Pas-de-Calais

Aéronautique

Surtaxes douanières américaines : Aquarese craint un impact de plusieurs millions d'euros

Par Marie Boullenger, le 22 novembre 2019

La filière aéronautique en Hauts-de-France n'échappe pas aux tensions internationales : elle subit notamment les conséquences de l’augmentation des droits de douane sur les produits importés de l’Union européenne et l’élan protectionniste impulsé par le président américain Donald Trump. Exemple avec la PME Aquarese, à Douvrin (Pas-de-Calais).

L’aéronautique représente 90 % du CA d'Aquarese (11 M€ en 2018) contre 10 % pour l’automobile, l’agroalimentaire et la défense.
L’aéronautique représente 90 % du CA d'Aquarese (11 M€ en 2018) contre 10 % pour l’automobile, l’agroalimentaire et la défense. — Photo : Aquarese

Le protectionnisme américain n’a pas épargné les Hauts-de-France. Si la région n'est pas concerné par le vin et le fromage, les produits principalement surtaxés par Washington dans le cadre du différend commercial entre l'Europe et les États-Unis, il en va autrement avec la production de la filière aéronautique. Pour certaines entreprises, à l’image du concepteur et fabricant de machines industrielles Aquarese (82 salariés, 11 M€ de CA), ces droits de douane ne sont pas les bienvenus.

Racheté en 2016 par le groupe américain Shape (1 200 salariés, 400 millions de dollars de CA), qui détient 11 sociétés partout dans le monde, Aquarese sent le vent tourner en sa défaveur. « Nos produits ne sont pas directement touchés, mais notre groupe, lui, l’est fortement. L’impact de ces tarifs douaniers va malheureusement se chiffrer en millions, car un tas de produits sont concernés. Alors, oui, nous sommes indirectement affectés » explique Patrick Dargent, dirigeant d’Aquarese, basé à Douvrin (Pas-de-Calais).

Le rebond d'Aquarese dans l'aéronautique fragilisé ?

Spécialisée dans la découpe par jet d’eau, l’activité de cette PME repose sur des services destinés à divers secteurs d’activité et la fabrication de machines. L’aéronautique représente 90 % du CA, contre 10 % pour l’automobile, l’agroalimentaire et la défense.

En subissant la crise de l’automobile de plein fouet, Aquarese, dont le CA reposait à 70 % sur ce secteur, a su rebondir, en transférant l’ensemble de son activité vers la filière aéronautique. En croissance depuis 3 ans, Aquarese profite notamment des implantations des autres sociétés du groupe Shape en Asie et aux États-Unis, pour parvenir à exporter 50 % de sa production à destination des motoristes aéronautiques américains, asiatiques et européens.

Désormais, Aquarese table sur un CA prévisionnel de 15 M€ en 2019 et devrait recruter 7 nouveaux collaborateurs. En espérant que le protectionnisme américain ne laisse pas trop de traces.

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