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Industrie

ArcelorMittal et SigmaRoc s’allient pour produire une chaux vive zéro carbone

Par Jeanne Magnien, le 13 septembre 2022

ArcelorMittal s’associe au groupe familial anglais SigmaRoc, pour la création d’une co-entreprise à Dunkerque. Grâce à la récupération de la chaleur fatale du site d’Arcelor, l’unité produira de la chaux vive "zéro émission".

Une unité de production de chaux vive décarbonée, comptant trois fours, va être construite sur le site d’ArcelorMittal à Dunkerque.
Une unité de production de chaux vive décarbonée, comptant trois fours, va être construite sur le site d’ArcelorMittal à Dunkerque. — Photo : ArcelorMittal

Plus que jamais engagé dans l’allègement de son bilan carbone, pour atteindre la neutralité à 2050, ArcelorMittal (158 000 salariés dont 15 000 en France, 76,6 milliards de dollars de CA 2021) s’associe à SigmaRoc (1 850 salariés, 588 M€ de CA 2022) pour s’approvisionner en chaux vive décarbonée. Cet additif purificateur est essentiel à la fabrication de l’acier, entre autres applications industrielles. Le groupe s’adjoint donc l’expérience de l’anglais SigmaRoc, spécialiste des minerais de carrière, dont la filiale NordKalk, basée en Scandinavie, se spécialise dans la production de chaux vive pour l’aciérie et la papeterie.

Premiers fours à chaux "verts"

Si les deux groupes collaborent déjà en Allemagne et en Pologne, c’est la première fois que SigmaRoc se dote d’une unité de production en France. "Nous avons déjà fait nos preuves en Europe du Nord, ce nouveau site va nous permettre de produire désormais au cœur de l’Europe, et de nous ouvrir sans doute de nouveaux marchés", souligne Max Vermoken, le PDG de l’entreprise familiale SigmaRoc, dans une vidéo annonçant la création de la co-entreprise.

De son côté, ArcelorMittal sécurise grâce à cette opération son approvisionnement en chaux vive, directement sur son site de Dunkerque. Et s’offre les premiers fours à chaux "verts" d’Europe, présentant un bilan carbone neutre, vante un communiqué. Les trois fours prévus, d’une capacité de 900 000 tonnes par an, seront chauffés par la chaleur fatale issue des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal, et alimentés par des biocarburants et non du gaz naturel. Les émissions de la production seront entièrement captées, et alimenteront le hub CO2 de Dunkerque, pour transformation ultérieure.

Selon les termes de l’accord, SigmaRoc et ArcelorMittal prendront chacun une participation de 47,5 % dans la nouvelle société, et investiront chacun environ 20 millions d’euros. L’identité du ou des détenteurs des 5 % restant au capital n’est pas communiquée. L’unité devrait être opérationnelle en 2025.

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