pays de la Loire et en Bretagne. L’idée est de mettre en chemin dans une aventure collective conduisant à l’entreprise "régénérative" (réduction ou neutralisation des impacts négatifs d'une activité et génération d'impacts positifs nets pour les écosystèmes et la société, NDLR) dans les structures de toutes tailles et de tous secteurs. Nous comptons de grands groupes comme Beneteau, Herige ou Manitou, des entreprises comme Bernard Solfin, Altios, Charier, Thierry Immobilier, des réseaux d’accompagnement comme le Medef Pays de la Loire et la CCI du Maine-et-Loire. Nous avons reçu environ 200 candidatures dans l’Ouest. Nous essayons d’avoir un maximum de diversité et d’accueillir des entreprises qui ont la capacité de faire résonance dans leur écosystème.

Dans quel parcours les embarquez-vous ?

Cette aventure, qui s’étend sur douze mois, est rythmée par six sessions. La première est dédiée à la prise de conscience des bouleversements climatiques et écologiques et de leurs impacts sur les business models. Les participants nous parlent d’une "claque écologique". L’objectif est ensuite de trouver son business model régénératif en expérimentant, en échouant parfois, en alliant économique et social dans un système prospère. Nous ne sommes pas dans la décroissance, nous donnons des outils et moyens pour mieux comprendre et se mettre en marche.

Une entreprise régénérative, ce n’est pas végétaliser un toit ou y poser des panneaux solaires, c'est plus radical. C’est se mettre en écosystème, comme dans la nature. À l’issue du premier parcours, les dirigeants passent d’un état de sidération totale à une vraie jubilation quand ils ont aligné la compréhension des phénomènes, les objectifs qu’ils se sont donnés et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. On voit émerger de beaux projets coopératifs autour d’enjeux communs comme l’eau. On assiste à la naissance d’une communauté d’entreprises déterminées, outillées, engagées avec une capacité de discernement.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition